Sahabiyatte et famille du bien-aimé Prophète (sas), Baraka bint Tha’laba (qu’Allâh l’agrée)

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Sahabiyatte et famille du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

Baraka bint Tha’laba qu’Allah soit satisfait d’elle.   

Bien que n’ayant pas de lien du sang avec l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), nous faisons figurer cette noble femme dans sa famille, car elle fut sa nourrice et demeura très proche de lui toute sa vie durant. D’ailleurs, il a dit à son sujet : « Um Ayman est ma mère après ma mère ! »

Éthiopienne d’origine, cette femme fut achetée comme esclave par Abdallah, le père de Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Après sa mort et celle de Amina, la mère de Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), Um Ayman demeura aux côtés du jeune enfant alors qu’il était chez son grand-père, Abd Al-Muttalib. Ensuite, après la mort de ce dernier, lorsque l’enfant fut pris en charge par son oncle Abu Tâlib, elle resta auprès de lui. Enfin, après que Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) eut épousé Khadîja (qu’Allah l’agrée), on la trouve encore auprès de lui ! Il l’affranchit après son mariage avec Khadîja (qu’Allah l’agrée).

Alors qu’il était petit enfant et orphelin, elle le combla de son affection et veilla sur lui en suivant les recommandations que lui faisait Abd Al-Muttalib. Celui-ci aimait énormément son petit-fils et s’inquiétait pour lui. Il insistait beaucoup pour qu’elle ne le laisse pas s’éloigner trop loin de la maison. Le vieil homme disait souvent à ses proches : « Laissez mon petit-fils, car par Dieu, je sais qu’il est appelé à un avenir glorieux. »

Le jeune enfant aimait beaucoup son grand-père. Um Ayman (qu’Allah l’agrée) nous a rapporté que le jour où il quitta ce monde, l’enfant éprouva un vrai chagrin : « J’ai vu, ce jour-là, le Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pleurer derrière le lit de Abd Al-Muttalib. » Mais la Providence Divine veillait déjà sur cet enfant. Un jour, le Coran le soulignera : « Ne t’a-t-Il pas trouvé orphelin quand Il t’a recueilli » (Sourate 93 AdDouha, verset 6).

Dieu assurera à l’enfant, puis à l’homme, Sa Protection pour lui permettre d’accomplir, le moment venu, la mission dont Il allait le charger. Um Ayman (qu’Allah l’agrée) fut témoin des nombreux événements extraordinaires qui jalonnèrent la vie de Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), enfant, adolescent puis adulte. C’est ainsi qu’elle a pu nous rapporter : « Je n’ai jamais vu le Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se plaindre de la faim ni de la soif. Lorsqu’il sortait le matin, il buvait de l’eau de Zam-Zam. A son retour, nous lui demandions s’il voulait manger et il nous répondait : « Je n’ai pas faim. » » (Voir l’ouvrage Les preuves de la prophétie d’Al-Isphahâni.)

Après le mariage du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avec Khadîja, Um Ayman (qu’Allah les agrée) épousa Ubayd ibn Zayd AlKhazraji, dont elle eut un enfant, Ayman. Il fut l’un des Compagnons du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et mourut martyr à Hunayn. Lorsque les premières révélations parvinrent à l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et qu’il commença à transmettre le message, Um Ayman (qu’Allah l’agrée) fut parmi les premières à adhérer à l’Islam, ainsi que le raconte l’historien Ibn Al-Athîr dans son ouvrage Asad Al Ghâba.

Il fut d’autant plus facile à Um Ayman (qu’Allah l’agrée) de croire en ce message qu’elle avait une confiance totale en celui qu’elle avait vu grandir et devenir un homme aimé et apprécié de tous. Rappelons qu’avant la Révélation, ses concitoyens le désignaient sous le nom de « Al-Amîn » (l’homme de confiance). Par contre, son époux, Ubayd ibn Zayd refusa de la suivre sur le chemin de la foi et ils se séparèrent.

Quelque temps plus tard, elle devint l’épouse de Zayd ibn Hârithâ (qu’Allah l’agrée), que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait acheté comme esclave et qu’il traita comme son fils. Il avait même refusé de repartir avec son père venu le racheter, préférant rester auprès de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). De leur union naquit un garçon qu’ils nommèrent Usama (qu’Allah l’agrée).

Um Ayman (qu’Allah l’agrée) fit partie du groupe de musulmans qui avaient émigré en Abyssinie pour fuir les persécutions dont étaient victimes les premiers convertis. A son retour, elle fit la seconde émigration vers Médine cette fois. Elle fit donc partie de ces fidèles dont le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a vanté les mérites de leurs deux émigrations. À propos de son émigration vers Médine, il est rapporté que, durant sa traversée du désert, elle était en état de jeûne et tenaillée par la soif ! Elle regarda autour d’elle dans l’espoir d’apercevoir une caravane, et vit une outre descendre vers elle, accrochée à des plumes blanches ! Elle but de cette eau jusqu’à n’en plus pouvoir. Elle dira plus tard (qu’Allah l’agrée) : « Depuis ce jour, la soif ne m’a plus jamais tenaillée. Je me suis opposée à la soif par le jeûne, même lors des journées les plus caniculaires, et jamais je n’en fus éprouvée ! »

L’historien du soufisme, Abu Nu’aym, a évoqué cet événement en faisant ce commentaire, dans son livre Hulyat Al-Awliya’ (la parure des saints) : « Um Ayman, l’émigrante à pied, la jeûneuse pénitente, l’évocatrice en pleurs, celle à qui fut servie une eau sans serveur, une eau divine qui lui donna bien-être et suffisance. » Certes, de tels événements ne peuvent être vécus que par des personnes à la spiritualité élevée, et ayant atteint un haut degré de certitude.

Tout en ayant voué sa personne à la vie ascétique et à la contemplation, Um Ayman (qu’Allah l’agrée) ne s’était pas pour autant retirée du monde. La vie monacale n’existe pas en Islam. Elle fut très active et participa à plusieurs batailles contre les ennemis de l’Islam, soignant les blessés, donnant à boire aux combattants. On nous rapporte qu’elle se trouvait avec les combattants à Uhud, puis à Khaybar, à Hunayn et encore dans d’autres hauts lieux où la bravoure des musulmans s’exerça avec succès contre leurs ennemis.

Elle fit preuve de courage et de patience lorsque son époux, Zayd (qu’Allah l’agrée), mourut martyr à la bataille de Mu’ata, puis encore lorsque son fils Ayman (qu’Allah l’agrée) tomba martyr à la bataille de Hunayn. L’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) demeura très familier avec elle. An-Nawawî a rapporté qu’il disait d’elle : « Elle est ma mère après ma mère ! » Il disait également : « Elle est tout ce qui reste de ma famille. » (AlIsâba fi-tamyîz as-sahâba)

Il plaisantait avec elle. Un jour qu’il lui rendit visite, accompagné de Anas ibn Mâlik (qu’Allah l’agrée), elle lui proposa à boire et à manger, mais il jeûnait ce jour-là et refusa d’en prendre. Alors, Um Ayman (qu’Allah l’agrée) insista pour le taquiner sachant bien à quoi s’en tenir ! Dans un autre récit, Aïcha (qu’Allah l’agrée) raconte que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était en train de boire en présence de Um Ayman (qu’Allah l’agrée). Elle lui demanda : « Donne-moi à boire, ô Messager de Dieu ! » Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte : « Je lui dis : « Tu dis cela à l’Envoyé de Dieu !? » » Et Um Ayman (qu’Allah l’agrée) répondit : « Je l’ai servi plus que cela ! » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ajouta : « Elle a raison », et il lui donna à boire.

Telles furent les relations d’affection qui existèrent entre le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et Um Ayman (qu’Allah l’agrée). La disparition du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) bouleversa Um Ayman (qu’Allah l’agrée). Elle fut plus accablée encore que pour la disparition de son mari, Zayd, et de son fils, Ayman (qu’Allah les agrée). Ibn Sa’d a rapporté qu’elle le pleura longuement et composa, en son honneur, des poèmes élogieux.

Les Compagnons (qu’Allah les agrée) continuèrent de montrer leur attachement et leur considération à Um Ayman (qu’Allah l’agrée). On rapporte que lorsqu’il était calife, Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) appelait souvent ‘Umar (qu’Allah l’agrée) et lui disait : « Allons rendre visite à Um Ayman comme le faisait l’Envoyé de Dieu. » Et, lorsqu’elle les voyait, elle éclatait en larmes au souvenir des jours bénis où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était encore parmi eux. Elle demeura fidèle à sa famille et l’on nous rapporte qu’elle continua de manifester son affection aux proches de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), en particulier à sa fille Fatima et à ses épouses (qu’Allah les agrée).

Cinq mois seulement après la disparition du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), Um Ayman (qu’Allah l’agrée) rendit l’âme à son tour et rejoignit, dans la félicité éternelle, le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et ceux des Compagnons qui l’avaient précédé. On nous rapporte que tous les Compagnons (qu’Allah les agrée), qui avaient pour elle une grande considération, désignaient ses enfants et petits-enfants sous le nom des « bien-aimés du Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ».

Que Dieu soit satisfait de Um Ayman et de sa descendance.

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani