Dame Zaynab, petite-fille du Prophète (sas)
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
La biographie de Dame Zaynab, la petite fille du Prophète (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance)
Sa Naissance Dans Une Famille Bénie
Durant le mois de Joumada-al-Awwal de l’an 5 A.H., Médine attendait une bonne nouvelle venant de la noble demeure du Messager (Paix et bénédictions sur lui sa descendance). Après la naissance d’al-Hasan et d’alHusayn, Dame Fatimah al-Zahra et Ali Ibn Abi Talib (Que le salut d’Allah soit sur eux) s’apprêtaient à accueillir un nouveau don d’Allah : Zaynab Bint Ali Ibn Abi Talib.
Aussitôt que Dame Fatimah al-Zahra donna naissance à sa fille bénie, Dame Asmaa Bint Umays prit la nouveau-née dans ses bras et, s’adressant à Dame Fâtimah, elle dit : « Ô fille du Messager d’Allah ! Elle te ressemble dans l’apparence et la beauté. La splendeur de la Prophétie est incarnée dans cette nouvelle née qui ressemble tellement à son frère Al-Husayn ! » Az-Zahra (Que le salut d’Allah soit sur elle) loua alors Allah et Le remercia de Sa grâce.
Dame Zaynab grandie dans la maison de la prophétie, de la lumière et de la guidance. Elle reçut une éducation spirituelle raffinée du côté de sa mère ; son père l’Imam Ali Ibn Abi Talib ne manqua pas de lui inculquer les bonnes mœurs ainsi que les valeurs de la dignité, de la chasteté et de la décence (Que le salut d’Allah soit sur eux). On rapporta qu’un jour, alors que la petite Zaynab était assise sur les genoux de son père (que le salut d’Allah soit sur lui) et que celui-ci jouait avec elle, il lui dit : « Dis « un » ». Alors elle dit : « Un ». Il lui demanda de dire « deux » mais elle se tut. L’Imam lui dit alors : « Vas-y chérie ! » Zaynab sourit et dit : « Ma langue qui a prononcé le « Un » (l’Unique) ne pourrait pas prononcer le « deux » » . L’Imam Ali (que le salut d’Allah soit sur lui) la serra alors dans ses bras et l’embrassa entre les yeux. Elle lui demanda aussi un jour : « Ô père, nous aimes-tu ? » Il répondit : « Comment voulez-vous que je fasse autrement alors que vous êtes le fruit de mon cœur ! » Elle dit alors : « Ô père, l’amour est pour Allah et la tendresse pour nous ».
On rapporta également qu’à l’âge de cinq ans, Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) cherchait déjà à devancer sa mère en se précipitant pour faire ses ablutions aux heures des prières, puis vers son sanctuaire pour prier avec elle. Dame Fâtimah al-Zahra (Que le salut d’Allah soit sur elle) la serrait alors tendrement dans ses bras et l’embrassait en lui disant : « Qu’Allah t’accorde le bien ainsi qu’à tes enfants pieux. Ma chère fille, comme si je te voyais défendre le droit par des arguments solides et une éloquence invraisemblable ».
La même année, Dame Zaynab perdit son grand-père, le Messager d’Allah
(Paix et bénédictions sur lui et sa descendance). Son décès enveloppa les musulmans d’un voile de deuil et un climat de tristesse régna dans la maison prophétique. Faisant l’adieu au Prophète, son père l’Imam Ali (Que la Paix soit sur lui) dit : « Toute patience est belle sauf vis-à-vis de toi et toute impatience est mauvaise sauf à ton endroit. Notre malheur en ta perte est immense ; et notre misère avant et après toi est infinie ». Sa mère, Dame Fatimah al-Zahra (Que le salut d’Allah soit sur elle) fut à son tour rappelée par son Créateur quelques mois plus tard.
C’est ainsi qu’en perdant très tôt sa mère, elle apprit le sens de la responsabilité, de la fermeté et fut bien consciente des grands événements qui se déroulèrent à l’époque des Califes. Durant le califat d’Oumar Ibn AlKhattab (qu’Allah l’agrée), Dame Zaynab épousa Abd Allah Ibn Ja’far Ibn Abi Talib (Que le salut d’Allah soit sur eux). Leur noce eut lieu à Médine alors que l’armée musulmane venait de réaliser de grandes victoires dans ses conquêtes en Iraq et au Damas. De grands Compagnons comme Abu Dharr Al-Ghifari et Salman Al-Farisi (qu’Allah les agrée) fêtèrent tous cette occasion bénie. Ce mariage donna naissance à quatre fils Ali, ‘Abbas, ‘Awn et Muhammad, ainsi qu’à une fille Umm Kulthûm. ‘Awn et ‘Abbas fut tombée en Martyre le jour d`Achoura l`an 61 de l’Hégire.
La vie de Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) ne peut être abordée sans mention des événements de Karbala’ et du malheur qu’encoururent les descendants du Prophète (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance) pendant et après cette bataille qui affligea le cœur de tout croyant. En 61 A.H., l’Imam al-Husayn, accompagné par les descendants du Prophète (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance) dont Dame Zaynab, partit pour alKoufa à la demande de ses habitants voulant se révolter contre le calife Yazîd Ibn Mu`awiyah. À l’époque, ce dernier était un Calife connu pour son despotisme, son injustice et sa perversion.
Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) ne cacha pas son inquiétude pour son frère qui risquait ainsi de se faire tuer, en comptant surtout sur des gens ayant autrefois manqué à leur promesse de soutenir son père. Bien que consciente du danger qui menaçait la vie de l’Imam al-Husayn (Que la Paix soit sut lui), elle choisit de l’accompagner et de le soutenir dans cette épreuve. Sur le chemin du convoi béni vers al-Koufa, Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) dit à son frère : « J’ai entendu (dans mon rêve) ce soir un appel me disant :
« Ô les yeux, préservez donc quelques efforts, sinon, qui pleurera les martyrs après ?
Qui pleurera sur ces gens conduits par leur sort, vers la réalisation d’une promesse faite avec mesure ? »
L’Imam al-Husayn (Paix et bénédictions sur lui) répondit alors : « Ô sœur, toute chose prédestinée arrivera ».
Le convoi étant arrivé à Karbala, Abd Allah Ibn Ziyad, à l’époque gouverneur de Bassora et d’al-Koufa, dépêcha sous la direction de Umar Ibn Saad une armée de quatre mille soldats afin de combattre l’Imam. Les gens d’al-Koufa ayant manqué à leur promesse, al-Husayn (Que le salut d’Allah soit sur lui) n’avait de son côté que 72 partisans, dont 18 membres de la famille du Prophète (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance), en plus d’un groupe de personnes qui préféra le martyre dans le camp de l’Imam. Entendant arriver de loin l’armée d’Ibn Saad, Dame Zaynab alla chercher son frère et le trouva la tête sur les genoux. Elle s’approcha de lui et le réveilla, alors il leva les yeux vers elle et lui dit : « J’ai vu le Prophète (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance) en songe et il m’a dit : « Tu viendras chez nous ». » Émue, Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) cria : « Ô malheur à moi ! » Alors il répondit : « Le malheur n’est guère à toi, ma sœur. Calme-toi, qu’Allah te fasse miséricorde ».
L’Imam al-Husayn (Que la Paix soit sut lui), le petit fils du Messager miséricordieux, avait demandé à ses compagnons de retourner chez eux, sains et saufs, accompagnés des femmes et des enfants, et de le laisser faire face aux injustes, seul. Mais ses vaillants partisans jurèrent de ne point l’abandonner et de le défendre corps et âme aussi longtemps qu’ils seront de ce monde.
La veille de la bataille de Karbala, Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) entendit son frère composer des vers tristes décrivant la médiocrité de l’ici-bas. Elle se tourna vers lui et dit : « Mon frère, ce sont les paroles de celui qui sait qu’il sera certainement tué ! » Il répondit alors : « Oui ma sœur ». Elle pleura disant : « Ô combien grande est ma perte, ô combien grande est ma tristesse. Si seulement la mort m’arrachait la vie ! Ô mon Husayn, Ô mon maitre, Ô celui qui me reste parmi ma famille, tu te présentes à tes assassins et perds tout espoir dans cet ici-bas. C’est seulement aujourd’hui que mourut mon grand-père le Messager d’Allah (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance). C’est aujourd’hui que mourut ma mère Fatimah et mon père Ali et mon frère al-Hasan ». Al-Husayn (Que le salut d’Allah soit sur lui) la regarda et essaya de la calmer en lui disant : « Ma sœur, que Satan ne vole pas ta clémence, garde donc la patience qu’Allah conseilla. Sache que tous les habitants de la terre mourront, que les habitants des cieux ne resteront pas et que toute chose périra à part la Face d’Allah Qui créa les créatures par Sa Puissance, Qui les ressuscitera, leur rendra la vie et Qui est l’Unique. Mon grand-père est mieux que moi, mon père est mieux que moi, ma mère est mieux que moi, mon frère est mieux que moi. Nous sommes tous censés prendre le Messager d’Allah (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance) comme modèle ». Puis il dit : « Si le soir on laissait le ganga (sorte de pigeon) tranquille, il dormirait ». Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) dit : « Malheur à moi Husayn, tu te laisses prendre par tes ennemis. Ceci est plus brisant pour mon cœur et plus dur pour moi ».
Le combat commença ; les descendants du Prophète (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance) tombèrent en martyrs l’un après l’autre sous les yeux de Dame Zaynab. Voici ‘Ali, le fils de l’Imam al-Husayn combattant bravement aux côtés de son père jusqu’à ce qu’il fût épuisé et cria : « Ô père la soif me tue et la lourdeur du fer m’épuise ». Les larmes de l’Imam coulèrent et il répondit : « Patience, un peu de courage et bientôt sera la rencontre avec ton grand-père Muhammad (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance), alors il te donnera à boire de sa coupe la plus noble ». Quelques instants et Dame Zaynab vit les soldats porter vers sa tente, le corps de son neveu. Aussitôt que ses yeux tombèrent sur cette scène, elle sortit de sa tente, se dirigea vers `Umar Ibn Sa`d et lui dit : « Ô Umar, tue-t-on Abû Abd Allah alors que tu restes spectateur ?! » Les larmes aux yeux, `Umar ne supporta pas ses paroles et tourna son visage ailleurs. Voyant à la fin de la bataille al-Husayn assassiné et ses deux fils martyrisés, Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) s’écria : « Ô Muhammad ! Que le Seigneur du ciel t’accorde la paix, voici Husayn par terre, membres mutilés, et voici tes filles emprisonnées. À Allah est ma complainte, à Muhammad, à Ali al-Murtada, à Fatimah al-Zahra et à Hamzah maître des martyrs ».
Voyant la tête de son frère portée sur les lances des hypocrites, Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) dit : « Ô croissant qui, aussitôt devenu parfaitement abouti, fut injustement éclipsé et périt… Frère de mon cœur, je n’ai guère imaginé que telle sera ta destinée. »
Elle s’adressa ensuite aux gens d’al-Koufa qui s’étaient rassemblés pour voir le convoi triste conduit vers `Abd Allah Ibn Ziyad, et dit : « Louange à Allah et paix et bénédictions sur mon père Muhammad et sur sa descendance pieuse et bienfaisante. Ô gens d’al-Koufa, gens de la tromperie et de la duperie, pleurez-vous ? Que vos larmes ne cessent de couler et que votre douleur ne cesse de vous peiner. Vous êtes comme celle qui défit brin par brin sa quenouille après l’avoir solidement filée en prenant vos serments comme un moyen pour vous tromper les uns les autres. Malheur à vous, gens d’alKoufa, savez-vous quel proche parent du Prophète avez-vous attaqué et quel sang lui avez-vous effusé ? Vous avez certes commis une chose abominable. Peu s’en faut que les cieux ne s’entrouvrent, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s’écroulent. Que la clémence d’Allah ne vous enorgueillisse, car votre Seigneur est à l’affût ».
À l’arrivée du convoi au palais de Abd Allah Ibn Ziyad, ce malheureux criminel dit avec réjouissance et fierté : « Louange à Allah qui vous a scandalisé, vous a tué et a démenti vos histoires. » Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) prit alors la parole et répondit : « Louange à Allah qui nous a honorés par Son Messager (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance) et qui nous a parfaitement purifié des vices. Allah ne scandalise que le pervers et ne dément que le vicieux qui est autre que nous. » Ibn Ziyad lui demanda alors : « N’as-tu pas vu ce qu’Allah fit de ta famille et de ton frère ? ». Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) dit : « Je n’ai vu que le bien. Ce sont des gens qu’Allah enregistra comme martyrs et les voici martyrisés. Allah vous rassemblera un jour et l’on verra à qui sera la victoire ». Il s’exclama alors : « Quel courage ! Ton père était un poète courageux ». Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) répondit : « Fils de Ziyad, de quel courage parles-tu ? Le courage n’est aucunement mon souci. Cela m’étonne que l’assassinat de tes Imams te soulage alors que tu es bien conscient de leur vengeance dans l’au-delà ».
Remarquant un jeune homme parmi les prisonniers, `Abd Allah Ibn Ziyad se renseigna sur son identité. Apprenant qu’il s’agissait de Zayn al-`Abidîn, le fils d’al-Husayn, Ibn Ziyad voulut le tuer, sauf que Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) le défendit farouchement disant : « Tu as suffisamment effusé notre sang et tu t’en es abreuvé ! Nous as-tu laissé que lui ? Par Allah, je ne me séparerai guère de lui. Si tu veux le tuer, tue-moi donc avec lui ! » C’est ainsi que, grâce à la bravoure de Dame Zaynab, Zayn al`Abidîn (Que le salut d’Allah soit sur lui) fut le seul survivant de Karbala’ parmi la progéniture de l’Imam al-Husayn (Que la Paix soit sut lui).
Le convoi fut ensuite envoyé vers la Syrie où siégeait Yazîd Ibn Mu`awyah. Dans son palais, Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) ne craignit pas non plus de lui adresser ces paroles : « Louange à Allah, Seigneur des mondes et paix et bénédictions sur son Messager et sa descendance pieuse. Penses-tu Yazîd qu’en nous infligeant une défaite et qu’en nous conduisant comme prisonniers, Allah nous aurait humiliés et qu’Il t’aurait honoré ? Patience ! As-tu oublié la parole d’Allah (Exalté soit-Il) : « Que les incroyants ne voient pas un avantage dans le sursis que nous leur donnons. Ce sursis ne sert qu’à accroître leur péché. À eux la honte du tourment… » Allah te suffira comme juge, Muhammad (Paix et bénédictions sur lui et sa descendance) comme adversaire et Gabriel comme opposant… Qu’Allah nous rétribue, et réforme notre Califat, Il est certes le Tout Miséricordieux ». Yazîd ne put commenter ce que lui adressa Dame Zaynab et lui proposa de l’argent. Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) répondit : « Ô combien dur est ton cœur Yazîd ? Tu tues mon frère et tu me proposes de l’argent ? Par Allah, cela ne sera jamais ! ».
Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) fut ensuite envoyée à Médine. Aussitôt arrivée, elle se dirigea vers le tombeau de son grand-père. On rapporte l’avoir vue accrochée à la porte de la mosquée du Prophète (prière et salut sur lui), les larmes coulant sur les joues, appelant : « Ô grand-père je t’annonce le martyr de mon frère al-Husayn ». Elle se mit ensuite à raconter aux habitants de Médine les événements amers qui se déroulèrent à al-Koufa. Ceci suscita l’inquiétude du gouverneur de Médine qui avertit Yazîd contre le danger de sa présence dans les terres saintes. On demanda alors à Dame Zaynab (Que le salut d’Allah soit sur elle) de choisir une autre contrée que celle de son grand-père pour s’y installer. Il y a divergence pour ce qui est du choix de la noble dame, certains narrateurs rapportent qu’elle a choisi le Cham (Damas) et d’autres ont rapportés qu’elle a émigrée vers l’Égypte (Que le salut d’Allah soit sur elle).
Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
