Les cinq jugements de la Loi
ببِسْمِ ٱللَّٰهِ ٱلرَّحْمَٰنِ ٱلرَّحِيمِ
Bismi llāhi r-Raḥmāni r-Raḥīm
Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
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اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ الْفَاتِحِ لِمَا أُغْلِقَ، وَالْخَاتِمِ لِمَا سَبَقَ، وَنَاصِرِ الْحَقِّ بِالْحَقِّ، وَالْهَادِي إِلَى صِرَاطِكَ الْمُسْتَقِيمِ، وَعَلَى آلِهِ حَقَّ قَدْرِهِ وَمِقْدَارِهِ الْعَظِيمِ.
Allāhumma ṣalli ʿalā Sayyidinā Muḥammadin al-Fātiḥi limā ughliqa, wal-Khātimi limā sabaqa, wa Nāṣiri l-Ḥaqqi bil-Ḥaqq, wal-Hādī ilā Ṣirāṭika l-Mustaqīm, wa ʿalā ālihi ḥaqqa qadrihi wa miqdārihi l-ʿaẓīm.
Ô Allah, prie sur notre maître Muhammad, l’Ouverture de ce qui fut fermé, le Sceau de ce qui a précédé, le Secours de la Vérité par la Vérité, et le Guide vers Ton chemin droit. Et sur sa famille, selon son immense valeur et la grandeur de son rang.
Le bien-aimé Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit :
« Pesez les propos qui me sont attribués avec la balance de la Charia. Ce qui en est conforme, prenez-le ; et ce qui en diverge, délaissez-le. »
Cette parole constitue un principe fondamental de notre voie. La Tariqa ne peut jamais être séparée de la Charia. Toute parole, tout acte, toute inspiration ou toute prétention doit être pesé à la lumière du Livre d’Allah, de la Sunna de Son Messager ﷺ et de la compréhension des savants.
Le Prophète ﷺ a dit :
« Celui à qui Allah veut du bien, Il lui donne la compréhension de la religion. »
(Rapporté par al-Bukhârî et Muslim.)
Allah ﷻ a dit :
« Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas. »
(Coran 16 An-Nahl, verset 43 ; et 21 Al-Anbiya, verset 7)
Et Il a dit :
« Et ne dites pas, conformément aux mensonges proférés par vos langues : “Ceci est licite et cela est illicite”, afin d’inventer le mensonge contre Allah. Ceux qui inventent le mensonge contre Allah ne réussiront pas. »
(Coran 16 An-Nahl, verset 116)
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Comment prétendre être en chemin vers Allah tout en demeurant dans l’ignorance ?
Le chemin qui mène à Allah est fondé sur la science (ʿilm) avant la parole et avant les actes. L’ignorance n’a jamais rapproché un serviteur de son Seigneur ; elle est, au contraire, l’une des principales causes de l’égarement.
Comment un disciple peut-il espérer cheminer vers Allah alors qu’il ignore ce que son Seigneur lui a rendu obligatoire, recommandé, permis, réprouvé ou interdit ?
La voie vers Allah ne repose ni sur les émotions, ni sur les prétentions, ni sur les habitudes. Elle repose sur la connaissance de la Charia, suivie de sa mise en pratique avec sincérité.
Les savants ont dit :
« La science précède la parole et les actes. »
Nul ne peut adorer Allah correctement sans connaître les règles de Sa religion. Celui qui veut véritablement parvenir à Allah doit apprendre Sa religion, mesurer chacune de ses paroles et chacun de ses actes à la balance du Coran et de la Sunna, puis interroger les gens de science lorsqu’il ignore un jugement.
Celui qui recherche Allah sans science ressemble à un voyageur qui veut atteindre sa destination sans connaître le chemin : plus il avance, plus il risque de s’égarer.
C’est dans cet esprit que nous étudierons les cinq jugements fondamentaux de la Charia.
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Les cinq jugements de la Loi (Al-Aḥkām al-Khamsah)
Tout disciple doit apprendre les règles fondamentales du fiqh, car nul ne peut adorer Allah correctement sans connaître les jugements de Sa Loi.
L’adoration n’est acceptée que lorsqu’elle réunit deux conditions essentielles :
- La sincérité (Al-Ikhlâṣ) envers Allah.
- La conformité (Al-Mutâbaʿah) à la Sunna du Messager d’Allah ﷺ.
Celui qui ignore ces règles risque de délaisser une obligation, de commettre un interdit, ou plus grave encore, de parler sur la religion d’Allah sans science.
Les actes du serviteur ne sortent pas de cinq catégories.
- Le Farḍ (ou Wâjib) – L’obligatoire
C’est ce qu’Allah a ordonné de manière impérative.
- Celui qui l’accomplit est récompensé.
- Celui qui le délaisse sans excuse légiférée est pécheur.
Exemples : les cinq prières, le jeûne du Ramadan, la Zakât et le pèlerinage pour celui qui en a les moyens.
- Le Mandûb (Mustaḥabb ou Sunna) – Le recommandé
C’est ce qu’Allah et Son Messager ﷺ ont encouragé sans le rendre obligatoire.
- Celui qui l’accomplit est récompensé.
- Celui qui le délaisse n’est pas pécheur, mais se prive d’une récompense.
Exemples : les prières surérogatoires, les jeûnes volontaires, le sourire, l’aumône et les invocations.
- Le Mubâḥ – Le permis
C’est ce que la Charia a laissé au libre choix du serviteur.
- Il n’y a ni récompense ni péché en soi.
- Une bonne intention transforme le permis en adoration.
- Une mauvaise intention peut transformer le permis en péché.
Exemples : manger, boire, dormir, travailler, commercer et se reposer.
- Le Makrûh – Le réprouvé
C’est ce que la Charia déconseille sans l’interdire.
- Celui qui s’en abstient pour Allah est récompensé.
- Celui qui le commet n’est pas considéré comme pécheur, mais il délaisse ce qui est meilleur.
Le croyant recherche toujours la perfection dans son adoration et s’éloigne de ce qui est réprouvé.
- Le Ḥarâm – L’interdit
C’est ce qu’Allah a interdit de manière catégorique.
- Celui qui le délaisse pour Allah est récompensé.
- Celui qui le commet volontairement est pécheur et doit se repentir sincèrement.
Exemples : le mensonge, l’usure, la fornication, le vol, la médisance, l’injustice et toute désobéissance à Allah et à Son Messager ﷺ.
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Une règle essentielle
Avant de dire :
« Ceci est obligatoire. »
« Ceci est recommandé. »
« Ceci est permis. »
« Ceci est réprouvé. »
« Ceci est interdit. »
Il faut posséder une preuve tirée du Coran, de la Sunna et de la compréhension des savants.
La religion d’Allah ne repose ni sur les habitudes, ni sur les coutumes, ni sur les passions, ni sur les opinions personnelles. Elle repose exclusivement sur la Révélation.
Le croyant ne doit jamais avoir honte de dire :
« Je ne sais pas. »
Cette parole est une preuve d’humilité et une protection contre le fait de parler sur Allah sans science.
Celui qui ignore un jugement doit apprendre les règles du fiqh. Si cela lui est momentanément impossible, il lui incombe alors de questionner les gens de science, conformément à la parole d’Allah :
« Demandez donc aux gens du rappel si vous ne savez pas. »
Avec la permission d’Allah, nous enseignerons progressivement ces règles de fiqh afin que chaque disciple adore son Seigneur avec science, clairvoyance et certitude, et que personne ne parle sur la religion d’Allah sans preuve.
Dans l’école malikite, les termes Farḍ et Wâjib sont généralement employés comme synonymes pour désigner ce qui est obligatoire.
Qu’Allah fasse de nous des serviteurs qui recherchent la science avant la parole et avant l’action, qui parlent avec justice, qui agissent avec sincérité et qui demeurent fermement attachés au Coran, à la Sunna et à la voie des pieux prédécesseurs.
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Le pauvre serviteur en Allah et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
