Le compagnon et Khalife ‘Ali ben Abi Talib (qu’Allâh l’agrée)
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
‘Ali ben Abi Talib (ran)
Qu’Allah anoblisse son noble visage
Ali ibn abi talib (ran) a dit : « L’orphelin n’est pas celui qui a perdu ses parents. Non ! L’authentique orphelin est celui qui ne possède ni savoir, ni éthique.»
Surnommé par le Messager d’Allah (ran) Abou Tourab (père de la terre).
Sa généalogie (ran)
Il est Ali ben Abi Talib ben Abdel Moutalib ben Hicham ben Abdel Manaf ben Qoçaï ben Kilab ben Moura ben Ka’b ben Louay ben Gha’lib ben Fahr ben Malik ben Nadar ben Kinana ben Khazima ben Madrak ben Ilyès ben Madar ben Nazar ben Ma’d ben ‘Adnan.
Ali (ran) est né le 15 Rajab 600 ans après Jésus -Issa- (ran). Sa mère lui a donné le nom de Haydara, le lion, ce même nom attribué à son père Abi Talib, avant lui, et qu’il commua en Ali. Il était le cadet, puisque l’aîné était Dja’far, ensuite vint ‘Aqil et Talib…
Il est le cousin germain (ran) du Prophète d’Allah (sas). Son père, Abou Talib, était l’un des chefs les plus redoutés et les plus respectés, c’est le frère de ‘Abdallah, père de Mohammed, prophète d’Allah (sas). Il a élevé ce dernier après la mort de ses parents et celle de son père et grand-père du Messager d’Allah, Abdel Moutalib. Il l’emmena avec lui en Syrie pour l’initier au négoce. Il a toujours pris la défense de son neveu contre les Qoreich, jusqu’à sa mort.
Le Prénom de la mère de ‘Ali était Fatima bent Assad ben Hachim (ran), issue de la même famille que son époux.
L’Envoyé d’Allah (sas) dit à ses Compagnons, lorsqu’elle décéda : « Levez-vous pour ma mère ! » par considération et déférence pour elle.
Fatima bent Assad, épouse d’Abou Talib et mère d’Ali (ran) adopta l’Envoyé d’Allah (sas) et prit bien soin de lui. Elle ne le différencia jamais de ses propres enfants.
Le Messager d’Allah (sas) voyait en Fatima bent Assad, une seconde mère indulgente, aimante, prenant soin de lui, elle l’écoutait quand il parlait et répondait à ses instances. Fatima bent Assad (ran) fut parmi les premières à se convertir à l’Islam et à émigrer à Médine pour rejoindre l’Envoyé d’Allah (sas).
Après le mariage du Prophète d’Allah (sas) avec la mère des Croyants, Khadija (ran), il prit Ali à sa charge.
Il s’est converti à l’Islam un jour après la révélation, alors qu’il était âgé de neuf ans. Il a grandi dans la maison de la prophétie n’ayant jamais connu la vie païenne de ses ancêtres, ni celle de ses contemporains. Élevé par le Messager d’Allah (sas) en personne, il ne l’a jamais quitté, vivant d’une façon permanente à ses côtés. L’Envoyé d’ Allah (sas) l’aimait tellement que, au mois de Ramadan, 19 mois exactement après l’Hégire, il lui maria sa fille bien-aimée, Fatima-Zahra (ran).
En dépit de son jeune âge, Ali (ran) a toujours été présent dans toutes les réunions secrètes que le Messager d’Allah (sas) tenait avec ses Compagnons de la première heure, dans la maison d’Al Arqam (ran).
Sa physionomie (ran)
Ali (ran) était brun de peau, de taille moyenne, ayant de grands yeux noirs, qu’il soulignait avec du Kohl, une belle barbe, qu’il n’a jamais teinte. Il était chauve, bien portant avec de larges épaules, des bras et avant-bras musclés et vigoureux.
On rapporte que lors d’un combat, il souleva un cavalier de dessus sa monture et le jeta à terre. C’était un sportif accompli avec une démarche rapide, il s’élançait en guerre avec une fermeté extraordinaire. Il était d’un caractère plaisant, toujours aimable et souriant. Valeureux guerrier sans peur et sans reproche, il était à chaque duel le victorieux et le vaillant par excellence à l’encontre de tout adversaire.
Ali (ran) et les expéditions
Il fut présent dans toutes les expéditions conduites par le messager d’Allah (sas) à l’exception de celle de Tabouk aux frontières de l’Arabie. Il fut investi d’une mission de confiance, celle de veiller sur la famille du Messager d’Allah (sas) et la sienne à Médine.
Le Prophète d’Allah (sas) lui dit : « Est-ce que tu ne veux pas être pour moi, ce que Aaron était pour son frère Moïse ? Sache qu’il n’y aura plus de Prophète après moi» [Rapporté par Ahmed et Tirmidhi]
Ali (ran) et ses quelques mérites incomparables.
Le bien aimé Prophète (sas) a dit : « Ali est de moi et moi je suis de ALI. »
Il a dit aussi (sas) : « Tu es mon frère dans ce monde et dans l’au-delà » et encore « Celui qui a lésé Ali (ran) m’a personnellement lésé. » Et encore « Celui qui aime ALI (ran) m’aime, celui qui m’aime, aime ALLAH, celui qui déteste Ali (ran) me déteste et celui qui me déteste, déteste ALLAH. »
« Ali est toujours du côté du Coran et celui-ci est toujours du côté de ALI (ran). Les deux demeureront inséparables l’un de l’autre jusqu’au jour du jugement dernier. Le devoir des musulmans vis-à-vis d’ALI (ran) est comme celui du fils vis-à-vis de son père. »
Lors de la bataille de Badr
Lorsque le Messager d’Allah (sas) lui ordonna de relever le défi des Qouraïche, Ali (ran) tua du premier coup son adversaire, l’homme qui haïssait le plus l’Envoyé d’Allah (sas), Al Walid ben ‘Otba. Ali n’avait peur de rien même pas de la mort.
Lors de la bataille d’Ouhoud
Ali (ran) grâce à sa bravoure protégea le Prophète d’ Allah (sas) de sa personne. Il fut criblé de flèches ennemies. Il gisait avec plus de seize blessures sur son corps.
Ali (ran) et la Justice
Le bien aimé Prophète (sas) a dit à Ali (ran) : « Tu fais justice dans le monde, ayant les sept compétences suivantes : Personne d’entre les gens de Qouraïche n’est égal à toi en matière d’arguments. Tu es leur exemple quant à la foi en ALLAH le Très Haut. Tu es le plus fidèle d’entre eux pour le pacte en ALLAH le Très Haut. Tu es leur modèle d’impartialité et leur modèle de caractère majestueux auprès d’ALLAH. »
En matière de justice, il était la référence personnifiée. Le Calife ‘Omar ben Al Khattab (ran) se référait à lui, lors des cas très difficiles et litigieux.
Il arriva à Omar (ran) d’adresser à Allah le Très Haut cette supplication : « Ô Allah ! Fais en sorte que je ne sois pas confronté à un cas litigieux si Abou Al Hassan n’est pas présent.» [Rapporté par Saïd ben Al Moussayb]
Lors de son califat, Omar ben AI Khattab (ran) disait : « Je jure par Allah que c’est toujours toi, ô Ali qui me dit la vérité sur ce que je dois faire.»
On rapporte qu’un jour, Omar (ran) fut confronté à un cas litigieux et difficile, en présence de Ali (ran). Omar notifia un verdict erroné, Ali intervint et le corrigea, s’étant rendu compte de son erreur de jugement, Omar s’écria : « Si ce n’est l’intervention équitable de Ali, Omar aurait été perdu.»
Ali (ran) et la science
L’instruction que le Messager d’Allah (sas) avait prodiguée à Ali (ran), lui a permis d’acquérir une immense érudition. Sa proximité d’avec l’Envoyé d’Allah (sas) lui a procuré une maîtrise et une certaine prépondérance dans son raisonnement. Il était très éloquent. Il a rapporté plus de cinq cent quatre-vingt-dix-sept hadiths du Messager d’Allah (sas).
Selon Abou Houreira (ran), le Messager d’Allah (sas) a dit : « Je suis la citadelle de la Science, Ali est sa porte d’accès » [Rapporté par Mouslim, Ibn Madja, Al Bazar et Tabarani]
Ali (ran) a dit : « Si vous interrogez le Coran, il ne vous répondra pas. Mais, je vais vous renseigner sur lui : il contient la science de l’avenir et les chroniques du passé. Il est la thérapeutique de vos maux et l’institution qui vous unit. »
Ali Ben Abi Talib (ran) dit un jour à Koumil : « Koumil, le savoir est de loin préférable à l’argent. Car, le savoir veille sur toi, mais par contre, tu veilles sur l’argent. Le savoir est un maître. L’argent est condamné, puisqu’il diminue à la dépense et le savoir augmente lorsqu’il est partagé. »
Il disait également : « Le savant est mieux que le jeûneur, que l’homme qui prie et que le combattant dans la voie d’Allah. Lorsqu’un savant vient à mourir, une brèche se crée en Islam que ne peut colmater qu’un autre savant qui lui succédera.»
Ali (ran) était un homme illustre, ses avis dans différents domaines tels que la jurisprudence, la Chari’a, la morale, le savoir-vivre, la doctrine, les belles-lettres ainsi que la politique, font autorité à tel point qu’il était considéré comme le meilleur spécialiste des questions judiciaires et de leur compréhension.
Abdallah ibn Mas’oud (ran) a dit : « Ali est l’homme le plus savant de tout Médine en matière de jurisprudence.» [Rapporté par Ben Assakir]
Aïcha, mère des Croyants (ran) en parlant d’Ali ben Abi Talib (ran), a dit : « Il est le plus savant et le plus instruit de la Sunna du Messager d’Allah.» [Rapporté par Al Hakim]
Ali (ran) et le Califat
Le jour de l’assassinat du Calife ‘Othman ibnou ‘Affan (ran), Ali ne se trouvait pas à Médine, comme le rapporte son fils Mohammed ben Al Hanafiya :
« Nous étions mon père et moi loin de Médine, lorsque ‘Othman ibnou ‘Affan fut assassiné. Mon père était horrifié et considérablement affligé par sa mort. Il se retira chez lui, et ne voulait voir personne. À ce moment-là, les Compagnons du Messager d’Allah (sas) arrivèrent en délégation, lui proposant le califat, car la communauté avait besoin d’un Imam. Et parmi eux il n’y avait pas quelqu’un d’aussi habile que lui à veiller sur les intérêts des Musulmans. Il leur répondit qu’il préférait être le conseil du futur Calife plutôt que le dirigeant. Ils avaient tellement insisté à lui prêter allégeance, qu’il finit par accepter, mais à la condition qu’elle soit faite à la mosquée et en présence de tous les Musulmans de Médine. C’est ainsi qu’il fut nommé Calife.
Lorsqu’il transféra sa capitale à Koufa (en Irak), les habitants lui proposèrent de s’installer dans le palais, il refusa le faste et préféra l’humilité pour se rapprocher d’avantage d’Allah le Très Haut, sans oublier les pauvres et les nécessiteux. Il était partout, surveillant l’éthique des Musulmans, la qualité des marchandises sur les marchés, veillant également à ce que les transactions se fassent selon les normes de la loi islamique, et les droits des gens respectés.
Un jour qu’il surveillait la qualité des marchandises, un marchand lui demanda : « Ô Émir des Croyants ! Implore Allah le Très Haut afin que mon commerce soit florissant.» Ali lui répondit :
– « As-tu appris les formalités du commerce ? »
– « Est-ce bien nécessaire, Imam ? »
– « Malheur à toi ! Il faut au préalable avoir compris la Loi d’Allah le Très Haut avant de se consacrer au commerce. Tu n’es pas sans savoir que le marchand ignorant ces lois se trouvera confronté à l’usure ! »
Il va sans dire que le savoir de ‘Ali ben Abi Talib (ran) est légendaire comme sa piété, sa bravoure et son éloquence. Il était tout simplement exceptionnel.
L’imam Ahmed ben Hanbal (ran) disait de lui : « Aucun des Compagnons du Messager d’Allah n’a bénéficié des valeurs octroyées à Ali.» [Rapporté par Al Hakim]
Et Omar ben Abdel Aziz (ran) d’ajouter : « Ali ben Abi Talib était l’homme qui avait totalement renoncé au monde d’ici-bas.»
Le 19 Ramadan de la 41e année Hégirienne, il fut assassiné, alors qu’il se rendait sans armes à la mosquée pour la prière du Sobh. Ali ben Abi Talib (ran) s’éteignit à la suite de ses blessures, quelques jours après l’attentat perpétré contre lui, le 23e jour du mois de Ramadan, à l’âge de cinquante-huit ans disent les uns, d’autres à cinquante-neuf ans et encore d’autre disent à soixante ans et enfin Dja’far Ibn Mohammad (ran) quant à lui dit à l’âge de soixante-trois ans et certains disent que c’est le récit le plus véridique et ALLAH seul est le plus savant.
Ce fut Hassan Ibn Ali (ran) qui fit la prière mortuaire sur Ali ibn Abi Taleb (ran).
Le discours impressionnant d’al Hassan (ran) après le meurtre de son père Ali ibn Abi Taleb (ran).
Après la mort de Ali (ran), al Hassan rentra dans la grande mosquée où une foule de croyants y furent rassemblés pour le pacte.
Il dit : « Vous êtes arrivés à votre désir : Vous avez tué Amir al Mou’minine (ran). Je jure au nom d’ALLAH, qu’il a été tué dans la nuit même où le Coran a été révélé, et c’est en cette nuit que la plume a épuisée l’encre et qu’elle ne pouvait continuer à écrire, c’est en cette nuit même que Moussa ibn Imran (as) retourna auprès de son Seigneur et c’est dans la même nuit que ‘Issa (as) fils de Marie (ran) a était élevé au ciel. »
Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
