Sahabiyatte et famille du bien-aimé Prophète (sas), Safiyya bint ‘Abd Al-Muttalib (qu’Allâh l’agrée)

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Sahabiyatte et famille du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

Safiyya bint ‘Abd Al-Muttalib qu’Allah soit satisfait d’elle.

Safiyya (qu’Allah l’agrée) était l’une des tantes paternelles de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et la fille de Abd AlMuttalib, le grand-père paternel du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle fut la mère de Zubayr ibn Al-Awâm (qu’Allah l’agrée), l’un des élus du Paradis. Safiyya (qu’Allah l’agrée) embrassa l’Islam très tôt, dès les premiers appels du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui interpella les membres de son clan en ces termes : « Ô gens de Quraysh, sauvez vos âmes de l’Enfer ! Ô gens des Banû Hashim, sauvez vos âmes de l’Enfer ! Ô Fatima fille de Muhammad, sauve ton âme de l’Enfer ! Ô Safiyya, fille de Abd Al-Muttalib, sauve ton âme de l’Enfer ! Je ne peux vous être d’aucun secours auprès de Dieu le Très-Haut. Par contre, vous pouvez me demander tout ce que vous voulez de ce que je possède. »

Elle était très cultivée et, dès avant l’Islam, elle jouissait déjà de la considération de ses concitoyens pour son savoir et ses dons de poétesse. Son adhésion à la nouvelle religion l’éleva davantage ; à ses qualités reconnues s’ajoutèrent les vertus de piété, de sagesse, de courage. Elle fut de tous les événements qui jalonnèrent l’histoire des débuts de l’Islam, faisant parfois preuve de témérité et d’une grande force de caractère.

Elle ne manqua pas de prendre des positions claires et sévères à l’égard de ceux qui portèrent préjudice à l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : c’est ainsi que lorsque Abu Lahab fit du tort au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), elle le désavoua publiquement et le fustigea sans crainte. Lorsque son frère Hamza (qu’Allah l’agrée), martyr lors de la bataille de Uhud, embrassa l’Islam à son tour, elle en fut très heureuse et l’interpella ainsi : « Enfin, tu as décidé de soutenir ton neveu et tu t’es distingué ! »

Le jour de la Bataille de Uhud, elle fut à l’avant-garde des femmes qui sortirent avec le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour encourager les musulmans au combat, leur donner à boire et soigner les blessés. Lorsque les combats cessèrent, dans la débâcle que l’on sait, de nombreux blessés et morts jonchaient le sol, souvent affreusement mutilés par les Quraysh. Ce fut notamment le cas de son frère Hamza (qu’Allah l’agrée). La voyant s’approcher de la dépouille de son frère, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit au fils de Safiyya (qu’Allah l’agrée) d’aller au-devant d’elle pour l’empêcher de voir dans quel triste état se trouvait le corps de Hamza (qu’Allah l’agrée).

Mais elle insista et dit qu’elle était capable d’affronter cette épreuve, tout en sachant ce qui lui était arrivé, ajoutant qu’elle saurait se montrer patiente et résignée, satisfaite du sort réservé à son frère mort martyr. Par la suite, comme il était de coutume encore à cette époque, elle composa des vers en l’honneur de son frère Hamza (qu’Allah l’agrée), mort en martyr.

Elle eut d’autres occasions de faire preuve d’un courage exceptionnel, notamment lors de la Bataille du Fossé où les Quraysh, les juifs de Médine et les hypocrites s’allièrent pour assiéger la ville de Médine et les musulmans qui s’y trouvaient. Pour les mettre à l’abri des ennemis, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) recommanda que les femmes et les enfants demeurent dans un fortin appartenant à Hasan ibn Thâbit (qu’Allah l’agrée). Ce dernier s’y trouvait aussi. C’est alors qu’un soldat juif se mit à rôder autour du fortin cherchant l’ouverture qui permettrait d’y accéder.

Safiyya (qu’Allah l’agrée) le vit se hisser pour monter et demanda à Hasan ibn Thâbit (qu’Allah l’agrée) d’aller le tuer afin d’éviter qu’il ne les découvre et n’appelle ses congénères. Mais le pauvre homme n’était visiblement pas capable de tuer un ennemi, fût-ce pour défendre toutes les femmes cachées dans sa demeure ! Il y alla de la vie de toutes ces musulmanes. Safiyya (qu’Allah l’agrée) fit alors preuve d’un grand courage et trancha elle-même la tête de ce soldat ennemi, puis la jeta en bas du fortin, de telle sorte que les autres soldats ne puissent imaginer que ce fortin n’abritait que des femmes sans défense !

Lorsque le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) eut connaissance de cette affaire, il rit de bon cœur. On la retrouve encore lors de la Bataille de Khaybar où, avec d’autres femmes, elles montèrent une tente pour en faire une infirmerie afin de soigner les blessés. Selon les coutumes de l’époque, un duel eut lieu avant la bataille ; il eut lieu entre Zubayr, le fils de Safiyya (qu’Allah les agrée) et un juif du nom de Marhaba. Comme toute mère, elle s’inquiéta de savoir si son fils serait tué dans ce duel, mais il n’en fut rien.

C’est Zubayr (qu’Allah l’agrée) qui tua son adversaire. Puis la bataille eut lieu, elle fut difficile et longue. Finalement, les musulmans sortirent vainqueurs de cette confrontation. Ce fut une étape importante pour la pacification de la région, d’autant que se trouvait alors neutralisée la dernière tribu qui présentait un danger pour les musulmans. Après la bataille, le butin fut distribué aux hommes, mais aussi aux femmes, afin de les récompenser de leur courage.

Safiyya (qu’Allah l’agrée) était aussi une femme d’une grande sensibilité, ce qui se reflétait dans sa poésie. Notamment, lors de la mort de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), elle composa d’admirables poèmes à sa mémoire. Elle rapporta un certain nombre de hadîth. Tout comme du vivant de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), elle bénéficia jusqu’à la fin de sa vie de la considération et du respect des Compagnons (qu’Allah les agrée) et quitta ce monde à l’âge de 73 ans, après avoir consacré toute sa vie à Dieu et au triomphe de l’Islam. C’est ‘Umar (qu’Allah l’agrée) qui dirigea la prière sur sa dépouille et elle fut enterrée au cimetière d’al Baqî’ à Médine.

Qu’Allah soit satisfait de Safiyya.

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani