`Aïcha, fille d’Abu Bakr, qu’Allah soit satisfait d’elle. 4e partie

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Le rang Unique de Aïcha, qu’Allah soit satisfait d’elle.

Aïcha (qu’Allah l’agrée) est, indiscutablement, l’un des plus grands professeurs que l’Islam ait produits. Elle appartient à l’ensemble des théologiens illustres qui ont continué le travail et la mission du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) après sa mort, en interprétant et transmettant ses enseignements. Parmi les hommes, plusieurs noms pouvaient prétendre cette distinction, mais parmi les femmes, Aïcha (qu’Allah l’agrée) était la seule.

Pendant neuf années, elle partagea sa vie avec le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), recevant plus d’attention que les autres épouses. Avec ses dons naturels extraordinaires, Aïcha en tira les meilleurs profits.

L’islam est un code de vie complet qui guide les pas des croyants dans tous les domaines d’activité humaine. Les femmes ont leurs problèmes particuliers. En tant que femmes et mères, elles doivent remplir des devoirs différents de ceux des hommes.

C’était à travers ses femmes que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a transmis ses enseignements au monde féminin. Aïcha (qu’Allah l’agrée) est facilement devenue la source la plus sûre de ses enseignements. Aïcha (qu’Allah l’agrée) était dotée d’une mémoire étonnante, à laquelle peut s’ajouter une habituelle observation attentive. Tout cela lui permettait de décrire en détail les expériences remontant aussi loin que son enfance. Ces qualités firent de Aïcha (qu’Allah l’agrée) une autorité très importante de la loi islamique.

Les sources ultimes de la loi en Islam sont le Coran et la Sunna. Plusieurs chapitres du Coran furent révélés dans la chambre d’Aïcha (qu’Allah l’agrée). Son observation attentive et sa mémoire étonnante lui permirent de mémoriser les faits et les dires du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) en différentes occasions. Tous ces faits faisaient que son opinion sur les points de la loi était très respectée. En voici quelques exemples :

À la mort de Saad ibn Abou Waqqas, Aïcha (qu’Allah l’agrée) suggéra que sa prière funéraire soit lue dans la mosquée du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Les gens y firent une objection. « Les gens ont une mauvaise mémoire ! s’exclama Aïcha (qu’Allah l’agrée). Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a fait celle de Saïd Sohail ibn Baidha dans cette mosquée. »

Une fois, quelques Compagnons racontèrent aux gens que les pleurs et les lamentations des parents ajoutent quelque chose au châtiment de la personne morte. Ils citèrent un hadith du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à l’appui. Quand la question fut rapportée à Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle dit : « Qu’Allah leur pardonne ! Ils n’ont pas menti, mais ils ont oublié ou mal compris. Le fait réel est qu’un jour le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) passa à côté d’une procession funéraire d’une juive dont les parents pleuraient et gémissaient. À cela, il fit cette remarque : « Ces gens hurlent et elle subit le châtiment ». »

Une fois, le Compagnon très connu Abu Hourayra (qu’Allah l’agrée) dit aux gens : « Si quelqu’un prie et qu’une femme, ou un âne, ou un chien passe devant lui, sa prière est annulée. » Quand ce récit arriva aux oreilles de Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle s’exclama : « Quoi ! Veut-il dire qu’une femme ne vaut pas mieux qu’un âne ou un chien ? Ma chambre était si petite que mon bistarah (matelas) se trouvait juste en face du tapis de prière du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Quand il priait, j’étais allongée dans mon lit, mes pieds pendillant au-dessus de son tapis. Quand il allait se prosterner, il touchait mes pieds et je les retirais. Je les tendais de nouveau après cela. Il m’arrivait quelques fois par nécessité de passer devant lui pendant qu’il priait. »

Cette explication amena Abu Hourayra (qu’Allah l’agrée) à retirer ce qu’il avait dit.

Aïcha (qu’Allah l’agrée) vécut un demi-siècle après le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). La période qui suivait sa mort était la période des Compagnons qui avaient quelques difficultés à se diriger à partir du Coran et de la Sunna. Les Compagnons-chefs moururent un par un. Il y eut alors une génération qui n’avait pas de connaissances personnelles sur la façon de vivre du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Seule une poignée de Compagnons qui étaient très jeunes à la mort du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), était les porte-flambeaux de la connaissance, pour cette génération. Abdullah Ibn Omar, Abdullah Ibn Abbas et Aïcha (qu’Allah les agrée) appartenaient à ce groupe.

L’amour pour la vérité.

Aïcha (qu’Allah l’agrée) avait une telle passion pour la vérité que comme son illustre père, elle reçut le titre de « Véridique ». Elle n’a jamais hésité de déclarer que ce qu’elle pensait était la vérité. Pour rien au monde, elle n’aurait abandonné son devoir envers Dieu et les hommes.

Les Califats d’Abu Bakr et d’Omar (qu’Allah les agrée) furent des périodes d’harmonie interne. Les musulmans combattaient les ennemis étrangers et devaient se serrer les rangs. Pendant le Califat d’Othman (qu’Allah l’agrée), la situation changea. L’ère de conquête prit fin. Les gens commencèrent à exprimer le désir de vivre une vie aisée et confortable. Des querelles réciproques commencèrent, des rivalités oubliées refirent surface. Des redistributions inégales des biens produisirent une multitude de maux sociaux. La main du Calife âgé était trop faible pour mettre un terme à cela.

Comme des sentiments d’insatisfaction et d’inquiétude grandissaient, on recherchait la sérénité de Médine. Ceux qui avaient des plaintes s’adressèrent aux Compagnons et aux Mères des Croyants (qu’Allah les agrée). Aïcha (qu’Allah l’agrée) était parmi ceux qui considéraient comme capables d’améliorer les choses. Elle déclara très vite sa désapprobation de la politique d’Othman (qu’Allah l’agrée). Cependant, elle était strictement contre la violence. Quand Oushtar Nakhi, le chef rebelle suggéra que Othman fut tué, elle exprima son horreur. Son propre frère Mohamed agissait contre le Calife. Elle le supplia de ne pas utiliser des méthodes illégales et le pria de l’accompagner à la Mecque pour le Pèlerinage. Mais il refusa d’accepter ce conseil.

L’assassinat d’Othman (qu’Allah l’agrée) a tellement secoué Aïcha (qu’Allah l’agrée) qu’elle exprima ouvertement sa haine pour cet acte, en des termes violents. Elle fut même décidée de marcher su Bassora à la tête d’une armée. Rien d’autre qu’un profond sens du devoir l’amena à tirer l’épée contre Ali (qu’Allah l’agrée). Elle a été absente de Médine pour quelque temps et ses points de vue sur les tragiques incidents dans la capitale étaient basés sur les récits de Talha et Zoubeïr (qu’Allah les agrée). Naturellement, elle dut faire confiance aux récits de ces témoins oculaires. Aussi, la solution qu’elle avait choisie n’était pas celle de son propre choix. Cependant, au moment où elle réalisa son erreur, elle ne perdit pas de temps à la confesser. Elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour se corriger. Une fois, quelqu’un lui demanda : « Qui le Prophète aime-t-il le plus ?

-Fatima ! fut la réponse.
-Et parmi les hommes ?
-Son mari Ali qui était le premier pour les prières et pour le jeûne. »

Les dix-huit dernières années de la vie de Aïcha (qu’Allah l’agrée) ont été vécues sous l’autorité de Mou’awiyah (qu’Allah l’agrée). Contrastant avec le Califat des quatre Califes bien guidés, celui de Mou’awiyah (qu’Allah l’agrée) était un cas particulier. Aïcha (qu’Allah l’agrée) n’a jamais hésité à déclarer la vérité. Hajr Ibn Abdi, un Compagnon (qu’Allah l’agrée), vivait à Koufa. Il était un partisan d’Ali (qu’Allah l’agrée). Le gouverneur de Koufa l’arrêta et l’envoya à Damas. Quand Aïcha (qu’Allah l’agrée) apprit cela, elle envoya immédiatement un homme à Mou’awiyah (qu’Allah l’agrée), lui demandant de ne pas gêner Hajr. Cependant, Hajr fut tué avant que le messager n’arrive. Quand Mou’awiyah (qu’Allah l’agrée) visita Médine par la suite, la première question que Aïcha (qu’Allah l’agrée) lui posa fut celle-ci : « Mou’awiyah ! Qu’est-il arrivé à votre prudence au sujet de Hajr ? »

La guerre civile qui suivit l’assassinat d’Othman (qu’Allah l’agrée) divisa les musulmans en trois groupes. Les habitants de l’Iraq et de l’Égypte disaient du mal d’Othman (qu’Allah l’agrée) et de ses parents. Ceux de Syrie en faisaient de même pour Ali (qu’Allah l’agrée). Les Kharijites haïssaient les deux groupes. Regrettant cet état des choses, Aïcha (qu’Allah l’agrée) fit cette remarque : « Allah ordonne dans le Coran de demander Sa miséricorde et Ses bénédictions pour les Compagnons du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), mais ces gens jettent des malédictions sur eux ! »

Une fois, Mou’awiyah écrivit à Aïcha (qu’Allah les agrée), lui demandant un conseil. Elle lui donna cette réponse : « J’ai entendu le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dire : « Celui qui essaie de contenter Allah, ne se souciant pas du mécontentement des gens, sera protégé contre la méchanceté des gens. Mais celui qui contente les gens au prix du mécontentement d’Allah sera abandonné par Allah à la merci des gens. »

Pendant sa vie, Mou’awiyah (qu’Allah l’agrée) commença à faire prêter serment d’allégeance à son fils Yazid. Aïcha (qu’Allah l’agrée) n’apprécia pas cela. Abdullah Ibn Zoubeïr (qu’Allah les agrée) et quelques autres chefs s’opposèrent sans peur à cette proposition. Quand, lors d’une visite à Médine, Mou’awiyah s’en plaignit à Aïcha (qu’Allah l’agrée), elle répondit : « Faites ce qui vous semble être bon ! Je demande une seule chose : ne forcez pas ces hommes à agir contre leur gré ! »

Un grand Professeur.

L’islam insiste beaucoup sur l’importance de l’éducation. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui-même était le plus grand professeur de l’histoire. Il voulait que l’éducation se répande. Pour cela, il rassembla toutes les personnes de talent et d’une grande vertu et les forma spécialement, pour travailler comme professeurs après lui. Aïcha (qu’Allah l’agrée) était l’un de ces professeurs.

Sa propre éducation et instruction commencèrent à l’âge de neuf ans, quand elle arriva chez le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elles continuèrent jusqu’à ses dix-huit ans. Cela fit d’elle un des plus grands professeurs de son siècle. Elle vécut jusqu’à l’âge de 67 ans, assez longtemps pour aider les gens à trouver des solutions à des problèmes d’une période si différente de celle du début de l’Islam. Elle partageait cette distinction avec de grands maîtres comme Abdullah Ibn Omar, Abdullah Ibn Abbas, Abu Hourayra et Zaïd ibn Thabit (qu’Allah les agrée). Ces professeurs célèbres firent de Médine, le plus grand centre d’étude du monde. L’école de Aïcha (qu’Allah l’agrée) était considérée comme le siège le plus important du savoir.

Aïcha (qu’Allah l’agrée) continua à dormir encore quelque temps dans la chambre du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), à côté de sa tombe. Une nuit, elle le vit en rêve. Le lendemain, elle emménagea dans la chambre voisine. Au cours du temps, la chambre devint le centre le plus important de l’éducation. En face de la porte, il y avait un rideau. Aïcha (qu’Allah l’agrée) s’asseyait derrière le rideau. Des filles, des garçons et les hommes pour lesquels elle n’avait pas à observer le voile, entraient dans la pièce et s’asseyaient en face d’elle. Les autres prenaient place dans la cour de la mosquée, près du rideau.

La méthode d’enseignement adoptée était une combinaison de conversation et de discussion. Quelquefois, elle parlait d’un sujet et les autres écoutaient. À la fin de l’exposé, on posait des questions et on y répondait. Quelquefois, la leçon prenait la forme de questions posées par les élèves et de réponses détaillées, données par le professeur. En d’autres occasions, on commençait une discussion, les élèves et le professeur y prenant part librement. Aïcha (qu’Allah l’agrée) veillait bien à la prononciation et à l’accent. Les fautes étaient corrigées immédiatement.

Quelques-uns des adultes assistaient aux cours de temps en temps. La plupart des garçons et filles, cependant, étaient des étudiants réguliers. Les orphelins de Médine bénéficiaient d’une attention spéciale de la part de Aïcha (qu’Allah l’agrée). Elle s’occupait de toutes leurs dépenses. Les personnes qui avaient eu le privilège d’étudier avec Aïcha (qu’Allah l’agrée) surpassaient leurs camarades.

Aïcha (qu’Allah l’agrée) était la plus gentille avec ses élèves que leurs propres mères. Elle en adopta quelques-uns.

Son amour et son attention pour ses élèves étaient tels que sa propre famille les enviait. Elle aimait chèrement son neveu Abdullah Ibn Zoubeïr (qu’Allah les agrée). Mais il enviait quand même Aswad, un élève prometteur de Aïcha (qu’Allah l’agrée). Ses élèves aussi avaient la plus grande estime pour elle.

Le nombre d’élèves qui profita de son éducation se comptait par centaines. Rares étaient les savants en hadiths qui n’avaient pas bénéficié directement de ses connaissances. Les plus grands noms parmi eux sont :

Orwa frère d’Abullah ibn Zoubeïr et neveu de Aïcha (qu’Allah les agrée). Il fut élevé par elle. Il était en passe de devenir le premier savant de Médine.

Qacim, un autre neveu de Aïcha (qu’Allah les agrée). Il était le fils de son frère Muhammed. Étant devenu orphelin, elle l’éleva. Il était en passe de devenir un grand savant de la loi islamique.

Abu Salma, fils d’Abdrahman Ibn Aouf (qu’Allah l’agrée) lui aussi était orphelin et fut élevé par Aïcha (qu’Allah l’agrée). Il était en passe de devenir un grand savant en hadith.

Masrouq, le jeune d’Iraq que Aïcha (qu’Allah l’agrée) avait adopté. Il devint plus tard, l’autorité principale de la loi islamique en Iraq.

L’imam Nakhi, d’Iraq. Les autres étudiants iraquiens enviaient sa chance d’avoir étudié avec Aïcha (qu’Allah l’agrée).

Omerah bint Abdrahman, une fille Ansari (qu’Allah l’agrée). Elle était l’élève la plus brillante parmi les filles, et très aimée de Aïcha (qu’Allah l’agrée). C’était elle qui écrivait les lettres de Aïcha (qu’Allah l’agrée). Les hadiths rassemblés par le Calife Omar ibn Abdul Aziz (qu’Allah l’agrée) pendant son règne étaient scrupuleusement examinés par Omerah (qu’Allah l’agrée).

Aïcha (qu’Allah l’agrée) accomplissait régulièrement le Hadj chaque année. Pendant le Hadj, sa tente devenant l’endroit le plus inspirant dans l’immense assemblée. Les gens de différents pays se pressaient vers cette tente pour trouver des réponses à leurs questions. Aïcha (qu’Allah l’agrée) était extrêmement polie envers les gens. Si quelqu’un hésitait à poser une question, elle disait : « Vous pouvez librement me poser n’importe quelle question que vous poseriez à votre propre mère ! »

La mort de Aïcha (qu’Allah l’agrée).

Même quand elle était âgée, Aïcha (qu’Allah l’agrée) continuait à servir l’islam et les musulmans avec la même vigueur. Elle devenait si chère au cœur du peuple qu’elle fut la personne la plus aimée et la plus respectée de son temps.

Dans le mois de Ramadan de l’an 58 de l’hégire, Aïcha (qu’Allah l’agrée) tomba soudainement malade. Les jours passèrent et sa condition s’aggravait. Les gens accouraient pour prendre des nouvelles de sa santé.

Le célèbre compagnon et cousin du Prophète, Abdullah Ibn Abbas (qu’Allah les agrée) lui rendit un jour visite. Elle hésitait à le recevoir, car elle avait peur qu’il commence à faire des éloges sur ses services rendus à l’islam. Poussée par ses neveux, elle le reçut.

Après quelques informations sur sa santé, le visiteur commença à faire des compliments à la mère des Croyants. « Tu étais la femme préférée du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). À cause de toi, Allah a révélé les versets se rapportant au Tayammum ; des versets du Coran parlent de la pureté de ton caractère. Ces versets sont aujourd’hui récités dans les mosquées, jour et nuit ! »

« Ibn Abbas ! dit-elle, d’une voix faible, n’en dit pas plus. Je souhaite n’être jamais née ! » (Se remémorant le fardeau de la Bataille du Chameau)

Quand sa fin était proche, Aïcha (qu’Allah l’agrée) dicta sa dernière volonté : « Ne m’enterrez pas dans mon ancienne maison, au côté de mon mari, car j’ai commis une faute. Enterrez-moi dans le cimetière de Médine, aux côtés des autres femmes ! Enterrez-moi la nuit, n’attendez pas le matin ! »

Quelqu’un suggéra : « Il serait préférable de vous enterrer là où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et votre père Abu Bakr reposent ! » « Dans ce cas, dit Aïcha (qu’Allah l’agrée), toute ma repentance aura été vaine et je devrais me repentir à nouveau. »

Au soir du 17 Ramadan, Aïcha Siddiqa, la Véridique (qu’Allah l’agrée), mourut paisiblement. Elle avait 67 ans. La prière venait de se terminer quand la nouvelle se répandit dans la ville. Elle affligea tout le monde. Des foules se rassemblèrent dans les rues.

« Hélas ! disait-on. Les gens viennent d’être privés du grand professeur, formé spécialement par le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui-même ! »

En accord avec sa volonté, Aïcha (qu’Allah l’agrée) fut enterrée dans le cimetière de Médine. Des milliers de personnes assistèrent à la prière funéraire qui fut dirigée par Abu Hourayra (qu’Allah l’agrée). Jamais auparavant dans l’histoire de Médine, des funérailles ne furent aussi largement assistés la nuit. Des foules énormes de femmes sortirent dans la rue, donnant à cette circonstance un aspect de recueil national.

Le personnage.

La vie de Aïcha (qu’Allah l’agrée) démontre à quel degré peut s’élever une femme musulmane. Avant l’avènement de la religion, une femme n’avait presque aucun droit. L’islam l’a soudainement élevée au plus haut sommet de la dignité humaine tout en insistant sur la douceur et la pureté de sa nature. L’exemple de Aïcha (qu’Allah l’agrée) montre comment cela peut se faire. Elle était rigoureuse au sujet du voile et du code moral et pourtant, elle a joué un rôle vital dans la vie sociale, religieuse et politique de son peuple.

Aïcha (qu’Allah l’agrée) était une femme pieuse. En plus des cinq prières obligatoires, elle s’attachait également aux surérogatoires et elle jeunait fréquemment même après le mois de Ramadan. Aïcha (qu’Allah l’agrée) observa toute sa vie le même état d’ascétisme que durant la vie du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle n’avait pas de passion pour les beaux vêtements. Elle n’avait qu’un seul ensemble à la fois. Quand il se déchirait, elle s’en procurait un autre. Aussitôt qu’elle recevait un peu d’argent, elle le distribuait aux pauvres. Une fois, Mou’awiyah (qu’Allah l’agrée) lui envoya 100 000 dirhams. Elle jeûnait ce jour-là. Elle les distribua immédiatement, sans rien garder pour elle. Le soir, elle n’avait rien à manger. « Pourquoi ne m’as-tu pas rappelé de garder quelque chose pour ce soir ? » dit-elle à la servante.

La malveillance n’est jamais entrée dans son cœur, bien que la provocation fût grande. Une fois, un Égyptien lui rendit visite : « Quel genre d’homme est votre gouverneur ? » demanda-t-elle. Il traite bien le peuple, fut la réponse.

« Quel que soit le traitement de cet homme envers mon frère Mohamed (Ibn Abu Bakr), fit remarquer Aïcha (qu’Allah l’agrée), je ne peux pas m’empêcher de déclarer que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit en ma présence : « Ô Allah ! Si un gouverneur est très dur envers son peuple, alors toi aussi, sois dur envers lui. Mais s’il est bon envers son peuple, alors Toi aussi sois bon envers lui. »

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani