Les Sahabiyattes Médinoises, Asma bint Yazîd ibn As-Sakan (qu’Allâh l’agrée)
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
Les Sahabiyattes Médinoises
Asma bint Yazîd ibn As-Sakan, qu’Allah l’agrée.
Asma bint Yazid (qu’Allah l’agrée) fut une des premières femmes de Médine à embrasser l’Islam sitôt après avoir entendu les prédications de Mus’ab ibn ‘Umayr (qu’Allah l’agrée). Issue de la tribu de Aws, elle fut la nièce de Asma bint Amru (Um Manî) et la cousine de Mu’adh ibn Jabâl (qu’Allah les agrée). Elle était d’une grande éloquence et douée d’une intelligence remarquable.
C’est ainsi qu’elle fut chargée par les autres femmes de Médine d’être leur « ambassadrice » auprès de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), afin d’être leur porte-parole et de lui transmettre leurs doléances. C’est à ce titre qu’elle se rendit un jour auprès de lui, alors qu’il était assis avec des Compagnons et l’interpella : « Dieu t’a envoyé pour les hommes et pour les femmes. Nous avons cru en toi et nous t’avons suivi. Nous les femmes, qui sommes reléguées dans nos foyers et élevons vos enfants, tandis que vous, les hommes, vous assistez aux prières en commun et aux enterrements, ainsi qu’aux batailles. Sommes-nous associées aux mérites revenant aux hommes du fait de leurs actions ? ».
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se tourna vers les Compagnons (qu’Allah les agrée) et leur demanda : « Pensiez-vous qu’une femme puisse formuler une meilleure question en matière de religion ? ». Surpris, les Compagnons répondirent par la négative. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se tourna alors vers Asma et lui dit : « Retourne auprès des femmes qui t’ont envoyée et dis-leur que toute femme qui cherche à plaire à son époux, à le satisfaire et à aller au-devant de ses désirs, aura une récompense équivalente à celle que tu viens d’évoquer pour les hommes ! ».
Elle retourna auprès des femmes en glorifiant Dieu, satisfaite de la réponse du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle interrogeait souvent l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), parfois sur des sujets un peu hardis, mais il lui répondait toujours sans montrer le moindre signe d’impatience ni d’embarras. Il faut rappeler qu’il n’existe pas de tabou concernant les questions qu’un musulman peut formuler afin d’obtenir un éclaircissement quant à sa pratique religieuse.
Asma fréquentait régulièrement les Mères des Croyants (qu’Allah les agrée) et apprenait également d’elles de nombreux aspects de la vie familiale du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et ses comportements à l’égard de ses Épouses. Elle avait une grande soif de savoir et ne manquait jamais une occasion de s’instruire. C’est ainsi qu’elle put transmettre environ quatre-vingts hadiths.
On croit savoir qu’elle fut présente parmi les femmes de Médine lorsque la jeune Aïcha (qu’Allah l’agrée) fut amenée jusqu’à la maison de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) le jour de son mariage. C’est elle qui encouragea Aïcha (qu’Allah l’agrée) à boire un peu du lait que lui proposa le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).
Elle fut présente lors de la signature de la Trêve de Hudaybiya. Elle participa également à plusieurs expéditions, notamment à la bataille du Fossé, à Khaybar et à la prise de La Mecque avec le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et les Compagnons. Des historiens rapportent qu’elle participa également à la bataille de Yarmûk en compagnie de Khâlid ibn alWalîd (qu’Allah l’agrée).
Devant l’importance de l’armée ennemie, Khâlid (qu’Allah l’agrée) recommanda aux femmes de rester à l’arrière. Elle prit un piquet de tente et frappa, tuant sept ennemis byzantins. Asma bint Yazîd (qu’Allah l’agrée) fut une femme d’une grande générosité. Un jour, elle découvrit une bourse contenant de l’argent chez elle, dont elle avait oublié l’existence ; elle s’empressa alors de distribuer cet argent aux pauvres. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit un jour : « Tout ce qui se trouve dans la maison des Ansârs est une grâce, mais ce qui se trouve dans la maison de Asma bint Yazîd est une grâce meilleure encore ! ».
Grâce à sa générosité, elle fut témoin d’un événement extraordinaire en présence du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle raconte : « Un jour, j’ai vu l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) faire la prière du coucher du soleil dans la mosquée des Banû Abd Ashal. Je partis aussitôt chez moi et rapportai du pain et un os sur lequel subsistait encore un peu de viande. Je les lui offris en disant : « Ô, toi qui m’es préférable à mon père et à ma mère, je t’ai apporté de quoi dîner ».
Il y avait avec lui plusieurs Compagnons (qu’Allah les agrée). Il se tourna vers eux et dit : « Venez manger ! » Ils mangèrent tous, ainsi que ceux présents dans la maison, sans que le pain ni la viande ne diminuent, alors qu’ils étaient bien quarante personnes ! Je me dis alors : cela ne peut être que le résultat de la baraka du Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ! À la fin du repas, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) prit une outre et but quelques gorgées avant de partir. Je la refermai aussitôt afin de l’utiliser pour les malades et nous-mêmes et profiter ainsi de cette baraka ! ».
Après la disparition du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), elle vécut assez longtemps, respectée et choyée par les califes et les Compagnons (qu’Allah les agrée) conscients de la place qu’elle avait occupée dans l’entourage de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle mourut paisiblement à Damas, sous le califat de Abd Al Malik ibn Marwân.
Que Dieu soit satisfait de Asma bint Yazîd.
Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
