Une infime Biographie de l’Imam Ali (qu’Allâh l’agrée) , partie1

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

L’Imam Ali (qu’Allah l’agrée) :  une infime Biographie (première partie)

Ali (qu’Allah l’agrée) est :

  • Le cousin et gendre du Prophète Mouhammad salla l-Lahou ‘alayhi wassallam
  • Le père de Al-Hassan et Al-Houssayn
  • L’époux de notre dame Fatimah az-Zahra’
  • Le 4ème grand calife

Le calife bien guidé ‘Ali (qu’Allah l’agrée) était le père de Al-Haçan et de Al-Houçayn. Il était le cousin paternel et le gendre du Prophète Mouhammad (prière et paix d’Allah sur lui). Il a grandi dans la maison du Prophète (prière et paix d’Allah sur lui), il a été le premier enfant à entrer en Islam. Notre maître Ali (qu’Allah l’agrée) était connu pour sa science et son courage. Il a été surnommé Abou Tourab par le Prophète Mouhammad (prière et paix d’Allah sur lui).

Son ascendance 

Il se nomme Ali fils de Abou Talib, fils de ‘Abdou l-Mouttalib fils de Hachim, fils de ‘Abdou Manaf. Il est donc le fils de l’oncle paternel du Messager de Allah (Abou Talib) et le gendre du Prophète (prière et paix d’Allah sur lui) puisqu’il était marié à sa fille Fatima. Il est le père de Al-Haçan et Al-Houçayn (qu’Allah les agrée tous). Sa mère est Fatima fille de ‘Açad, fils de Hachim.

Sa naissance 

Il est né 10 ans avant que notre maître Mouhammad salla l-Lahou ‘alayhi wasallam ne reçoive la révélation. Il a grandi dans la maison du Prophète Mouhammad (prière et paix d’Allah sur lui). Il était surnommé Haydarah, qui signifie le « lion », il a été dit que c’est sa mère qui lui avait donné ce surnom. Il est le premier des enfants à être entré en Islam.

Notre Maître Ali (qu’Allah l’agrée) a vécu auprès du bien aimé Prophète Mohammad (prière et paix d’Allah sur lui)

Le Prophète salla l-Lahou alayhi wasallam avait deux oncles paternels. Suite à une grande épreuve qui s’est abattue sur Qouraych, Abou Talib qui est le père de Ali s’est retrouvé avec peu d’argent pour élever ses enfants. C’est pourquoi le Messager (prière et paix d’Allah sur lui) a pris Ali (qu’Allah l’agrée) chez lui tandis qu’Al-‘Abbas, qui est aussi le frère de Abou Talib et l’oncle du Prophète, a pris en charge Ja’far. Ils ont ainsi allégé la charge à Abou Talib.

Le quatrième calife 

Ali (qu’Allah l’agrée) est le quatrième grand calife de l’Islam, il a succédé à notre maître ‘Outhman (qu’Allah l’agrée). Ali (qu’Allah l’agrée) était l’un des conquérants les plus reconnus. Il était un modèle pour les ascètes et faisait partie des plus réputés des orateurs, des éloquents et des savants qui œuvrent conformément à leur science.

Son surnom Abou Tourab

Pour ce qui est de son surnom Abou Tourab, c’est le Messager d’Allah salla l-Lahou ‘alayhi wasallam qui le lui a donné. Un jour, le Messager (prière et paix d’Allah sur lui) est entré chez Fatima, sa fille qui était l’épouse de Ali, et l’a interrogée au sujet de Ali. Il lui a dit :

   أین ابن عمِ ك

(Ayna bnou ‘ammik)

« Où est le fils de ton grand-oncle paternel ?»

Elle a répondu :

« Il est là-bas, allongé dans la mosquée. »

Le Messager de Allah (prière et paix d’Allah sur lui) est alors parti le voir. Il l’a trouvé allongé, mais sa cape avait glissé de son dos. Le Prophète s’est mis à enlever le sable (tourab) qui était collé à son dos en lui disant :

  اجلس أبا تراب

(Ijlis aba tourab)

« Assieds-toi Abou Tourab.»

Personne d’autre que le Messager de Allah ne lui a donné ce surnom et c’était son préféré.

Description de l’imam Ali (qu’Allah l’agrée)

Notre maître Ali (qu’Allah l’agrée) était de taille moyenne et avait de larges épaules. Il était beau, courageux et faisait preuve d’ascétisme. Des compagnons l’ont décrit comme un homme fort ayant de la sagesse, de l’éloquence et parlant peu. C’était un homme de science, détaché du bas monde.

Son physique 

Notre maître Ali (qu’Allah l’agrée) était mat de peau, de taille moyenne. Il avait un beau visage de grands yeux très noirs et une large barbe blanche qu’il ne teignait généralement pas. Il l’avait teinte seulement une fois avec du henné puis avait abandonné cette pratique. Ses épaules étaient larges. Il avait en outre les mollets développés et fins à leurs extrémités, tout comme ses avant-bras.

Ses qualités morales 

Notre maître Ali (qu’Allah l’agrée) était souriant, il était parmi les plus courageux des compagnons. Il était de ceux qui avaient le plus de connaissances pour juger et de ceux qui étaient les plus ascètes dans le bas monde. Il ne s’était jamais prosterné pour une idole. Il n’a jamais combattu quelqu’un sans avoir le dessus, il était toujours victorieux.

Sa tenue vestimentaire 

Ali (qu’Allah l’agrée) était un homme modeste qui ne recherchait pas les plaisirs d’ici bas. Il portait des vêtements très simples, parfois très usés. Bien qu’étant calife, il ne portait pas de vêtement luxueux ou de longue cape qui traîne par terre comme on le voyait des monarques de l’époque, mais plutôt des vêtements arrivants mi-mollets conformes à sa modestie et son ascétisme.

Il avait un bâton avec lequel il se déplaçait dans les marchés. Il ordonnait aux gens de faire preuve de piété à l’égard de Allah et de vendre correctement. Il leur disait : « Soyez larges lorsque vous mesurez ou pesez pour les gens. »

Il portait parfois un bandeau de couleur noire autour sa tête et parfois un turban noir. Comme notre bien-aimé Mohammad (prière et paix d’Allah sur lui) avait mis un turban noir en laissant pendre une partie de son extrémité le jour de la conquête de la Mecque.

Notre maître Ali (qu’Allah l’agrée) portait à la main gauche une bague sur laquelle était inscrit :

» محمد رسول ﷲ «

(Mouhammad rassoulou l-Lah)

« Mouhammad le Messager de Allah »

et :

»  الملك «

(Lil-Lahi l-moulk)

« A Allah la souveraineté [absolue] ».

Sa description par Dirar As-Souda’iyy 

Mou’awiyyah (qu’Allah l’agrée) a demandé à Dirar : « Décris-moi Ali. » Dirar a répondu : « Décharge-moi de cela. » Mais Mou’awiyyah a insisté.

Dirar As–Souda‘iyy a alors dit : « S’il est nécessaire que je le décrive, par Allah, il était très fort, il parlait peu, mais bien, ses jugements étaient justes, la science émanait de tout son être et la sagesse jaillissait de sa bouche. Le bas monde et sa beauté l’ennuyaient et c’est sa solitude dans la nuit qui le distrayait. Une éloquence extraordinaire et une méditation profonde le caractérisaient. Il était parmi nous comme l’un d’entre nous. Il nous répondait lorsque nous l’interrogions et il était tellement proche de nous que nous nous adressions à lui sans que sa prestance soit un obstacle. Il avait beaucoup de respect pour les religieux. Les pauvres avaient toute leur place dans ses assemblées. Le fort dans son tort n’avait pas d’espoir et le plus faible ne désespérait pas de sa justice. Je témoigne qu’une fois, alors que la nuit était tombée et que les étoiles étaient nombreuses dans le ciel, je l’ai vu tenir sa barbe dans sa main et s’agiter comme s’il souffrait. Il pleurait comme celui qui est chagriné en disant : « Ô toi bas monde, tente autre que moi ! C’est à moi que tu te montres, devant moi que tu t’exhibes ? Détrompe-toi ?! Je t’ai divorcé par trois fois et il n’y a pas de reprise. Ta longévité est courte et ta beauté minime. Malheur, malheur à celui qui a peu de provisions pour le long voyage et la solitude du chemin. » »

C’est alors que Mou’awiyyah (qu’Allah l’agrée) s’est mis à pleurer. Il a dit : « Que Allah fasse miséricorde à Abou l-Haçan, il était par Allah comme tu l’as décrit. Quel est ton chagrin à son sujet, Ô Dirar (maintenant qu’il est mort) ?» Il lui a répondu : « Mon chagrin est celui de la femme dont on a égorgé l’unique enfant dans ses bras.»

L’Imam Ali (qu’Allah l’agrée), l’ascète

Notre maître Ali (qu’Allah l’agrée) était détaché de la vie d’ici-bas, il n’accordait d’importance ni aux biens matériels ni à l’argent (c’est-à-dire que son cœur n’y était pas attaché). Le Prophète Mouhammad (prière et paix d’Allah sur lui) a demandé à Dieu d’accorder à notre maître ‘Ali de faire preuve d’ascétisme dans ce bas monde.

Le bien-aimé Prophète (prière et paix d’Allah sur lui) parle de Ali (qu’Allah l’agrée) l’ascète.

‘Ammar Ibnou Yacir, que Allah l’agrée, a rapporté : « Le Messager de Allah (prière et paix d’Allah sur lui) a dit à Ali :

، إن ﷲ قد زّیّنك بزینة لم یزین العباد بزینة َّ أحب منھا

ھي زینة الأبرار عند ﷲ،  الزھد في الدنیا  .

فجعلك لا ترزأ من الدنیا  « أي لا یصیب من  الدنیا «

ولا ترزأ الدنیا منك شیئاً ، ووصب لك المساكین  « أي أ دام  لك المساكین  «

فجعلك ترضى بھم أتباعًا ویرضون بك إمامًا

« ‘inna l-Laha qad zayyanaka bizinatin lam youzayyini l-‘ibada  bizinatin ‘ahabba minha, hiya zinatou l-‘abrar ‘inda l-Lah, az–zouhdou fi d-dounya. Faja’alaka la tarza’ou mina d-dounya « ‘ay la yousibou mina d-dounya » wala tarza’ou d-dounya minka chay’a, wawasaba laka l-maçakin « ay ‘adama laka l-maçakin » faja’alaka tarda bihim ‘atba’an wayardawna bika ‘imaman »

« Allah t’a embelli par une parure. Il n’a pas accordé meilleure qu’elle aux autres gens. C’est la parure des bienfaisants et pieux selon le jugement de Allah. Il s’agit de l’ascèse dans le monde. Il a alors fait que tu ne t’attaches à rien du bas monde et que le bas monde ne prenne rien de toi. Il a fait que les pauvres t’aiment et te suivent, que tu sois satisfait d’eux comme partisans, et qu’eux soient satisfaits de toi en tant qu’imam. »

Notre maître Ali (qu’Allah l’agrée) ne cherchait pas la richesse 

Un jour Ibnou Tayyah est venu à ‘Ali et lui a dit : « Émir des croyants, le trésor public des musulmans s’est rempli d’or et d’argent. »  Alors Ali (qu’Allah l’agrée) a dit : « Allahou Akbar »

C’est-à-dire « Dieu est tout puissant » et il s’est relevé en s’appuyant sur Ibnou Tayyah. Ils se sont rendus au Trésor des musulmans (baytoul-mal), c’est-à-dire au trésor public. Ali (qu’Allah l’agrée) a alors dit : « Ô, toi le jaune et toi la blanche, allez entraîner quelqu’un d’autre que moi »

(Ici la jaune et la blanche signifient l’or et l’argent) et il a distribué tout ce qu’il y avait jusqu’à ce qu’il ne reste ni dinar ni dirham (dinar ce sont les pièces d’or et dirham ce sont les pièces d’argent). Puis il a ordonné qu’on nettoie la pièce et il y a accompli deux rak’ah.

Il a été rapporté qu’une autre fois, il est rentré dans cet endroit et y a vu quelques richesses. Il a alors dit : « Je ne veux pas voir cela ici alors que des gens sont dans le besoin. »

Il a ordonné que ces richesses soient partagées et elles l’ont été. Il a ordonné qu’on nettoie cette pièce et il s’y est endormi.

Notre maître Ali (qu’Allah l’agrée) n’a pas profité de l’argent du Trésor pour s’enrichir personnellement ou pour assouvir ses passions comme cela était vu des monarques de son époque. Il pensait avant tout au bien-être des musulmans. Il recherchait l’agrément de Dieu et la réussite dans l’au-delà.

Ali (qu’Allah l’agrée) vivait modestement 

Un jour, ‘Ali, que Allah l’agrée, est monté sur le minbar et a dit : « Qui veut acheter mon épée que voici ? Si j’avais eu le prix d’un pagne, je ne l’aurais pas vendue. » C’est alors qu’un homme s’est levé et lui a dit : « Moi je te prête l’argent d’un pagne. »

Une autre fois, des gens l’ont blâmé pour ses vêtements et il a dit : « Qu’avez-vous avec mes vêtements ? C’est mieux ainsi afin de ne pas tomber dans l’orgueil et que les musulmans prennent exemple sur cela. » En effet, la tenue modeste de notre maître ‘Ali (qu’Allah l’agrée) témoigne de son humilité et de son ascèse.

Le grand mérite de l’imam Ali (qu’Allah l’agrée)

Ali (qu’Allah l’agrée) avait un mérite particulier. Il avait beaucoup de science, le Prophète (prière et paix d’Allah sur lui) en a témoigné. Il a dit ce qui signifie : « Je suis la ville de la science et Ali en est la porte. »

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani