Le repentir (At-Tawbah) sur le chemin vers Allah et ses règles juridiques selon l’école mâlikite

Au nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, l’Ouverture de ce qui fut fermé, le Sceau de ce qui a précédé, le Défenseur de la Vérité par la Vérité, le Guide vers Ton chemin droit, ainsi que sur sa famille, selon son immense valeur et la grandeur de son rang.

Selon l’école mâlikite, le repentir (at-Tawbah) est une obligation immédiate (farḍ ’ayn) pour tout musulman ayant commis un péché. Les juristes ont établi que le repentir sincère repose sur les conditions suivantes :

  1. Cesser immédiatement le péché.

Le serviteur doit abandonner sans délai toute désobéissance envers Allah.

  1. Éprouver un regret sincère.

Le regret (an-nadam) est le cœur du repentir. Le Prophète ﷺ a dit :

« Le regret est le repentir. »

(Rapporté par Ibn Mâjah.)

  1. Prendre la ferme résolution de ne plus y revenir.

Le repentir exige une intention sincère de ne plus recommencer. Si le serviteur retombe ensuite par faiblesse, après avoir été sincère dans son repentir, il renouvelle simplement son tawbah.

  1. Restituer les droits des créatures.

Lorsque le péché concerne les droits d’autrui, il faut restituer les biens, réparer le tort causé ou demander pardon lorsque cela est possible.

Le repentir (At-Tawbah) sur le chemin vers Allah

Le tawbah est la première station du voyage vers Allah et la porte par laquelle entre tout chercheur sincère. Nul ne peut emprunter le chemin de la proximité divine sans revenir d’abord à son Seigneur avec un cœur humble, véridique et entièrement tourné vers Lui.

Le repentir n’est pas seulement l’abandon des péchés apparents ; il est un retour permanent du cœur vers Allah, en se détachant de tout ce qui voile Sa présence.

Au commencement du chemin, le repentir consiste à délaisser la désobéissance.

Puis, à mesure que le serviteur progresse, son repentir devient plus subtil : il se repent de ses négligences, de son manque de présence avec Allah, de ses distractions, de son attachement aux causes, de son admiration pour ses œuvres et de tout ce qui l’empêche de réaliser la sincérité parfaite.

Les maîtres de l’éducation spirituelle disent :

« Le repentir des gens ordinaires est celui des péchés ;
le repentir des rapprochés est celui des inattentions ;
le repentir des véridiques est celui de tout ce qui les détourne d’Allah, ne serait-ce qu’un instant.
»

Allah, Exalté soit-Il, dit :

وَتُوبُوا إِلَى اللَّهِ جَمِيعًا أَيُّهَا الْمُؤْمِنُونَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ

« Repentez-vous tous devant Allah, ô croyants, afin que vous réussissiez. »

(Sourate 24 An-Nûr, verset 31)

Le Prophète ﷺ, bien qu’il fût préservé de tout péché, enseigna à sa communauté que le repentir est une adoration permanente. Il disait :

« Ô gens ! Repentez-vous à Allah, car je me repens à Lui plus de soixante-dix fois par jour. »

(Rapporté par Al-Bukhârî.)

Dans une autre version authentique, il est rapporté :

« Certes, je demande pardon à Allah et je me repens à Lui cent fois par jour. »

(Rapporté par Muslim.)

Les savants expliquent que le repentir du Prophète ﷺ n’était pas celui d’un pécheur, mais celui de la perfection de sa servitude envers Allah, de son humilité, de son élévation continuelle en degrés et du renouvellement permanent de sa proximité avec son Seigneur.

Cela montre que le repentir est une adoration permanente, même pour les plus proches d’Allah.

Ainsi, sur le chemin vers Allah, le tawbah devient le renouvellement continuel de l’alliance avec son Seigneur. À chaque voile levé succède un retour plus sincère, jusqu’à ce que le cœur ne désire plus que Lui seul. Plus le serviteur s’approche d’Allah, plus son repentir devient subtil : il ne se repent plus seulement de ses fautes, mais de toute distraction, de toute négligence et de tout ce qui pourrait voiler son cœur de la contemplation de son Seigneur.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, l’Ouverture de ce qui fut fermé, le Sceau de ce qui a précédé, le Défenseur de la Vérité par la Vérité, le Guide vers Ton chemin droit, ainsi que sur sa famille, selon son immense valeur et la grandeur de son rang.

Le pauvre serviteur en Allah et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani