Saïda Hafsa bint `Omar Ibn Khattab (qu’Allâh l’agrée) épouse du bien-aimé Prophète (sas)
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
Épouses du Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) et Mères des Croyants.
Saïda Hafsa bint `Omar Ibn Khattab (qu’Allah les agrée),
épouse du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).
Hafsa (qu’Allah l’agrée) était la fille de ‘Umar ibn Al-Khattâb, Mecquois de la tribu des Adî. Sa mère s’appelait Zaynab bint Maz’ûn. Elle est née cinq années avant la Révélation, la même année que Fatima (qu’Allah l’agrée), la fille du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).
Le veuvage de Hafsa (qu’Allah l’agrée)
Hafsa (qu’Allah l’agrée) était mariée à Khunays Ibn Hudhâfa Ibn Qays. Celui-ci émigra d’abord en Abyssinie et ensuite à Médine. Il participa à la bataille de Badr et à celle d’Uhud où il fut grièvement blessé. Il mourut quelque temps après à la suite de ses blessures. Il laissa ainsi Hafsa, fille de Umar Ibn Khattab (qu’Allah les agrée), veuve alors qu’elle n’avait que dix-huit ans.
Umar (qu’Allah l’agrée) était triste de voir sa fille, si jeune, vivre dans le veuvage. Chaque fois qu’il rentrait à la maison, il ne supportait de la regarder si belle et si agile, condamnée à demeurer sans foyer. Ce fut alors qu’il décida de lui choisir un mari digne d’elle. Il jeta son dévolu sur Abu Bakr (qu’Allah l’agrée), l’ami intime de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).
Abu Bakr écouta la proposition de Umar avec tendresse et sympathie (qu’Allah les agrée). Cependant, il se tut et ne lui donna aucune réponse, ce qui était considéré comme un refus. Umar (qu’Allah l’agrée) s’étonna que son ami n’accepte pas sa fille alors que c’était lui-même qui la lui proposait. Umar (qu’Allah l’agrée) contint sa colère. Il se tourna vers Uthman Ibn Affan dont la femme Ruqiyya (qu’Allah les agrée), fille du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), venait de mourir des suites d’une longue maladie. Malheureusement, Uthman (qu’Allah l’agrée) lui dit :
-« Je ne veux pas me marier pour le moment ».
Cette fois, Umar (qu’Allah l’agrée) laissa éclater sa colère. Il ne pouvait accepter deux refus successifs. Il se dirigea alors vers le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour se plaindre de ses deux Compagnons et lui déclarer :
-« Comment, lui dit-il, refuser d’épouser Hafsa alors qu’elle est en pleine jeunesse et en pleine forme ? »
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sourit et répondit :
-« Hafsa épousera un homme meilleur que Uthman et celui-ci épousera une femme meilleure que Hafsa ».
Umar (qu’Allah l’agrée) comprit alors que Muhammed (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) désirait épouser sa fille. Il bondit de joie et serra fortement la main du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) en signe de remerciement. C’est ainsi que les malheurs de Hafsa (qu’Allah l’agrée) avaient pris fin et que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) créa un lien de parenté avec son ami Umar (qu’Allah l’agrée).
Quelques tensions
Hafsa (qu’Allah l’agrée) arriva dans la maison du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), où vivaient déjà Sawdah et Aïcha (qu’Allah les agrée). Si la première manifesta sa satisfaction, la seconde s’inquiétait de voir l’arrivée d’une épouse aussi jeune qu’elle et intelligente. Mais, en fin de compte, elle la prit pour amie et confidente. Hafsa accepta volontiers l’amitié de Aïcha (qu’Allah les agrée) d’autant plus que le nombre des épouses du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) augmentait. Il est vrai que son père, Umar, la mit en garde contre une éventuelle rivalité avec Aïcha (qu’Allah les agrée).
-« Sache que tu n’es rien devant Aïcha et ton père n’est rien devant le sien », lui dit-il avec modestie et humilité.
Un jour que ‘Umar (qu’Allah l’agrée) faisait des reproches à son épouse, celle-ci lui répondit sur un ton auquel il n’était pas habitué. Il lui demanda la raison de ce comportement nouveau et elle lui apprit que les Épouses du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui répliquaient et elle considérait donc qu’elle pouvait en faire autant !
Parlant de Hafsa (qu’Allah l’agrée), elle ajouta : « II y en a une qui, du matin au soir, lui dit tout ce qu’elle pense sans hésiter. » ‘Umar, préoccupé, se rendit auprès de Hafsa (qu’Allah les agrée) et l’interrogea à ce sujet. Hafsa (qu’Allah l’agrée) lui confirma ce qu’avait dit sa mère. Devant sa réponse affirmative, il s’emporta en lui disant :
-« Je te mets en garde contre le châtiment de Dieu et la colère de Son Messager. Que ta beauté ne te trompe pas. Si c’était moi, je t’aurai répudiée ».
C’est-à-dire qu’il lui ordonna d’être soumise et obéissante.
L’affaire de Maria, la Copte (qu’Allah l’agrée)
Un jour, Maria (qu’Allah l’agrée) vint voir le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour une affaire la concernant. Il s’isola avec elle dans la chambre de Hafsa (qu’Allah l’agrée) qui était absente, en visite chez son père. En revenant à l’improviste, elle souleva le rideau de son lieu de séjour et vit les deux conjoints en discussion. Elle attendit le départ de Maria (qu’Allah l’agrée). Cette attente lui parut longue, car elle se sentait debout sur des charbons ardents. Elle entra dans sa chambre et dit à son noble mari (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) :
-« J’ai vu qui était avec toi dans ma chambre. Si je ne t’avais pas aperçu, tu aurais eu des rapports avec elle alors qu’elle n’en avait pas le droit ».
Elle lui fit une scène terrible et ne cessa de lui faire des reproches jusqu’à ce que son noble époux (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui promette de ne plus avoir de rapports intimes avec Maria (qu’Allah l’agrée). Il lui demanda, en contrepartie de garder secrètement cet événement. Cependant, Hafsa ne pouvait pas garder de secret pour Aïcha (qu’Allah les agrée). Elle lui dévoila ce dont elle avait été témoin et la promesse que lui a fait le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Cela ne fit qu’attiser la jalousie de Aïcha et des autres femmes qui en voulaient à Maria d’avoir pris un tour intime qui ne lui appartenait pas.
Selon des commentateurs, ce serait en cette circonstance que Dieu révéla la sourate at-Tahrim – le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait promis de se priver des relations avec Maria (qu’Allah l’agrée). D’autres disent que c’est plutôt au sujet de ce complot ourdi par Sawda, Aïcha et Hafsa (qu’Allah les agrée) qui lui firent croire que sa bouche dégageait une mauvaise odeur à la suite de la consommation de miel chez Zaynab : Il avait juré de se priver de miel.
La sourate at-Tahrim (l’Interdiction) :
« Ô Prophète ! Pourquoi, en recherchant l´agrément de tes femmes, t´interdis-tu ce qu´Allah t´a rendu licite ? Et Allah est Pardonneur, Très Miséricordieux.
Allah vous a prescrit certes, de vous libérer de vos serments. Allah est votre Maître ; et c´est Lui l´Omniscient, le Sage.
Lorsque le Prophète confia un secret à l´une de ses épouses et qu´elle l´eut divulgué et qu´Allah l´en eut informé, celui-ci en fit connaître une partie et passa sur une partie. Puis, quand il l´en eut informée elle dit : « Qui t´en a donné nouvelle ? » Il dit : « C´est l´Omniscient, le Parfaitement Connaisseur qui m´en a avisé ».
Si vous vous repentez à Allah c´est que vos cœurs ont fléchi. Mais si vous vous soutenez l´une l´autre contre le Prophète, alors ses alliés seront Allah, Gabriel et les vertueux d´entre les croyants, et les Anges sont par surcroît [son] soutien.
S´Il vous répudie, il se peut que Seigneur lui donne en échange des épouses meilleures que vous, musulmanes, croyantes, obéissantes, repentantes, adoratrices, jeûneuses, déjà mariées ou vierges ». (Coran 66)
La Répudiation de Hafsa (qu’Allah l’agrée)
Ce fut en cette occasion que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), ayant appris que son secret avait été dévoilé, rompit momentanément avec toutes ses femmes. Les commentateurs affirment que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait effectivement répudié Hafsa (talaq raj’i), puis la ramena. Diverses versions expliquent les circonstances de ce retour. L’une dit que ce fut par miséricorde pour Umar (qu’Allah l’agrée) qui couvrit sa tête de terre en s’exclamant :
-« Quel énorme poids supporte Dieu à cause de Umar et de sa fille ! »
Gabriel (sur lui la paix) descendit alors, le lendemain, auprès de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et lui dit :
-« Dieu t’ordonne de ramener Hafsa par miséricorde pour Umar ».
Selon une autre version, Gabriel (sur lui la paix) se présenta devant le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et lui dit :
-« Ramène Hafsa, car c’est une femme droite et elle sera ton épouse au Paradis ».
Cette répudiation eut lieu avant celle qui eut pour conséquence la révolte de Aïcha (qu’Allah l’agrée) qui entraina les autres femmes sur son sillage. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait isolé toutes ses épouses. Cette fois encore, Hafsa (qu’Allah l’agrée) regretta amèrement d’avoir divulgué le secret que son noble époux (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui avait confié, de la même manière qu’elle déplora d’avoir participé à un complot contre son noble époux (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), qui ne le méritait pas. Elle ne pouvait agir autrement, elle qui était une femme pieuse et adoratrice.
Son père lui avait dit que l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) l’avait répudiée deux fois. S’il le refaisait une troisième, il ne lui adresserait plus la parole. Entre-temps, Umar (qu’Allah l’agrée) se rendit chez le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il demanda la permission d’entrer en précisant au portier qu’il ne venait pas voir son maître pour résoudre le problème de sa fille. Quant à cette dernière, il disait d’elle :
-« Par Dieu ! S’il m’ordonnait de lui trancher le cou, je le ferais sur le champ ».
L’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) entendit ces paroles qui l’émurent. Aussi, ordonna-t-il de l’introduire. Umar (qu’Allah l’agrée) sanglota en voyant le tapis sur lequel l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était allongé. Il n’avait devant lui qu’un morceau de pain en orge. Umar lui dit :
-« Ô Envoyé de Dieu ! Que l’état de ces femmes ne te chagrine pas. Si tu les répudies, Dieu sera avec toi. Il en sera ainsi des anges, de Gabriel, de Mikael, de moi, d’Abu Bakr et de tous les croyants ».
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) sourit en lui disant qu’il n’avait pas répudié ses épouses, mais qu’il ne décidait que de leur isolement. Ceci rendit la tranquillité dans l’âme de Umar (qu’Allah l’agrée).
Le précieux dépôt
Après la mort du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), ce fut Hafsa (qu’Allah l’agrée) qui a été chargée de garder la copie écrite du Coran. En effet, Umar conseilla à Abu Bakr (qu’Allah les agrée), devenu le premier calife de l’Islam, de réunir en un livre tous les versets du Coran éparpillés ici et là. Il ne fallait pas que le Livre sacré disparaisse des mémoires, d’autant que des centaines de lecteurs du Coran étaient morts dans les batailles livrées contre l’ennemi, en particulier les apostats. Abu Bakr suivit le conseil de Umar (qu’Allah les agrée). Il désigna une commission qui se chargea de rassembler tous les écrits et tout ce que les musulmans avaient gardé dans leur mémoire. Lorsque la tâche fut terminée, le document fut remis à Hafsa, fille de Umar (qu’Allah les agrée).
En l’an XIII, Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) mourut. Son successeur, Umar (qu’Allah l’agrée), prit le titre d’Émir des croyants. Ainsi, Hafsa (qu’Allah l’agrée) fut témoin de l’expansion de l’Islam sous le califat de son père. De la même manière qu’elle fut témoin de son assassinat. Umar (qu’Allah l’agrée) fut poignardé mortellement par Abu Lu’Lua al-Majusi, le mois de Dhu-lHijja, an XXIII de l’Hégire.
Hafsa (qu’Allah l’agrée) ne participa à aucune bataille dans les dissensions musulmanes. Elle demeura à Médine, s’adonnant au culte de Dieu avec une grande dévotion. Elle mourut sous le califat de Mu’awiyya (qu’Allah l’agrée). Elle fut enterrée dans le cimetière al-Baqi’, avec les autres Mères des croyants que Allah soit satisfait d’elles. Amine.
Que ALLAH soit satisfait de Hafsa.
Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
