L’ÉDUCATION DE NÛḤ عليه السلام

L’ÉDUCATION DE NÛḤ عليه السلام
Soumission, science et Adab envers Allah

Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allah, prie sur notre maître Muhammad, qui a ouvert ce qui était fermé, qui a clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, et le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon la mesure de son immense valeur et de son rang sublime.

Nûḥ عليه السلام invoque son Seigneur

Allah dit :

وَنَادَىٰ نُوحٌ رَّبَّهُ فَقَالَ رَبِّ إِنَّ ابْنِي مِنْ أَهْلِي وَإِنَّ وَعْدَكَ الْحَقُّ وَأَنتَ أَحْكَمُ الْحَاكِمِينَ

« Nûḥ invoqua son Seigneur et dit : “Seigneur ! Mon fils fait partie de ma famille, Ta promesse est vérité et Tu es le plus juste des juges.” »
Sourate Hûd, 11:45

Nûḥ عليه السلام ne conteste pas le jugement d’Allah. Il s’en remet à son Seigneur et L’interroge au sujet de la promesse qui lui avait été faite auparavant :

قُلْنَا احْمِلْ فِيهَا مِن كُلٍّ زَوْجَيْنِ اثْنَيْنِ وَأَهْلَكَ إِلَّا مَن سَبَقَ عَلَيْهِ الْقَوْلُ

« Embarque… ta famille, excepté ceux contre qui la Parole a déjà été prononcée. »
Sourate Hûd, 11:40

Ibn Kathîr explique que Nûḥ عليه السلام pensait que son fils était compris dans la promesse du salut accordé à sa famille. Il s’adresse donc à Allah au sujet de cette promesse.

At-Ṭabarî rapporte également des explications selon lesquelles Nûḥ عليه السلام demande à son Seigneur au sujet de la promesse faite concernant sa famille.

Allah lui enseigne ce qu’il ignorait

Allah dit :

قَالَ يَا نُوحُ إِنَّهُ لَيْسَ مِنْ أَهْلِكَ إِنَّهُ عَمَلٌ غَيْرُ صَالِحٍ فَلَا تَسْأَلْنِ مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ إِنِّي أَعِظُكَ أَن تَكُونَ مِنَ الْجَاهِلِينَ

« Il dit : “Ô Nûḥ ! Il ne fait pas partie de ta famille. C’est certes une œuvre non vertueuse. Ne Me demande donc pas ce dont tu n’as aucune connaissance. Je t’exhorte afin que tu ne sois pas parmi les ignorants.” »
Sourate Hûd, 11:46

Son fils était bien son fils par la filiation, mais il n’était pas compris parmi les membres de sa famille auxquels le salut avait été promis.

Al-Qurṭubî rapporte les explications des exégètes concernant cette parole et le fait que la filiation ne faisait pas entrer son fils dans la promesse du salut.

Voilà un immense enseignement :

la proximité du sang ne remplace jamais la proximité de la foi et de l’obéissance à Allah.

Puis Allah dit :

فَلَا تَسْأَلْنِ مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ

« Ne Me demande donc pas ce dont tu n’as aucune connaissance. »

C’est une immense éducation venant d’Allah.

Le serviteur ne doit pas laisser ses sentiments, son raisonnement personnel ou son nafs le conduire à parler sur ce dont il ne possède pas la science.

Lorsque la science venant d’Allah apparaît clairement, le serviteur délaisse son propre jugement et se soumet à celui de son Seigneur.

L’immense Adab de Nûḥ عليه السلام envers Allah

Allah dit :

قَالَ رَبِّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ أَنْ أَسْأَلَكَ مَا لَيْسَ لِي بِهِ عِلْمٌ وَإِلَّا تَغْفِرْ لِي وَتَرْحَمْنِي أَكُن مِّنَ الْخَاسِرِينَ

« Il dit : “Seigneur ! Je cherche refuge auprès de Toi contre le fait de Te demander ce dont je n’ai aucune connaissance. Et si Tu ne me pardonnes pas et ne me fais pas miséricorde, je serai parmi les perdants.” »
Sourate Hûd, 11:47

Regarde ici l’immense Adab prophétique.

Dès qu’Allah lui enseigne la réalité de l’affaire, Nûḥ عليه السلام ne discute pas. Il ne cherche pas à faire passer son sentiment paternel devant ce qu’Allah vient de lui enseigner.

Il revient immédiatement vers son Seigneur :

رَبِّ إِنِّي أَعُوذُ بِكَ

« Seigneur ! Je cherche refuge auprès de Toi… »

Voilà l’éducation du serviteur avec son Seigneur :

lorsque la vérité apparaît, le nafs se tait, l’opinion personnelle s’efface et le cœur se soumet.

Nûḥ عليه السلام reconnaît ensuite que son salut ne repose ni sur son rang ni sur ses œuvres, mais sur le pardon et la Miséricorde d’Allah :

وَإِلَّا تَغْفِرْ لِي وَتَرْحَمْنِي أَكُن مِّنَ الْخَاسِرِينَ

« Et si Tu ne me pardonnes pas et ne me fais pas miséricorde, je serai parmi les perdants. »

Après l’épreuve : la paix et les bénédictions d’Allah

Allah dit :

قِيلَ يَا نُوحُ اهْبِطْ بِسَلَامٍ مِّنَّا وَبَرَكَاتٍ عَلَيْكَ وَعَلَىٰ أُمَمٍ مِّمَّن مَّعَكَ وَأُمَمٌ سَنُمَتِّعُهُمْ ثُمَّ يَمَسُّهُم مِّنَّا عَذَابٌ أَلِيمٌ

« Il fut dit : “Ô Nûḥ ! Débarque avec une paix venant de Nous et des bénédictions sur toi et sur des communautés issues de ceux qui sont avec toi. Et il y aura des communautés auxquelles Nous accorderons une jouissance temporaire, puis un châtiment douloureux venant de Nous les atteindra.” »
Sourate Hûd, 11:48

Après l’épreuve du déluge, après la perte de son fils et après cette éducation reçue de son Seigneur, Allah accorde à Nûḥ عليه السلام :

la paix — السَّلَام

et

les bénédictions — الْبَرَكَات

بِسَلَامٍ مِّنَّا وَبَرَكَاتٍ

« Avec une paix venant de Nous et des bénédictions. »

LES ENSEIGNEMENTS DU TA‘LÎM

L’amour naturel ne doit jamais passer devant le jugement d’Allah.
Nûḥ عليه السلام aimait naturellement son fils. Mais lorsqu’Allah lui manifesta la réalité de l’affaire, il se soumit à son Seigneur.

La filiation seule ne sauve personne.
Être le fils d’un prophète n’a pas sauvé le fils de Nûḥ عليه السلام. Le salut vient d’Allah, par Sa grâce et Sa Miséricorde, avec la foi et l’obéissance.

Ne parle pas de ce dont tu n’as aucune science.

فَلَا تَسْأَلْنِ مَا لَيْسَ لَكَ بِهِ عِلْمٌ

« Ne Me demande donc pas ce dont tu n’as aucune connaissance. »

Lorsque la vérité apparaît, reviens immédiatement vers Allah.
Nûḥ عليه السلام ne cherche aucune justification. Il cherche refuge auprès d’Allah et demande Son pardon et Sa Miséricorde.

Ne fais pas passer ton nafs devant ce qu’Allah t’enseigne.
Le sentiment peut être puissant, l’attachement peut être profond et l’épreuve douloureuse. Mais l’éducation prophétique apprend au serviteur à soumettre son choix au choix d’Allah.

Le véritable salut vient uniquement d’Allah.

Nûḥ عليه السلام dit :

وَإِلَّا تَغْفِرْ لِي وَتَرْحَمْنِي أَكُن مِّنَ الْخَاسِرِينَ

« Et si Tu ne me pardonnes pas et ne me fais pas miséricorde, je serai parmi les perdants. »

Ainsi, ces versets nous enseignent une immense réalité du cheminement vers Allah :

Le cœur peut être éprouvé dans ce qu’il aime le plus. Mais lorsque le jugement d’Allah apparaît clairement, le serviteur abandonne sa propre volonté devant celle de son Seigneur. Il ne discute pas avec Allah : il revient vers Lui, reconnaît son besoin de Lui et s’en remet entièrement à Sa Miséricorde.

C’est là l’Adab.

C’est là la soumission.

C’est là l’éducation de l’orientation vers Allah.

Et après l’épreuve, la soumission et le retour sincère vers Lui, Allah dit :

بِسَلَامٍ مِّنَّا وَبَرَكَاتٍ

« Avec une paix venant de Nous et des bénédictions. »

Ô Allah, prie sur notre maître Muhammad, qui a ouvert ce qui était fermé, qui a clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, et le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon la mesure de son immense valeur et de son rang sublime.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani