Le compagnon Tha’laba ibn Abdrahman (qu’Allâh l’agrée)
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
Je vous présente cette histoire des plus étonnantes, ce n’est pas celle d’un vieil homme de 50 ou 60 ans, mais celle d’un jeune adolescent de 15 ans parmi les plus jeunes compagnons du bien aimé Prophète (sas).
Ce jeune adolescent, ce jeune compagnon s’appelle Tha’laba ibn Abdrahman (ra), c’est l’un des plus jeunes compagnons du bien aimé Prophète (sas), et parmi les plus dévoués. C’était un adolescent éveillé, intelligent, il était très souvent en compagnie du bien aimé Prophète (sas).
Le Prophète (sas) l’envoyait souvent lorsqu’il avait besoin de quelque chose, que ce soit chez Abou Bakr, ou Omar, ou pour une autre utilité. Un jour le Prophète (sas) l’envoya pour un besoin, le jeune Tha’laba partit et sur son chemin il passa devant une maison parmi les maisons des Ansars, la porte était ouverte et à l’intérieur il y avait un coin caché par un rideau.
Il faut savoir qu’à l’époque la pauvreté était si grande que certains n’avaient pas les moyens de mettre des portes de bois ou de fer. Le jeune Tha’laba regarda en direction du rideau, tout à coup il y eut un souffle de vent qui fit bouger le rideau, et là son regard se porta une fois ou deux, et Dieu est plus savant (sur le nombre), sur une femme en train de se laver. Il dit :
« Je cherche refuge auprès d’Allah contre Satan le lapidé, le Prophète (sas) m’envoya pour une bonne cause, et moi je regarde la nudité (‘Awrat) des musulmans »
Puis il se dit : « Allah va certainement révéler quelques versets à mon sujet ou bien me compter parmi les hypocrites » il se mit à trembler, il ne savait quoi faire, il avait peur de retourner chez lui, car le Prophète (sas) pourrait le demander et en même temps il avait peur d’aller voir le bien aimé Prophète (sas) et lui raconter ce qui s’était passé.
Alors il s’enfuit sans savoir où aller, le Prophète (sas) l’attendait, puis vint la prière suivante, et la troisième prière, le Prophète (sas) l’attendait toujours. En ne le voyant pas venir, le Prophète (sas) demanda à ses compagnons :
« Où est Tha’lab ibn Abdrahman ? »
Ils dirent : « Ô Messager d’Allah, c’est un jeune adolescent, il se peut qu’il soit parti à gauche ou à droite, il se peut aussi qu’il soit partit jouer ou bien est il rentré chez lui pour un certain besoin. »
Le Prophète (sas) l’attendit encore, un jour passa, puis le deuxième, le bien aimé Prophète (sas) dit :
« Ô ‘Omar, ô Salman, ô untel puis untel, partez à la recherche de Tha’laba. »
Ils revinrent et dirent : « Ô Messager d’Allah, nous l’avons cherché aux alentours de Médine, dans les marchés et dans les faubourgs, mais nous ne l’avons pas trouvé. »
Le Messager d’Allah garda le silence, les jours passaient et l’inquiétude et la douleur grandissaient pour Tha’laba ibn Abdrahman. Un jour le Prophète (sas) réunit ses compagnons et se rappelant toujours du jeune adolescent il leur posa la question :
« Où est Tha’laba ibn Abdrahman ? »
Ils dirent : « Ô Messager d’Allah, nous ignorons totalement où il est. »
Le Prophète (sas) les orienta en leur disant : « Allez chercher dans les endroits désertiques, dans les montagnes. »
Salman et ‘Omar (ra) ainsi que d’autres compagnons partirent à sa recherche, lorsqu’ils arrivèrent vers les montagnes entre Médine et La Mecque, ils virent des Bédouins qui faisaient paitre leurs troupeaux aux pieds des montagnes, ‘Omar leur demanda :
« Avez-vous rencontré un jeune adolescent âgé de tant, qui est comme-ci et comma-ça, qui ressemble à cela ? » et il leur décrit aussi les vêtements qu’il portait ainsi que son aspect.
Les Bédouins répondirent : « Nous ne le connaissons pas. »
Mais l’un des Bédouins dit : « Tu parles peut-être du jeune pleureur ? »
‘Omar dit : « Pleureur ? Je ne comprends pas, un jeune pleureur ? En effet nous avons perdu un jeune d’aspect comme-ci et comme-ça » puis il dit : « Informe-nous alors sur ce jeune pleureur »
Le Bédouin lui répondit : « Il y a au pied de cette montagne un jeune dont nous entendons sans arrêt les pleurs et les lamentations, et ce depuis 40 jours. »
‘Omar demanda : « Et où est il ? »
Il dit : « Sur la montagne »
Il lui demanda de nouveau : « Et comment faire pour le voir ? »
Il répondit : « Vers le coucher du soleil, il descend et vient nous voir, nous lui offrons le lait de nos bêtes, du lait de chèvre et de chamelles, qu’il boit tout en déversant de chaudes larmes qu’il mélange au lait en sanglotant, puis il nous tourne le dos et retourne dans la montagne en pleurant. »
‘Omar et Salman se cachèrent derrière un rocher et attendirent que le soleil décline, soudain ils virent Tha’laba ibn Abdrahman descendre de la montagne, les larmes coulaient sur son visage, on aurait dit un oiseau mouillé tellement il pleurait. Il alla à la rencontre des bédouins, ces derniers lui avaient préparé un bol de lait comme à son habitude, il le porta à sa bouche, en bu tout en pleurant puis il déposa le reste et tourna le dos pour repartir. Soudain ‘Omar sortit ainsi que Salman, ils bondirent sur lui et l’attrapèrent.
Tha’laba leur dit : « Que voulez-vous ? »
Ils répondirent : « Le Prophète (sas) nous a envoyé te chercher pour te ramener auprès de lui »
Il dit avec frayeur, tout en pleurant : « Est-ce qu’Allah a descendu des versets sur moi ? »
Ils répondirent : « Nous n’en savons rien »
Il demanda : « Est-ce qu’Allah m’a cité parmi les hypocrites ? »
‘Omar et Salman lui dirent : « Nous n’en avons aucune connaissance, mais le Prophète (sas) nous a envoyé te chercher, il te demande. »
Tha’laba en pleurs leur dit : « Pitié, laissez-moi mourir au pied de cette montagne et ne dévoilez pas mon acte. »
« Par Allah, répondirent Omar et Salman, nous ne te laisserons jamais »
Il essaya un peu de résister aussi ils le portèrent et le ramenèrent à Médine, il pleura encore plus fort, alors ils se rendirent chez lui et le déposèrent sur son lit, puis ‘Omar (ra) retourna voir le Prophète (sas) :
« Ô messager d’Allah, nous avons trouvé Tha’laba ibn Abdrahman au pied d’une montagne entre Médine et La Mecque et nous l’avons emmené chez lui, si tu veux te rendre auprès de lui alors fais-le. »
Le Prophète (sas) se rendit auprès de Tha’laba lorsque celui-ci vit le Prophète (sas) il se mit à pleurer, il se tourna vers le Prophète (sas) puis il baissa sa tête, le bien aimé Prophète (sas) s’assit pris sa tête et la déposa sur ses nobles genoux (cuisses), alors Tha’laba se mit à pleurer, il dit : « Ô Messager d’Allah, enlève de tes nobles genoux une tête pleine de péchés et de désobéissances. »
Le Messager d’Allah (sas) lui dit : « Non. »
Il dit encore : « Ô Messager d’Allah, ôte ma tête, je suis plus mauvais que tu ne le crois. »
Tha’laba continua à pleurer et le Messager d’Allah (sas) lui demanda :
« Ô Tha’laba, de quoi as-tu besoin ? »
Il dit : « J’ai besoin de la Miséricorde d’Allah »
Le Messager d’Allah (sas) lui dit : « Et de quoi as-tu peur ? »
Il répondit : « J’ai peur du châtiment d’Allah »
Il lui demanda encore : « Qu’espères-tu ? »
Il dit : « J’espère le pardon d’Allah le Très Haut. »
Le Messager d’Allah (sas) lui dit alors :
« Ô Tha’laba, j’ai espoir qu’Allah t’accordera ta demande et qu’il te protégera de ce dont tu as peur. »
Puis Tha’laba dit : « Ô Messager d’Allah, je sens comme un fourmillement, comme les pas des fourmis entre ma peau et mes os. »
Le Prophète (sas) lui demanda : « Ressens-tu réellement cela ? »
Il lui dit : « Ô oui, ô Messager d’Allah. »
Le Prophète (sas) lui dit : « Alors c’est la mort qui se présente à toi, fais donc l’attestation de foi. »
Tha’laba se mit alors à trembler tout en disant : « LE ILEHA ILA ALLAH, MOHAMMADOUN RASSOULOULLAH » il tressaillit puis rendit le dernier souffle, après cela le bien aimé Prophète (sas) le lava, l’enveloppa dans le linceul et pria sur lui.
Puis il fut transporté jusqu’à la tombe pour qu’il soit enterré (qu’Allah l’agrée), pendant le trajet le bien aimé Prophète (sas) marcha derrière le corps de Tha’laba sur la pointe des pieds, comme s’il se trouvait en pleine foule.
‘Omar (ra) se retourna vers le bien aimé Prophète (sas) et lui dit :
« Ô Messager d’Allah, pourquoi marches-tu ainsi sur la pointe des pieds alors que les gens t’ont laissé de l’espace et qu’il n’y a pas foule ? »
Le bien aimé Prophète (sas) lui répondit : « Malheur à toi ô ‘Omar, par Allah je ne trouve pas de place pour mes pieds de par le nombre d’anges qui se pressent à se mettre en rang derrière lui. »
Tha’laba est mort, il est tombé dans un péché que la plupart de nous trouvent si insignifiant, mais il avait une très grande crainte du Seigneur des cieux et de la terre, sa vénération pour Allah était telle qu’il a craint que le châtiment d’Allah tombe sur lui, alors il est retourné vers Son Seigneur repentant avec sincérité.
ILAHI (Mon Dieu) Il suffit à ma fierté que vous soyez mon Maître absolu et il me suffit comme immense honneur que je sois votre serviteur fidèle.
Vous êtes tel que ma volonté le désir, faites de moi ce que votre propre volonté désire.
Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
