LES QUATRE GRANDES ÉCOLES JURIDIQUES DE L’ISLAM SUNNITE – 2ème étape
Les quatre Madhâhib — Une même référence au Noble Coran et à la Sunna, des méthodes juridiques différentes et un héritage scientifique commun.
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
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INTRODUCTION GÉNÉRALE
L’unité de la communauté musulmane et le respect des quatre écoles juridiques
L’Islam est une religion fondée sur la Révélation divine, transmise par notre Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ, enseignée à ses nobles Compagnons, puis préservée et transmise par les générations successives de savants.
Depuis les premières générations de l’Islam, les savants ont consacré leur existence à l’étude du Noble Coran, de la Sunna prophétique et des principes permettant de comprendre et d’appliquer les prescriptions religieuses.
C’est dans cette transmission scientifique que se sont développées les quatre grandes écoles juridiques de l’Islam sunnite, connues sous le nom des quatre Madhâhib (المذاهب الأربعة) :
- L’école hanafite — المذهب الحنفي
- L’école mâlikite — المذهب المالكي
- L’école chaféite — المذهب الشافعي
- L’école hanbalite — المذهب الحنبلي
Ces quatre écoles ne représentent ni quatre religions différentes ni quatre révélations indépendantes.
Elles constituent quatre grandes traditions savantes de compréhension et d’application des enseignements du Noble Coran et de la Sunna du Bien-Aimé Messager d’Allâh ﷺ.
Leurs divergences concernent principalement certaines questions de jurisprudence (fiqh). Elles résultent des différentes méthodes d’analyse des textes, d’évaluation des preuves et de déduction des jugements religieux.
Ces divergences, lorsqu’elles reposent sur un effort juridique reconnu, ne doivent pas devenir une cause de division, de mépris ou de rivalité entre les musulmans.
Les fondements coraniques
Allâh, l’Adoré, dit :
فَإِن تَنَازَعْتُمْ فِي شَيْءٍ فَرُدُّوهُ إِلَى اللَّهِ وَالرَّسُولِ
« Puis, si vous vous disputez en quoi que ce soit, renvoyez-le à Allâh et au Messager. »
Sourate An-Nisâ’, 4:59 — extrait.
Il dit également :
فَاسْأَلُوا أَهْلَ الذِّكْرِ إِن كُنتُمْ لَا تَعْلَمُونَ
« Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas. »
Sourate An-Naḥl, 16:43 — extrait.
Ces versets nous rappellent l’importance du retour aux enseignements révélés et de la consultation des personnes compétentes dans les sciences religieuses.
Le second verset, qui évoque dans son contexte les détenteurs de la connaissance des révélations antérieures, est également invoqué par les savants pour rappeler la nécessité de consulter ceux qui possèdent la science.
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NOTRE ZAOUÏA ET SON ORIENTATION RELIGIEUSE ET SPIRITUELLE
Notre Zaouïa s’inscrit dans la tradition de Ahl as-Sunna wa-l-Jamâ‘a (أهل السنة والجماعة).
Son enseignement repose sur trois domaines complémentaires.
Dans la jurisprudence (الفقه) : notre Zaouïa suit l’école mâlikite, fondée par l’imam Mâlik ibn Anas, qu’Allâh lui fasse miséricorde.
Dans la croyance (العقيدة) : notre Zaouïa suit la tradition ach’arite, associée à l’imam Abû al-Ḥasan al-Ash‘arî, qu’Allâh lui fasse miséricorde.
Dans l’éducation et le cheminement spirituels (التصوف) : notre Zaouïa suit la Ṭarîqa Tidjâniyya, voie spirituelle de notre maître Sîdînâ Cheikh Aḥmad at-Tidjânî, qu’Allâh sanctifie son précieux secret.
L’appartenance mâlikite, l’ijtihâd et l’enseignement prophétique de Sîdînâ Cheikh Aḥmad at-Tidjânî
Notre maître Sîdînâ Cheikh Aḥmad at-Tidjânî, qu’Allâh sanctifie son précieux secret, appartenait à l’école juridique mâlikite. Toutefois, en raison de son rang scientifique et de son aptitude à l’ijtihâd (اجتهاد), il lui arrivait d’adopter et d’enseigner, sur certaines questions, des avis différents de ceux qui étaient communément retenus au sein de cette école.
Mais il convient également de rappeler une particularité fondamentale de son enseignement spirituel.
Selon les récits transmis au sein de la Ṭarîqa Tidjâniyya, notre maître Sîdînâ Cheikh Aḥmad at-Tidjânî bénéficia de l’immense faveur de voir le Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ, aussi bien en rêve qu’à l’état de veille.
Toujours selon ces récits, le Bien-Aimé Prophète ﷺ lui transmit directement des enseignements, des orientations et des indications concernant sa voie spirituelle.
Pour notre maître Sîdînâ Cheikh Aḥmad at-Tidjânî, lorsqu’un enseignement lui était ainsi transmis par le Bien-Aimé Prophète ﷺ, la priorité revenait à cet enseignement prophétique, plutôt qu’à son propre ijtihâd ou aux avis juridiques des quatre écoles, y compris ceux de l’imam Mâlik.
Cette priorité ne signifiait nullement un manque de respect envers l’imam Mâlik ou les trois autres grands imams. Elle exprimait, dans la compréhension spirituelle tidjânie, la primauté absolue de l’autorité du Bien-Aimé Messager d’Allâh ﷺ.
Ainsi, notre maître bien-aimé Sîdînâ Cheikh Aḥmad at-Tidjânî, qu’Allâh sanctifie son précieux secret, demeurait attaché à l’école mâlikite, tout en accordant, selon les enseignements transmis dans la tradition tidjânie, une place première aux orientations qu’il recevait directement du Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ.
L’exemple de la Basmala dans la prière
La question de la Basmala dans la prière illustre également cette particularité de son enseignement.
Selon l’avis dominant de l’école mâlikite, la Basmala ne se récite pas avant la Fâtiḥa dans les prières obligatoires.
Or, notre maître Sîdînâ Cheikh Aḥmad at-Tidjânî enseignait qu’il convenait de la réciter.
Cet exemple montre que, tout en étant rattaché à l’école mâlikite, notre maître pouvait, sur certaines questions, retenir et transmettre un avis différent de celui qui y prévalait.
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LA ṬARÎQA TIDJÂNIYYA : UNE VOIE SPIRITUELLE DE RASSEMBLEMENT ET DE FRATERNITÉ
La Ṭarîqa Tidjâniyya, à l’image de notre noble religion, l’Islam, est une voie spirituelle qui rassemble des musulmans du monde entier, au-delà de leurs origines, de leurs nationalités, de leurs cultures et de leurs appartenances aux différentes écoles juridiques et traditions doctrinales.
Elle réunit des croyants autour de l’amour d’Allâh, l’Adoré, de l’attachement à Son Bien-Aimé Messager Muḥammad ﷺ et de l’éducation spirituelle transmise par notre maître Sîdînâ Cheikh Aḥmad at-Tidjânî, qu’Allâh sanctifie son précieux secret.
Cette diversité nous rappelle que la fraternité spirituelle ne doit pas être réduite à une appartenance juridique, culturelle ou géographique.
La Ṭarîqa Tidjâniyya nous enseigne ainsi l’importance de la fraternité, du respect mutuel et du rassemblement des cœurs autour de l’amour d’Allâh et de Son Bien-Aimé Prophète ﷺ.
La diversité des appartenances ne doit pas devenir une cause de division, mais une occasion de manifester la fraternité, la sagesse et le respect que nous enseigne notre noble religion, l’Islam.
La diversité des appartenances juridiques et doctrinales parmi les disciples tidjânîs
Il est essentiel de préciser que l’orientation religieuse de notre Zaouïa ne signifie pas que tous les disciples de la Ṭarîqa Tidjâniyya suivent nécessairement la même école juridique ou la même tradition théologique.
Dans le domaine de la jurisprudence, les disciples de la Ṭarîqa Tidjâniyya peuvent appartenir aux différentes écoles juridiques sunnites reconnues : mâlikite, hanafite, chaféite et hanbalite.
Il existe également une diversité dans le domaine de la croyance (‘aqîda), parmi les disciples de la Ṭarîqa Tidjâniyya, certains se rattachant aux traditions ach’arite, mâtouridite, ainsi qu’à d’autres orientations doctrinales.
J’ai également rencontré personnellement des personnes de doctrine chiite se présentant comme disciples de la Ṭarîqa Tidjâniyya.
Cette observation personnelle ne constitue pas, à elle seule, une reconnaissance doctrinale ou institutionnelle de leur appartenance par les autorités de la voie.
Il convient donc de distinguer trois réalités :
- L’appartenance à une école juridique, qui concerne les règles de la pratique religieuse.
- L’adhésion à une tradition théologique, qui concerne les fondements de la croyance.
- L’engagement dans une voie spirituelle, qui concerne l’éducation de l’âme et le cheminement vers Allâh.
Ces domaines ne doivent pas être confondus.
Notre Zaouïa demeure fermement attachée à son orientation : mâlikite dans la jurisprudence, ach’arite dans la croyance et tidjânie dans l’éducation spirituelle.
Cette fidélité ne doit pas nous conduire à mépriser les autres musulmans ni à transformer les divergences en rivalités personnelles.
Respecter une personne ne signifie pas nécessairement partager toutes ses convictions. De même, reconnaître la valeur des autres écoles juridiques sunnites ne nous oblige pas à abandonner notre propre école.
Nous affirmons notre identité religieuse avec clarté, tout en préservant le respect, la sagesse et le discernement dans nos relations avec autrui.
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LA DISTINCTION ENTRE JURISPRUDENCE, CROYANCE ET ÉDUCATION SPIRITUELLE
Pour comprendre ces différentes appartenances, il est nécessaire de distinguer trois domaines de la tradition islamique.
Domaine Science Références
Jurisprudence Fiqh — الفقه Hanafite, mâlikite, chaféite, hanbalite
Croyance ‘Aqîda — العقيدة Acharite, mâtouridite et autres orientations doctrinales
Éducation spirituelle Taṣawwuf — التصوف Les voies spirituelles, dont la Ṭarîqa Tidjâniyya
La jurisprudence concerne les règles de la pratique religieuse et les jugements relatifs aux actes.
La croyance concerne les fondements doctrinaux de la foi.
L’éducation spirituelle concerne la purification de l’âme, l’éducation du cœur, la sincérité et le cheminement du serviteur vers la satisfaction d’Allâh.
Ces trois domaines sont distincts, mais peuvent être complémentaires dans la formation religieuse et spirituelle du croyant.
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L’OBJECTIF DE NOTRE ENSEIGNEMENT
Notre intention, à travers cette présentation, est de permettre à nos disciples de connaître les quatre grandes écoles juridiques de l’Islam sunnite, leurs fondateurs, leurs fondements et leurs méthodes.
Nous souhaitons leur transmettre une connaissance qui les aide à comprendre les raisons des divergences entre les savants, sans que ces divergences deviennent des causes de division.
Il ne s’agit pas de comparer les quatre écoles dans le but d’en dénigrer certaines ou de prétendre qu’une seule d’entre elles détient l’ensemble du savoir religieux.
Il s’agit de reconnaître le travail accompli par les grands imams et les générations de savants qui ont transmis leurs enseignements.
Pour notre Zaouïa, cette connaissance doit également renforcer notre attachement conscient à l’école mâlikite, tout en nous apprenant à reconnaître et à respecter les autres écoles juridiques sunnites.
Connaître notre école, comprendre les autres, respecter les savants et rechercher la satisfaction d’Allâh, l’Adoré : telle est l’orientation de cet enseignement.
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Partie à venir :
L’imam Abû Ḥanîfa — Sa vie, sa science et les fondements de son école juridique
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Ô Allah, prie sur notre maître Muhammad, qui a ouvert ce qui était fermé, qui a clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, et le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon la mesure de son immense valeur et de son rang sublime.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
