Le compagnon et Khalife ‘Othman ibn ‘Affan (qu’Allâh l’agrée)

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

‘Othman Ibn ‘Affan, le Noble aux deux lumières (ran)

Il fût marié aux deux filles du bien aimé Prophète (sas) Rukayya et Umm Kulthum – qu’ALLAH soit satisfait d’elles.

Sa conversion  (ran) (-13 H. 39 ans) :

Il fut parmi les premiers converti à l’Islam, par Abou Bakr, que Allah les agréé tous deux. Il avait à ce moment-là trente-neuf ans.

Ses combats dans la voie d’Allah (ran) :

Il assista à tous les grands évènements avec le Messager d’Allah (sas) sauf la bataille de Badr car sa femme Rouqayya était malade. Ainsi le Prophète (sas) lui ordonna de rester à son chevet à Médine ; il le compta cependant parmi les participants à la bataille de Badr et lui donna sa part du butin.

Son élection en tant que Calife (ran) (23 H.) :

Il lui fut prêté serment comme successeur à la tête des musulmans trois nuits après l’enterrement de ‘Omar Ibn l-Khattab (ran). Arrive l’heure de la prière de l’aube, après l’avoir accomplie, Ibn ‘Awf envoie quérir tous les Émigrants et les Auxiliaires présents à Médine, tous les chefs des armées – ils étaient venus accomplir le pèlerinage à la Mecque avec le défunt calife Omar (ran) – et tout ce monde s’étaient réunis dans la mosquée du Prophète (sas).

Ibn Awf  (ran) déclara alors qu’après avoir consulté les gens, il a constaté « qu’ils ne considéraient personne comme étant du même niveau que ‘Othman » (ran). Il fit alors allégeance à ce dernier, et les responsables présents la lui firent eux aussi (Al-Boukhâri 7207). Ali  (ran) aussi lui fit allégeance (Al-Boukhâri n°3700).

Les expéditions qu’il envoya (ran) :

Beaucoup de pays furent conquis à son époque, comme l’Arménie et la Tripoli occidentale. ‘Othman (ran) prépara une armée pour la conquête de l’Ifriqiya – l’actuelle Tunisie -. Le roi de cette région était Jarjir, un représentant d’Héraclius à qui il envoyait chaque année un tribut. Lorsque ce roi apprit la nouvelle, il réunit une armée de cent vingt mille hommes et vint à la rencontre des musulmans à Soubaytoulah, la capitale de son royaume. Ils l’appelèrent à l’Islam ou à payer la jizyah mais il fit preuve d’orgueil. Puis ‘Othman (ran) envoya ‘Abdoullâh Ibn z-Zoubayr (ran) avec des soldats en renfort. Jarjir eut vent de l’arrivée des renforts et prit peur. Les affrontements commencèrent, la bataille fit rage. Ils prirent d’assaut les campements romains et les mirent en déroute, beaucoup d’entre eux furent tués. ‘Abdoullâh Ibn z-Zoubayr (ran) tua Jarjir, conquit Soubaytoulah, puis les habitants de l’Ifriqiyah demandèrent la paix moyennant deux millions cinq cent mille dinars.

Les problèmes qu’Il dû affronter en tant que calife (ran) :

C’est durant le califat de notre maître ‘Othman, que Allah l’agrée, que commencèrent les critiques vis-à-vis des gouverneurs. Les gens reprochaient des erreurs de la part des gouverneurs. Ces propos se propagèrent et commencèrent à parler à haute voix d’oppression et d’injustice de la part des gouverneurs mis en place par ‘Othman (ran). Ces paroles finirent par parvenir aux plus grands compagnons à Médine. Alors ‘Othman (ran) envoya des observateurs dans les différentes contrées qui lui rapporteraient les informations réelles. Il envoya des observateurs à Koufa, à Bassora, au Cham et en Égypte. Ils partirent et revinrent en disant : « Nous n’avons rien vu de blâmable ».

Les cerveaux de l’intrigue n’eurent aucun scrupule pour parvenir à leurs objectifs : ils n’hésitèrent pas à écrire des faux documents qu’ils signèrent du nom d’illustres compagnons et qu’ils envoyèrent à des gens pour les soulever. Ils prétendirent ainsi que ‘Alî  (ran) leur avait écrit une lettre critiquant ‘Othman (ran). Ali (ran) s’exclama : « Par Allah je ne vous ai jamais envoyé de lettre ». Pareillement, alors que Masrûq reprocha à ‘Aïcha d’avoir écrit aux gens pour les soulever contre ‘Othman, elle protesta et dit : « Par Celui en qui les croyants ont foi et que les incroyants renient, je ne leur ai pas écrit une seule lettre ! ». Mu’âwiya lui proposa d’envoyer une petite armée pour assurer l’ordre à Médine. ‘Othman (ran) refusa. Plus tard d’autres compagnons lui proposèrent de le défendre contre les insurgés. ‘Othman  (ran) refusa encore de faire le premier  pas qui ferait couler le sang.

Sa maison prise en siège pendant 40 jours (ran) :

Les adeptes de la dissension reçurent une lettre signée de ‘Othman (ran) qui demanda au gouverneur d’Égypte de mettre à mort les insurgés. Des insurgés vinrent rencontrer Ali et lui dirent qu’ils allaient se soulever contre ‘Othman et qu’il devait les aider dans cette entreprise. Devant son refus, ils lui dirent : « Eh bien ! pourquoi nous as-tu donc envoyé la lettre ? »

« Par Allah je ne vous ai jamais envoyé de lettre ! » protesta Ali (ran).

Les insurgés partirent demander des explications au calife ‘Othman.(ran), celui-ci jura ne pas être à l’origine de la missive qu’ils ont interceptée. Les insurgés assiégèrent ‘Othman (ran) dans sa maison durant quarante jours, allant jusqu’à l’empêcher de se procurer de l’eau. ‘Ali (ran) se mit en colère et fit apporter de l’eau, puis envoya Al-Haçan, Al-Housayn (ran) et un groupe de fils des compagnons monter la garde devant la maison de ‘Othman  (ran), craignant qu’on la prenne d’assaut. Les insurgés escaladèrent les murs et prirent d’assaut la maison en passant par la maison de ‘Amr Ibn Hazim et ceux qui gardaient la porte ne s’en aperçurent pas. Mohammad Ibn Abi Bakr entra et parla avec ‘Othman, alors ‘Othman  (ran) lui dit : « Si ton père Abou Bakr te voyait, il n’accepterait pas cela », alors il eut honte et sortit en regrettant. Quant aux insurgés, ‘Othman (ran) leur dit : « Si vous me tuez, alors vous ne pourrez plus vous aimer les uns les autres, vous ne prierez plus sous la direction des uns et des autres et vous ne serez plus unis face à vos ennemis ». (At-Tabarî)

‘Othman (ran) rappela aux insurgés que le Prophète  (sas) a interdit de verser le sang de l’homme, sacré par nature, sauf dans des cas précis; or aucun de ces motifs n’est présent en lui ; « Pour quelle raison allez-vous donc me tuer ? » questionna-t-il (At-Tirmidhî n°2158, Abou Dâoûd n°4502, An-Nasâi n°4019, Ibn Mâja n°2533).

‘Othman (ran) leur rappela aussi que, du temps du Prophète (sas), alors que les musulmans devaient auparavant acheter leur eau, il a, sur la demande du Prophète, acheté et offert aux musulmans le puits de Rûma à Médine et qu’aujourd’hui les insurgés lui interdisent de bénéficier de l’eau de la ville ; qu’il a acheté une parcelle de terrain pour la joindre à celle de la mosquée du Prophète (sas) et qu’aujourd’hui ils lui interdisent d’accomplir ne serait-ce qu’une prière dans cette même mosquée ; qu’un jour, alors que le Prophète (sas), Abou Bakr, Omar et lui-même se trouvaient sur une colline de la Mecque, celle-ci avait eu une secousse et le Prophète (sas) avait alors dit à la colline de se tenir tranquille, car elle portait un Prophète (sas), un juste et deux martyrs. Ses ennemis ayant reconnu tout ce qu’il leur avait dit, ‘Othman s’exclama : « Allahou Akbar ! Ils sont témoins, en ma faveur, par le Seigneur de la Kaaba, que je suis martyr ! ». (At-Tirmidhî n°3703, An-Nasâi 3608)

Le Prophète (sas) lui a promis le Paradis à plusieurs reprises :

Ses grandes vertus furent son chemin ouvert vers le Paradis. Le jour d’al-Hudaybiya (le jour de l’accord de paix d’al-Hudaybiya), le Prophète (sas) l’envoya à Abû Sufiân, le chef de Quraysh, pour l’informer ainsi que toute la ville qu’il ne venait pas en combattant, mais en pèlerin à la Maison sacrée. Il le chargea aussi d’informer les hommes et les femmes musulmans, restés à la Mecque, de la bonne nouvelle à propos de la prochaine conquête et que la victoire divine était proche. ‘Uthmân (ran) mena sa mission avec succès. À la fin, les Qurayshites lui proposèrent de faire les tournées rituelles de la Ka’ba  mais il refusa en leur disant : « Je ne ferai pas de tournées avant que le Messager d’Allah (sas) ne les ait faites ».

C’est alors que les Qurayshites l’emprisonnèrent durant trois jours, mais une rumeur qui dit qu’il était mort arriva au Prophète (sas)  qui   appela alors ses  compagnons et leur annonça : « Nous ne partirons pas avant d’avoir combattu ces gens-là ! ». Il leur dit aussi : « Allah m’a ordonné de faire un serment d’allégeance ». Les gens accoururent alors vers lui et lui firent promesse de mourir en martyrs en entrant à la Mecque plutôt que de s’enfuir. Le Prophète (sas)  déclara le serment d’allégeance à la place de ‘Uthmân (ran) en mettant la main droite sur la main gauche, et en  disant : « Mon Dieu, ‘Uthmân est parti au service d’Allah et de Son Messager (sas). Aussi, je fais le serment à sa place ». Et il tapa par la main droite la gauche.

Sa mort  (ran)  (35 H. 81 ans) : Puis, les effrontés, semeurs de discordes, entrèrent chez lui et l’un d’entre eux le frappa de son sabre, sa femme Na’ilah se précipita sur lui et eut les doigts de la main sectionnés, puis ils le tuèrent, l’insurrection fit rage et la maison fut pillée. Il est mort le vendredi 18 de Dhou l-Hijja en l’an 35 H, à 81 ans. Son califat dura douze ans moins un jour. ‘Othman, que Allah l’agrée, avait dit avant son assassinat : « Hier, j’ai vu le Messager d’Allah en rêve ainsi que Abou Bakr et ‘Omar qui m’ont dit : « Patiente, car tu déjeuneras auprès de nous la nuit prochaine ».

Son enterrement (ran) : Il resta dans sa maison trois jours puis Hakim Ibn Houzam et Jabir Ibn Mout’am vinrent auprès de ‘Ali (ran) qui les autorisa à préparer ses funérailles et à l’enterrer, il fut enterré entre al-Maghreb et al-‘Icha dans un jardin que ‘Othman, que Allah l’agrée, avait acheté et qu’il intégra au cimetière de Baqi’oul-Gharqad.

Sa description physique : Il était de taille moyenne, avait un beau visage blanc avec une rougeur, sur lequel apparaissaient des cicatrices suite à la variole. Il avait la barbe épaisse, les épaules larges, les bras longs et recouverts de poils.

Ses mérites  (ran) : On rapporte au sujet de Abou Musa Al Ash’ari qu’il dit : « Si Allah veut du bien à mon frère, il le fera venir à cette heure ». Juste à ce moment, quelqu’un fit bouger la porte. Je dis : « Qui va là ? » Il dit : « Othman Ibn ‘Affan  (ran) ». Je dis : « Attends un peu ! » Je partis l’annoncer au Prophète (sas) qui dit : « Laisse-le entrer et annonce-lui le Paradis ainsi qu’une épreuve qui le touchera ». Je revins et dis : « Entre ! Le Messager d’Allah t’annonce le Paradis ainsi qu’une épreuve qui te touchera ». Il entra et, ayant trouvé ce côté de la margelle déjà occupé, s’assit sur le côté d’en face ». (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon ‘Aïcha  (ran) : « Le Prophète  (sas)  était assis avec une cuisse découverte, Abou Bakr lui demanda permission d’entrer et il lui accorda sans changer de position, ensuite ‘Omar lui demanda et il lui accorda sans changer de position, ensuite ‘Othman lui demanda et il recouvrit sa cuisse. Quand ils sont sortis je lui est demandé : « Ô Messager d’Allah, Abou Bakr et ‘Omar t’ont demandé la permission d’entrer et tu leur as accordé sans changé ta posture ; mais quand ‘Othman te l’a demandé tu t’es recouvert ? »

Il dit (sas) : « Ô ‘Aïcha (ran) comment ne pas éprouver de la pudeur devant un homme à l’égard duquel les Anges mêmes éprouvent de la  pudeur. » (Ahmad, Al-Boukhâri en a également parlé)

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani