Les Sahabiyattes Mecquoises, Hamna bint Jahsh (qu’Allâh l’agrée)
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
Les Sahabiyattes Mecquoises
Hamna bint Jahsh, qu’Allah soit satisfait d’elle.
Elle est la fille de Jahsh ibn Ri’ab ibn Ya’mar. Son frère, ‘Abdallah ibn Jahsh (qu’Allah l’agrée), est connu comme l’un des Compagnons de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Hamna (qu’Allah l’agrée) embrassa l’Islam et fut l’épouse de Mus’ab ibn ‘Umayr (qu’Allah l’agrée), lui-même devenu musulman, renonçant à une vie facile auprès de sa famille. Bien des jeunes filles de La Mecque auraient aimé l’épouser, en raison de son élégance et du charme qu’il dégageait. Dieu avait scellé le destin de ces deux êtres qui allaient consacrer leurs efforts à l’Islam pour la satisfaction de Dieu.
Une première rencontre secrète eut lieu à Aqaba entre un petit nombre des convertis de Médine et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Ils ne furent alors pas plus d’une douzaine. Sur leur demande, l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur envoya un jeune Compagnon qui fut chargé de communiquer le message de l’Islam aux habitants de leur ville. C’est à Mus’ab ibn Umayr (qu’Allah l’agrée) que fut confiée cette mission délicate et dangereuse. Ainsi, Mus’ab et son épouse Hamna (qu’Allah les agrée) partirent à Médine, accompagné de Abdallah, le frère de Hamna.
Ils devancèrent de quelques années l’arrivée du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et des Compagnons (qu’Allah les agrée). Les résultats de cette mission furent excellents. C’est ainsi que soixante-treize musulmans vinrent de Médine, l’année suivante, pour rencontrer l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Cette rencontre très secrète eut lieu de nouveau à Aqaba. Ils l’engagèrent à venir vivre dans leur ville, lui prêtant serment d’allégeance. L’Hégire eut lieu à quelque temps de là. Hamna (qu’Allah l’agrée) s’efforça d’atténuer la tristesse de Mus’ab (qu’Allah l’agrée) qui souhaita voir sa mère embrasser l’Islam mais ne parvint pas à la convaincre.
Les deux époux s’aimèrent tendrement, dans le respect et la considération. Ils vécurent ensemble dans la foi, la ferveur et le renoncement aux biens de ce bas monde. Lors de la Bataille de Uhud, Mus’ab (qu’Allah l’agrée) s’engagea aux côtés du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour aller combattre et Hamna (qu’Allah l’agrée), désireuse de rester au plus près de son époux, accompagna l’armée avec d’autres femmes, où elles soignèrent les blessés et abreuvèrent les combattants.
Pour les raisons que l’on sait, une débandade eut lieu dans les rangs des musulmans et il y eut de nombreux morts. On nous rapporte que les femmes rentrèrent vers Médine avant les hommes qui, sur le champ de bataille, relevèrent les dépouilles des combattants pour les enterrer. Hamna (qu’Allah l’agrée) rentra donc à Médine sans connaître le sort de son époux, ni de son oncle, ni de son frère, tous tombé martyrs au combat. C’est seulement lorsque le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et les Compagnons (qu’Allah les agrée) arrivèrent à Médine que les femmes purent s’informer du sort de leurs proches.
On nous rapporte que lorsque l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) vit Hamna, il se dirigea vers elle et lui dit : « Ô Hamna ! Prends patience, ton frère ‘Abdallah ibn Jahsh a été tué. »
Elle répondit pleine de courage : « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournerons ! Que Dieu l’ait en Sa miséricorde et lui pardonne. »
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ajouta : « Ô Hamna ! Prends en patience ton malheur ! Ton oncle Hamza ibn Abd Al-Muttalib a été tué. »
Elle fit à nouveau la même réponse. L’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui dit enfin : « Ô Hamna ! Prends en patience ton malheur ! Ton époux Mus’ab ibn ‘Umayr a été tué. »
En entendant cela, elle se mit à pleurer et dit : « Ô désespoir. »
Et le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ajouta : «L’homme est une partie intégrante de la femme alors qu’elle ne lui est rien. » Puis il l’interrogea : « Pourquoi as-tu dit au sujet de Mus’ab ce que tu n’as pas dit pour les autres ? » Et elle lui fit savoir : « Ô Messager de Dieu ! Je me suis rappelé son enfant qu’il va laisser orphelin. » En effet, Hamna (qu’Allah l’agrée) attendait un enfant et ne tarda pas à mettre au monde une petite fille qu’elle veilla à élever et éduquer conformément à sa foi.
Le souvenir de son défunt époux ne la quitta jamais, mais elle n’en poursuivit pas moins son engagement auprès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), l’accompagnant avec les Compagnons (qu’Allah les agrée) dans les expéditions qui furent menées ensuite. Elle participa en particulier au siège de Khaybar et se vit attribuer par l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) une belle part du butin. Lorsque l’un des Compagnons, Talha ibn ‘Ubaydallah (qu’Allah l’agrée), l’un des dix élus du Paradis, la demanda en mariage, elle accepta et leur union fut célébrée par le Prophète lui-même (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).
Ce Compagnon qui connaissait les nombreuses vertus de Hamna (qu’Allah l’agrée), mit tout en œuvre afin de lui faire oublier les épreuves qu’elle avait subies. Ils vécurent ainsi plusieurs années et eurent trois enfants, dont l’un, Muhammad (qu’Allah l’agrée), fut connu pour sa grande dévotion. Mais nous savons que le destin de Talha (qu’Allah l’agrée) fut de participer à la Bataille du Chameau où il mourut martyr, laissant Hamna (qu’Allah l’agrée) de nouveau seule. Elle ne se remaria pas et se consacra à l’éducation de ses enfants dont elle fit des porte-drapeaux de l’Islam. Puis elle quitta ce monde pour rejoindre Son Seigneur.
Qu’Allah soit satisfait de Hamna.
Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
