Le compagnon Khalid ibn Al-Walid (qu’Allâh l’agrée)
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
Khalid ibn Al-Walid, qu’Allah l’agrée.
Le chevalier et le tacticien des Arabes « le sabre d’Allah »
Son nom et sa généalogie.
Khalid Ibn AI-Walid Ibn AI-Moughîra AI-Makhzoumi, surnommé Abou Soulayman, est né à la Mecque vingt-cinq ans avant l’Hégire. Il était issu du clan des Banou Makhzoum, un des clans les plus influents de la Mecque avec les Banou Hashim et les Banou Oumayya. Comme la plupart de ses concitoyens, Khalid avait commencé par combattre l’islam avant de se convertir. C’était lui d’ailleurs qui fut à l’origine de la défaite des musulmans à Ouhoud.
Cavalier émérite, stratège hors pair, il pouvait, à lui seul, faire la différence au cours d’une bataille. En plus de cela, notre homme était d’une intelligence extraordinaire. Certes, il avait combattu les musulmans à Ouhoud et à la bataille d’Al Khandaq, mais il semble que ce soit plus par devoir et solidarité envers ses concitoyens que par haine et opposition doctrinale vis-àvis de l’islam. On ne lui connaissait pas d’opposition systématique à l’islam de même qu’un fanatisme virulent pour le paganisme de Qouraych. C’est pourquoi, lorsque la lumière de l’islam parvint à son cœur, elle y trouva des prédispositions favorables et s’y établit facilement.
Avant sa conversion.
Khalid (qu’Allah l’agrée) qui n’avait guère plus de 17 ans à la naissance de l’islam manifestait un grand intérêt pour l’art de la guerre, y compris pour les chevaux et le tir, dans lequel il gagna bientôt une grande réputation. Il mena des combats contre les musulmans et sa charge dans la bataille d’Ouhoud contre les musulmans, par l’arrière, fut repoussé après de durs combats.
Sa conversion.
Khalid Ibn Walid (qu’Allah l’agrée) embrassa l’Islam en l’an 8 de l’Hégire avec ‘Amr Ibn Al ‘Âs et ‘Othman ibn Talha (qu’Allah les agrée).
Une fois rendus tous trois chez le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), Khalid et ‘Othman (qu’Allah l’agrée) lui prêtèrent serment de fidélité, tandis que ‘Amr s’en abstint. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui demanda alors : « Qu’est-ce que tu attends, ‘Amr ?! ». Et celui-ci de répondre : « Est-ce qu’en vous prêtant ce serment, Allah me pardonnera tous mes péchés antérieurs ? »
– Ne sais-tu pas que l’adhésion à l’islam et l’Hégire entrainent l’absolution de tout ce qui a été commis avant » répliqua le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à qui ‘Amr (qu’Allah l’agrée) prêta aussitôt serment.
Ses combats dans la voie d’Allah.
Khalid (qu’Allah l’agrée), le chevalier de Qouraych et le tacticien des Arabes dans les batailles, tourna le dos aux divinités de ses pères. Durant l’expédition de Mou-ta, Khalid (qu’Allah l’agrée) était un simple soldat, lorsque les Chefs musulmans furent tués l’un après l’autre, il prit l’initiative de commander l’armée musulmane. Les victimes parmi les musulmans étaient nombreuses et leur puissance affaiblie, les Byzantins étaient proches de l’écrasante victoire. « L’épée de Allah » (qu’Allah l’agrée) s’avança pour scruter le vaste champ de bataille avec des yeux de faucon et une initiation éclatante, il divisa l’armée en groupes pendant que la bataille faisait rage en ayant donné au préalable les consignes à suivre. L’armée musulmane put ouvrir une brèche au sein de l’ennemi et s’y faufiler. L’armée musulmane put sortir saine et sauve grâce au génie de cet homme.
Il fut choisi pour mener l’aile droite de l’armée musulmane lors de la conquête de la Mecque. Lorsqu’il entra dans la cité bénie, il baissa la tête en reconnaissance à Allah qui l’avait guidé vers l’Islam. Khalid (qu’Allah l’agrée) resta présent aux côtés du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) mettant son génie au service de la religion qui en a cru en lui vouant toute sa vie. Après la mort du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) des troubles éclatèrent dans diverses tribus sous le califat d’Abou Bakr (qu’Allah l’agrée). Khalid (qu’Allah l’agrée) était aux commandes des armées musulmanes pour rétablir l’ordre et combattre si cela s’avérait nécessaire. Il usa de sa ruse de fins stratèges et réussit à remettre de l’ordre dans les tribus révoltées. Il combattit avec fougue et ardeur l’armée de Moussaïlama le Menteur.
Mais les musulmans avaient à faire face à deux armées puissantes : les Byzantins et les Perses. Il commanda l’armée musulmane à la bataille de Yarmouk face à 240 000 Byzantins, il géra avec intelligence la bataille. Les Byzantins accoururent dans des colonnes pareilles à des montagnes et rencontrèrent de la part des musulmans ce qu’ils n’attendaient pas. Les musulmans présentèrent des scènes éblouissantes de leur sacrifice et de leur résistance.
Khalid Ibn Al Walid (qu’Allah l’agrée) était fidèle et sincère, il lui était égal d’être un commandant ou un simple soldat. Le commandement est comme le métier de soldat, tous les deux sont un moyen par lequel on accomplit son devoir envers Allah. Il était un homme de guerre depuis son berceau jusqu’à sa tombe, car son environnement, sa croissance, son éducation et même toute sa vie, avant et après l’Islam, n’étaient que pour la formation d’un chevalier téméraire et aventurier. Khalid (qu’Allah l’agrée) possédait une force extraordinaire et il avait une envie ardente pour détruire entièrement son monde d’antan , tel fut le cas lorsqu’il s’acharna lors de la conquête de la Mecque à détruire les idoles.
Le Califat était passé entre temps dans les mains d’Omar (qu’Allah l’agrée) qui dit de lui : « les femmes ne pourront jamais enfanter un homme comme Khalid ». Le héros glorieux avait rendez-vous avec la mort et sa dernière demeure. N’était-il pas venu le temps pour lui de se reposer ? Lui qui fut décrit par ses amis comme étant « celui qui ne dort pas et ne laisse personne dormir ».
Sa mort.
D’après les célèbres historiens Tabari et Ibn ‘Asakir, Khalid Ibn Walid (qu’Allah l’agrée), mourut à Homs en Syrie, en 21 de l’Hégire 644.
Le drame de sa vie serait qu’un héros meurt dans son lit. À l’approche de sa mort, il confia le secret qu’il convoitait tant depuis qu’il avait embrassé l’islam. Durant sa vie de militant pour la cause musulmane, il désira ardemment être tué en combattant sur le chemin d’Allah : « J’ai assisté à tant combats, avait-il dit, et il n’y a pas une place dans mon corps qui n’ait reçu un coup d’épée ou de lance ou de flèche, et me voilà mourir sur mon lit malgré moi comme meurt le chameau. Que périssent les froussards ! » En attendant sa mort avec résignation, il dicta son testament, dans lequel il léguait son cheval et ses armes à `Omar (qu’Allah l’agrée), ses principaux biens. Il n’était pas intéressé par les choses de la vie mondaine. Son seul but consistait toujours à mourir en martyr ou à remporter la victoire sur les ennemis de l’Islam. Grâce à lui, les musulmans avaient mis fin aux mouvements des renégats, battu les Perses en Irak et les Byzantins en Syrie. Il fut porté de son domicile par ses compagnons.
Répétons ces douces et fraîches paroles d’Omar (qu’Allah l’agrée) en apprenant la nouvelle de sa mort :
« Qu’Allah te fasse miséricorde, ô Abou Soulayman ! Tu trouveras auprès d’Allah mieux qu’il y a dans le bas monde, tu as vécu loué et tu es mort heureux. » Avant d’ajouter : « La mort de Khalid a créé un vide dans l’islam qui ne peut être comblé. »
Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
