Mariage après une fornication : repentir et délai d’istibrâ’ avant le nikah selon le rite malikite
As-salâm ‘alaykoum,
Je souhaite obtenir, si possible, une réponse précise selon l’avis de référence du rite malikite.
Mon fiancé et moi sommes tous les deux célibataires et avons commis la fornication avant notre mariage. Nous souhaitons nous repentir sincèrement, arrêter définitivement les rapports interdits et nous marier ensemble. Je suis consciente de la gravité de ce péché et de l’obligation du repentir ; ma question concerne précisément le délai à respecter avant le nikah.
Notre dernier rapport date du 07/08/26. Il n’y a eu aucun autre rapport depuis
Depuis ce dernier rapport, j’ai eu 2 menstruations complètes. Je ne suis pas enceinte à ma connaissance. Notre mariage civil est prévu début novembre 2026 et notre nikah le même jour
J’ai trouvé deux réponses différentes : certains savants parlent d’une seule menstruation d’istibrāʾ, tandis que la position classique malikite semblerait en demander trois.
Pourriez-vous me préciser :
- Dans notre situation, faut-il attendre une ou trois menstruations avant le nikah ?
- Le fait d’épouser le même homme avec lequel la fornication a été commise change-t-il le jugement ?
- Le délai commence-t-il au dernier rapport ou seulement au moment du repentir sincère ?
- Les menstruations déjà écoulées depuis le dernier rapport peuvent-elles être comptées ?
- Pendant ce délai, faut-il interrompre absolument tout contact ou seulement les rapports et comportements interdits, en conservant des échanges encadrés pour préparer le mariage ?
- L’avis d’une seule menstruation est-il un avis valable que nous pouvons suivre dans notre cas ?
Je ne cherche pas simplement l’avis le plus facile, mais à savoir précisément quelle règle respecter afin que notre nikah soit valide. Si possible, pourriez-vous également indiquer la référence malikite sur laquelle repose votre réponse ?
BarakAllahu fikoum pour votre temps et votre discrétion.
Réponse de l’imam prêcheur Cheikh Mohammed el Hadi Litim
Au nom d’Allah, louange à Allah, et que la prière et la paix soient sur le Messager d’Allah.
Ceci étant dit,
La fornication (zina) est une désobéissance et un péché grave. Elle fait partie des grands péchés interdits par la loi islamique.
Allah, le Très-Haut, dit : « Et ne vous approchez pas de la fornication. C’est certes une turpitude et quel mauvais chemin ! »
Celui qui commet ce péché doit se repentir d’un repentir sincère.
Si, à Dieu ne plaise, une personne tombe dans cette turpitude et commet la fornication avec une femme, puis souhaite ensuite l’épouser, les savants posent comme condition le repentir sincère. Celui-ci doit être véritablement accompli, avec ses conditions et ses éléments : regretter le péché, cesser immédiatement de le commettre et avoir la ferme résolution de ne pas y retourner à l’avenir.
Dans cette situation, les savants exigent également l’istibrâ’, c’est-à-dire l’attente permettant de s’assurer que la femme n’est pas enceinte. Ils ont divergé quant à sa durée : selon les hanbalites, l’istibrâ’ correspond à une seule menstruation, tandis que selon les malikites, il correspond à trois menstruations ou à trois mois.
Ainsi, nous disons à la chère personne qui pose la question : si elle est en mesure d’attendre jusqu’à la troisième menstruation et que cela ne lui cause aucune difficulté concernant la date du mariage civil, il est préférable qu’elle le fasse.
En revanche, si cela entraîne une difficulté ou un préjudice, une ou deux menstruations suffisent.
Pendant cette période, bien entendu, les deux parties doivent suspendre toute forme de contact physique direct. En revanche, il n’y a pas d’empêchement à communiquer verbalement afin de préparer le mariage, puisque les deux parties se sont repenties devant Allah, se sont réformées et ont, si Allah le veut, remis leur situation en ordre. Elles ont également convenu de prendre un nouveau départ et de commencer sur des bases saines, à savoir un mariage religieux respectant ses conditions et ses piliers.
Il n’est donc pas interdit qu’elles restent en contact, mais elles doivent respecter les règles de la loi islamique : il ne doit pas y avoir de situation d’isolement à deux (khalwa), ni de conversations susceptibles d’exciter les désirs.
Concernant la question de savoir à partir de quel moment cette période doit être calculée — à partir du repentir ou à partir de la relation — elle est calculée à partir de la dernière relation, c’est-à-dire du dernier rapport sexuel entre les deux personnes. C’est à partir de cette dernière relation que la période doit être comptée.
Et Allah sait mieux ce qui est juste. C’est vers Lui que revient toute chose.
Qu’Allah guide les deux personnes vers ce qui est meilleur pour elles.
