Les dix compagnons du Prophète (sas) promis au paradis

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Les 10 Compagnons du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) promis au Paradis

Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a promis le Paradis à dix de ses Compagnons (qu’Allah les agrée). Nous allons citer les dix Compagnons concernés (qu’Allah les agrée) avant d’exposer certains faits relatifs à leur biographie incha Allah.

La promesse du Paradis  

L’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était entouré de Compagnons nobles et pieux. Il a ainsi promis à certains d’entre eux le Paradis, à savoir : Abu Bakr As-Siddiq, ‘Umar Ibn Al-Khattab, ‘Uthmân Ibn ‘Affan, Ali Ibn Abi Talib, Talha Ibn ‘UbaydAllah, Zubeyr Ibn Al ‘Awam, Sa’ad Ibn Abi Waqas, Sa’id Ibn Zayd, Abu ‘Ubayda ‘Umar Ibn Jarâh et ‘Abderrahmane Ibn ‘Awf (qu’Allah les agrée).

Ainsi, Salih ibn Mismarin el-Marwazi rapporte d’après ibn Abi Fadayk, qui rapporte selon Mousa ibn Ya’qub, d’après ‘Umar ibn Sa’id, d’après ‘Abd arRahman ibn Humaydin qui rapporte d’après son père que le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Dix seront au Paradis : Abu Bakr sera au Paradis, ‘Umar sera au Paradis ainsi que ‘Uthman, ‘Ali, Al-Zubayr, Talha, ‘Abd ar-Rahman, Abu ‘Ubayda, Sa’ad ibn Abi Waqas et le dixième je ne veux pas vous le dire. » Ils ont insisté pour le savoir en lui demandant par deux fois : « Qui est le dixième ? » La première fois il s’est tu, et la seconde fois il répondit : « C’est Sa’id Ibn Zayd. » (Rapporté par Tirmidhi).

« Les meilleurs des humains (qu’Allah les agrée) après les prophètes (sur eux la paix) »

Il a été dit au sujet de ses Compagnons (qu’Allah les agrée) : « Quiconque lira leurs biographies avec compréhension et perspicacité, et connaîtra la récompense que Dieu leur accordera, réalisera certainement qu’ils sont les meilleurs des humains après les prophètes (sur eux la paix). Il n’y a jamais eu personne comme eux et il n’y en aura jamais. »

Ce commentaire reflète l’importance de ses Compagnons (qu’Allah les agrée). Il est de notre devoir de les connaître. Ainsi, nous avons envoyé un extrait des quatre représentants du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), de leur biographie respective.

Il est rapporté dans le Djawahirou-l-Ma’ani et le Jami’ que notre bien-aimé Cheikh Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a dit lorsqu’il fut interrogé sur le mérite entre le degré d’un compagnon du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui n’a pas eu l’Ouverture (fath) et celui du Pôle qui n’est pas un compagnon : que le compagnon du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est meilleur que le pôle, car le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Allah a élu mes Compagnons parmi les gens des mondes hormis les prophètes et les envoyés. » Tout en précisant : « cela est dû à l’intense sollicitude d’Allah vis-à-vis de son Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et une prérogative à son égard. »

Et la parole du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui dit : « Si un parmi vous dépensait la mesure du mont Ouhoud en or il n’arriverait pas à l’équivalent de leur poignée (des compagnons) ou la moitié ».

Seïdina Ahmed Tidjani (qu’Allah sanctifie son précieux secret) a affirmé aussi : « La différence entre les œuvres des compagnons (qu’Allah les agrée) et les nôtres est comme la différence entre l’allure des oiseaux les plus rapides à celui de la fourmi. »

  • 1- Abu Bakr As-Siddiq (qu’Allah l’agrée) premier représentant du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) :

Il fut le premier homme à se convertir à l’Islam. Il fut le fidèle compagnon du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), le suivant dans toutes ses conquêtes et l’épaulant à chaque bataille. Il fut le premier calife de l’Islam.

  • 2- ‘Umar Ibn Al Khattab (qu’Allah l’agrée) deuxième représentant du bienaimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) :

Il était connu pour sa justice et sa droiture. Il était doté d’un grand savoir. C’est lui qui a ordonné de regrouper la Parole d’Allah dans un seul volume. Il craignait tellement Son Seigneur qu’à force de pleurer, on pouvait distinguer deux traits noirs sur son visage. Il fut le successeur de Abu Bakr As-Siddiq (qu’Allah l’agrée).

  • 3- ‘Uthman Ibn ‘Affan (qu’Allah l’agrée) troisième représentant du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) :

Il fut le troisième calife. Il épousa la fille du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), Ruqiyya (qu’Allah soit satisfait d’elle). Puis, quand celle-ci mourut, il épousa sa sœur Oum Kalthoum (qu’Allah soit satisfait d’elle). Il était surnommé « l’homme aux deux lumières », sans doute en raison de ses deux femmes (qu’Allah soit satisfait d’elles). Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) l’appréciait et avait confiance en lui. Il fut assassiné par les ennemis de l’Islam qui établirent un complot contre lui.

  • 4- Ali Ibn Abi Talib (qu’Allah l’agrée) quatrième représentant du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) :

Il était le cousin et le gendre du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il fut le premier enfant à embrasser l’Islam. Il était l’époux de la fille du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), Fatima (qu’Allah soit satisfait d’elle). Il participa à de nombreuses batailles aux côtés du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et fut le quatrième Calife de l’Islam.

  • 5- Talha Ibn OubaydAllah (qu’Allah l’agrée) compagnon du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) :

Il fut parmi les premiers à être torturé pour l’Islam. Il participa à un bon nombre de batailles auprès de l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Lors de la bataille de Ouhoud, il fut touché plus de soixante dix fois et perdit son pouce. Il fut tué par Marouane Ibn Al Hakam.

Un verset d’Allah dit : « Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore ; et ils n’ont varié aucunement (dans leur engagement). » (Sourate 33 Les coalisés, verset 23)

Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) récita ce verset puis s’adressa aux compagnons, tout en désignant Talha (qu’Allah l’agrée) : « Celui qui se satisfait à la vue d’un homme qui marche sur terre tout en y ayant expiré son temps, qu’il regarde Talha. »

Chacun des Compagnons (qu’Allah les agrée) convoitait en secret une bonne annonce qui le tranquilliserait sur son devenir dans l’autre monde. Cette fois là, ce fut Talha b. Oubaydallah. Le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui avait annoncé le Jardin dans l’autre vie. Alors, quelle fut la vie de cet heureux élu ?

* * *

Tout commença lors d’un voyage d’affaires dans le pays de Bosra. Dans ce pays, Talha (qu’Allah l’agrée) fit la connaissance d’un moine : celui-ci l’informa sur l’imminence de l’apparition du prophète qui allait être envoyé du pays du Sanctuaire. Lorsque Talha revint à la Mecque, il entendit des groupes de gens parler de Mohammed (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et de son Message.

Alors, il demanda d’abord après Abou Bakr (qu’Allah l’agrée). On lui dit qu’il était rentré avec sa caravane commerciale et qu’il se tenait à cette heure-là à côté de « Mohammad. » Alors Talha (qu’Allah l’agrée) se dit à lui-même : « Mohammad et Abou Bakr ? Par Dieu, ils ne s’unissent jamais tous deux pour une perdition ! »

Puis, il se dirigea vite chez Abou Bakr (qu’Allah l’agrée). Il échangea avec lui quelques propos puis il lui demanda de l’emmener au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), pour embrasser l’Islam. Ainsi Talha (qu’Allah l’agrée) fut parmi les premiers musulmans.

* * *

Malgré sa réputation de riche commerçant et le rang qu’il occupait à la Mecque, il eut quand même sa part de mauvais traitements. Mais cela ne dura pas longtemps : les Qouraychites avaient eu honte. Par la suite, il s’exila à Médine et prit part à toutes les expéditions du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), sauf celle de Badr. Lors de cette expédition, il était en mission avec Saïd b. Zayd (qu’Allah l’agrée).

Dans la bataille d’Ouhoud, il était présent. Dans un premier temps, les musulmans prirent bien la situation en main si bien que les Qouraychites se replièrent paniqués. Mais quand les archers désertèrent leur position et que les cavaliers commandés par Khalid b. al-Walid surgirent par derrière, la situation bascula brusquement en faveur des polythéistes.

Talha vit alors que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était devenu la cible de plusieurs Qouraychites. Il vola à son secours et participa à sa protection. Ce fut lui qui aida le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à se dégager du trou où il était tombé. Aïcha (qu’Allah l’agrée) disait : « Quand on parlait du jour d’Ouhoud, Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) disait : « Tout ce jour était celui de Talha… J’étais le premier à arriver auprès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), alors, il nous a dit, à Abou Oubayda b. al-Jarrah et à moi : « Regardez votre frère… » Nous l’avons vu. Il avait plus de 70 blessures et il avait le doigt coupé… »

* * *

Non seulement il était un fervent croyant, mais aussi un commerçant prospère. Toute sa fortune était au service de la nouvelle religion. Il dépensait sans compter et toutes les fois Dieu le récompensait davantage. Sa femme Souâda bint Aouf (qu’Allah l’agrée) disait : « Une fois, j’ai trouvé Talha soucieux. Alors, je lui ai dit : « Qu’est-ce que tu as ? » Il a dit : « Le bien que j’ai, il s’est démultiplié, et il me donne des soucis et il me peine. » J’ai dit : « Tu n’as pas à t’en faire. Distribue-le. » Il s’est levé et il est allé appeler les gens. Puis, il s’est mis à distribuer, de telle sorte qu’il n’en est pas resté un seul dirham. »

Quant à Jabir b. Abdallah (qu’Allah l’agrée), il parlait ainsi de la générosité de Talha (qu’Allah l’agrée) : « Je n’ai vu aucun comme Talha, qui donne abondamment de ses biens sans la moindre question. » Assaïb b. Zayd laissa aussi ce témoignage : « J’ai accompagné Talha dans les voyages et dans la cité. Par rapport à Talha, je n’ai trouvé aucun qui soit plus généreux du dirham, du vêtement et de la nourriture. »

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Lorsque Othman (qu’Allah l’agrée) fut assassiné et que Ali (qu’Allah l’agrée) accepta l’allégeance des musulmans, y compris Talha et Az-Zoubayr (qu’Allah les agrée), ces deux derniers partirent à la Mecque pour un petit pèlerinage. De là, il regagnèrent al-Basra, où s’étaient réunies des forces qui voulaient venger la mort de Othmân (qu’Allah l’agrée). Par la suite, il y eut la bataille du « Chameau » qui mit aux prises les partisans de Ali et le parti qui voulait venger Othman et qui avait apporté Aïcha, la Mère des croyants, (qu’Allah les agrée).

Quand Ali (qu’Allah l’agrée) vit la Mère des croyants sur le palanquin, à la tête de l’armée, il en fut très peiné. Puis, quand il vit Talha et Az-Zoubayr (qu’Allah les agrée), il les appela à venir parler avec lui. A leur arrivée, il dit à Talha (qu’Allah l’agrée) : « Ô Talha, apportes-tu la femme du Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour l’utiliser dans ton combat, alors que tu as caché ta femme à la maison ? » Puis, il dit à AzZoubayr (qu’Allah l’agrée) : « Ô Az-Zoubayr, je t’en conjure. Te rappelles-tu du jour, quand le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était passé près de toi ? Il t’a dit : « Ô Az-Zoubayr, n’aimes-tu pas Ali ? » Tu as dit : « Moi, je n’aime pas le fils de mon oncle maternel, le fils de mon oncle paternel, celui-là qui professe ma religion !? » Il t’a dit : « Ô Az-Zoubayr, par Dieu, sûr que tu lui livreras combat, alors que tu es dans le tort. »

Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) dit : « Oui, je me rappelle maintenant. J’ai oublié. Par Dieu, je ne te combattrai pas. » Puis, tous deux se retirèrent, surtout lorsqu’ils virent Ammar b. Yasir (qu’Allah l’agrée) dans l’armée de Ali. À ce moment-là, ils se rappelèrent aussi la parole que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait dite à Ammar (qu’Allah l’agrée) : « Tu seras tué par la troupe injuste. »

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Talha et Az-zoubayr (qu’Allah les agrée) renoncèrent au combat. Mais, par la suite, ils payèrent leur retrait au prix fort. Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) fut assassiné traîtreusement par un homme appelé Amr b. Jourmouz. Quant à Talha (qu’Allah l’agrée), il fut assassiné d’une flèche lancée par Marouan b. al-Hakam. À la fin de la bataille, Ali (qu’Allah l’agrée) s’en alla prier sur les musulmans martyrs des deux camps. Devant les tombes de Talha et AzZoubayr (qu’Allah les agrée), il dit ces mots : « J’espère que Talha, AzZoubayr, Othman et moi, nous serons de ceux à propos desquels Allah a dit : « Et Nous enlèverons toute la rancune de leurs poitrines ». (Sourate 7 El A’raf, verset 43). Mes deux oreilles-ci ont entendu le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dire : « Talha et Az-Zoubayr sont mes deux voisins dans le Jardin. »

  • 6- Zoubayr Ibn Al ‘Awam (qu’Allah l’agrée) compagnon du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

Il était le cousin du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il embrassa l’Islam à quinze ans et épousa la fille d’Abu Bakr AsSiddiq, Asma (qu’Allah soit satisfait d’elle). Ce compagnon participa à toutes les batailles aux côtés du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il fut assassiné par Ibn Jarmoude, alors qu’il rentrait chez lui.

Az-Zoubayr ibn Al-‘Awam (qu’Allah l’agrée)

À la Mecque, bien avant l’exode à Médine, lorsque le Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) établit les liens de fraternité entre ses compagnons, il les établit aussi entre Talha et Az-Zoubayr (qu’Allah les agrée). Autrement dit, Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée), dont la mère Soufaya est la tante du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), était l’un des sept premiers musulmans.

Il s’était converti alors qu’il avait 15 ans seulement. En outre, il était un cavalier entreprenant depuis son jeune âge. Les historiens disent qu’il est le premier à avoir tiré son épée pour la cause de l’Islam. Il la tira après que lui fut parvenue la rumeur de l’assassinat du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). À cette époque-là où les musulmans étaient très minoritaires et ne se rencontraient que secrètement dans la maison d’alArqam, Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) sortit, sabre au poing, dans les rues de la Mecque.

Il avait l’intention de faire usage de son arme contre les Qouraychites, dans le cas où l’information s’avèrerait exacte. Heureusement, il rencontra le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). En dépit de son rang honorable à la Mecque, Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) eut sa part de l’oppression et des supplices. C’était son oncle qui s’en était chargé. Ce dernier enroulait son neveu dans une natte de jonc qu’il entourait d’un feu fumant, asphyxiant. Puis il disait à son neveu : « Dénie le seigneur de Mohammad, repousse donc ce supplice ! » Mais Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) refusait.

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Par la suite, Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) fit les deux émigrations d’Abyssinie, la première et la deuxième. Puis, il revint pour prendre sa place à côté du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et prendre part au combat sur le chemin de Dieu. Sa lutte fut si sincère sur les champs de bataille qu’il reçut de très nombreuses blessures. Un de ses compagnons avait dit : « J’ai accompagné Az-Zoubayr b. al-‘Awam dans l’un de ses déplacements et j’ai vu son corps. Il était marqué par les cicatrices causées par les coups d’épée. Quant aux coups directs des flèches et des épées, on dirait des trous profonds dans son corps. Je lui ai dit : « Par Dieu ! j’ai vu en ton corps ce que je n’ai vu chez aucun autre. »

Il m’a dit : « Par Dieu, toutes ces blessures, je ne les ai eues qu’avec le Messager de Dieu et pour la cause de Dieu. » À Ouhoud, lorsque les Qouraychites reprirent le chemin de la Mecque, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) l’envoya, ainsi qu’Abou Bakr (qu’Allah l’agrée), à la tête de 70 musulmans, pour engager la poursuite. Les Qouraychites, pensant être pourchassés par une avant-garde annonciatrice d’une armée plus grande, s’enfuirent en accélérant leur retrait.

À al-Yarmouk, il fut à lui seul une armée. Quand il vit ses combattants céder devant les troupes byzantines, il lança un « Allahou Akbar » retentissant, fonça droit dans les rangs ennemis, usa courageusement de son sabre avant de revenir parmi ses combattants. Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) aimait beaucoup la mort sur le chemin de Dieu.

Il avait dit (qu’Allah l’agrée) : « Talha b. Oubaydallah donne les noms des prophètes, alors qu’il sait bien qu’il n’y a plus de prophète après Mohammad. Moi, je donnerai à mes fils les noms des martyrs, dans l’espoir qu’ils tomberont en martyrs. »

Ainsi, son fils Abdallah porte le nom du martyr Abdallah b. Jahch ; son fils Almoundhir porte le nom du martyr Al-moundhir b. Amrou ; son fils Ourwa porte le nom du martyr Ourwa b. Amrou ; son fils Hamza porte le nom du martyr Hamza b. Abdalmouttalib ; son fils Jaâfar porte le nom du martyr Jaâfar b. Abou Talib ; son fils Mousâb porte le nom du martyr Mousâb b. Oumayr ; son fils Khalid porte le nom du martyr Khalid b. Saïd.

Par ailleurs, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était tellement fier de lui qu’il avait dit : « Chaque prophète a un apôtre, et mon apôtre est Az-Zoubayr b. al-A’wam. » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) n’avait pas dit cela parce qu’Az-Zoubayr (qu’Allah l’agrée) était son cousin ou l’époux d’Asma la fille d’Abou Bakr (qu’Allah les agrée), mais parce qu’il était courageux, généreux et fidèle à la cause de Dieu.

* * *

Il était pétri de grandes qualités et il était riche. Toute sa fortune, il la dépensa entièrement pour la cause de l’Islam, de telle sorte qu’il se retrouva endetté avant de mourir.

Au moment du dernier adieu, Az-Zoubayr b. al-A’wam dit à son fils Abdallah (qu’Allah les agrée) : « Si tu ne peux rendre une dette, demande l’aide de mon seigneur. » Son fils demanda : « De quel seigneur parles-tu ? » Il répondit : « Dieu, il est le meilleur seigneur et le meilleur soutien. » Par la suite, Abdallah dit : « Par Dieu ! à chaque fois que je me trouvais confronté à une dette, je disais : « Ô seigneur d’Az-Zoubayr ! acquitte sa dette. » Alors, il l’acquittait.»

  • 7- Sa’ad Ibn Abi Waqas (qu’Allah l’agrée) compagnon du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

Quant à lui, il se convertit à dix-sept ans. Ce compagnon était un homme doté d’un grand courage macha Allah. Il mourut à l’âge de cinquante-cinq ans et fut enterré à Médine.

Saâd Ibn Abi  Waqas  (qu’Allah l’agrée) 

Les nouvelles du front perse arrivent très mauvaises à Médine. Les Perses ont exterminé dans la bataille d’Al-Jisr 4000 combattants en un seul jour et les Irakiens ont violé leur pacte. Le calife Omar ben al-Khattab (qu’Allah l’agrée) décide d’aller lui-même au front pour diriger les armées musulmanes dans une bataille décisive contre les païens de Perse. Il délègue ses pouvoirs à Ali ben Abou Talib (qu’Allah l’agrée) et prend le chemin à la tête d’un groupe de compagnons.

Mais, à la sortie de Médine, des compagnons donnent un autre avis. Ils disent à Omar (qu’Allah l’agrée) de désigner un autre compagnon pour cette mission. La raison avancée est que l’émir des croyants ne doit pas s’exposer au danger en cette période cruciale pour l’Islam. Alors, Omar (qu’Allah l’agrée) convoque sur place une réunion pour la concertation. Ali ben Abou Talib (qu’Allah l’agrée) regagne le groupe, ainsi que des notables de Médine. Par la suite, tous adoptent l’avis proposé. Omar (qu’Allah l’agrée) accepte de rester à Médine puis dit : « Qui allons-nous envoyer en Irak ? » Abderrahman ben Aouf propose alors Sa’ad ben Abou Waqas (qu’Allah les agrée). Après que le conseil a appuyé cet avis, l’Émir des croyants convoque Saâd et le nomme commandant de l’armée.

Qui est donc ce nouveau chef de l’armée du front perse ? C’est Saâd ben Malek az-Zuhry, qu’on appelle aussi Saâd Ibn Abou Waqas (qu’Allah l’agrée). Son grand-père est Ouhayb ben Manaf, l’oncle paternel de Amina, la mère du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il a embrassé l’Islam à l’âge de 17 ans. « À une certaine époque, j’étais l’un des trois premiers qui ont embrassé l’Islam, disait-il. » En effet, dès les premiers jours de l’Islam, Saâd (qu’Allah l’agrée) se convertit et prêta allégeance au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

Les livres d’histoire et de biographie nous disent qu’il a embrassé l’Islam par l’intermédiaire d’Abou Bakr (qu’Allah l’agrée). Peut-être qu’il a déclaré sa conversion le jour où Othman ben Affan, az-Zoubayr ben al-Awam, Abdarrahman ben Aouf et Talha ben Obaydallah (qu’Allah les agrée) ont fait la même déclaration. Cependant, cela n’empêche pas qu’il s’est converti clandestinement avant cette date. Saâd ben Abou Waqas (qu’Allah l’agrée) a certes de nombreux titres de gloire, mais il n’aime en citer que deux. Il est le premier tireur de flèches pour la cause de Dieu et le seul musulman à qui le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Tire, Saâd. Que soient sacrifiés pour toi mon père et ma mère ! »

Ali ben Abou Talib (qu’Allah l’agrée) témoigne : « Je n’ai jamais entendu le Messager dire cela à quelqu’un, sauf à Saâd. Je l’ai entendu dire, lors de la bataille d’Ouhoud : « Tire, Saâd. Que soient sacrifiés pour toi mon père et ma mère ! » En outre, Saâd (qu’Allah l’agrée) possède deux armes efficaces : son tir précis et son invocation. Sa flèche ne rate jamais un ennemi dans les batailles et son invocation est toujours exaucée par Dieu. Ses compagnons expliquent cela par l’invocation du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) en sa faveur : « Ô Dieu ! oriente bien son tir et exauce son invocation. »

À propos de l’invocation exaucée, voici le témoignage de Amir ben Saâd (qu’Allah l’agrée) : « Saâd a vu un homme en train d’insulter Ali, Talha et azZoubayr. Il lui a dit d’arrêter, mais l’homme a continué dans ses insultes. Saâd lui a alors dit : « Dans ce cas, je vais invoquer (Dieu) contre toi ! » L’autre dit : « Je vois que tu me menaces, comme si tu étais un prophète ! »

Saâd (qu’Allah l’agrée) se retire, fait des ablutions, puis fait une prière de deux rakâa. Après quoi, il lève les deux mains au ciel et dit : « Ô Dieu ! si tu sais que cet homme a insulté des gens qui ont eu de toi la splendeur et que ses insultes contre eux te mécontentent, alors fais de lui une leçon. » Quelque temps après, une chamelle réussit à s’enfuir de son enclos, dans une course folle, sans que personne ne puisse la rattraper. Elle pénètre dans la foule, comme si elle cherche quelque chose. Puis elle trouve l’homme. Elle le met entre ses pattes et se met à l’étouffer de son poids jusqu’à le tuer.

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Par ailleurs, Saâd (qu’Allah l’agrée) réussit à devenir riche, sans être avare. De sa fortune licite, il sait très bien donner en vue de Dieu, dépenser pour la cause de Dieu. Lors du Pèlerinage d’adieu, il tombe malade. Recevant la visite du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), il lui dit : « Ô Messager de Dieu, j’ai une fortune et je n’ai pour héritier qu’une fille. Est-ce que je donne en aumône les deux tiers de ma fortune ? – Non, dit le Prophète. – Alors, la moitié ? – Non. – Donc, le tiers ? – Oui, dit le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et le tiers c’est beaucoup. Si tu laisses tes héritiers riches, cela vaut mieux que de les laisser dépendants des gens… » Après cela, Saâd (qu’Allah l’agrée) aura des fils.

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Saâd (qu’Allah l’agrée) est aussi un croyant qui se distingue par la crainte de Dieu. Quand il écoute le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) prêcher, il ne peut maitriser ses larmes. Il est également un homme aux actions pieuses. Un jour, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit à ses compagnons, tous assis : « Maintenant va venir un homme faisant partie des habitants du Jardin. » Les compagnons tournent la tête dans toutes les directions, à la recherche de l’heureux élu, et voilà Saâd ben Abou Waqas (qu’Allah l’agrée) qui arrive. Après cela, Abdallah ben Amr ben al-As (qu’Allah l’agrée) lui demande avec insistance de lui dire ce qu’il faut faire pour se rapprocher de Dieu, pour triompher de cette inestimable récompense. Saâd (qu’Allah l’agrée) lui dit : « Pas plus des actions (pieuses) que nous accomplissons tous. Sauf que je ne porte pas de rancune ou de mal contre aucun musulman. »

Voilà donc le compagnon que l’Émir des croyants (qu’Allah l’agrée) a choisi pour diriger les troupes musulmanes dans la bataille d’al-Qadisiya.

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De plus, Saâd (qu’Allah l’agrée) est connu pour avoir une foi inébranlable. Quand il embrasse la nouvelle religion, sa mère polythéiste essaie plusieurs fois de l’en détourner. Comme Saâd (qu’Allah l’agrée) ne se plie pas à son exigence, elle entame une grève totale de la faim. Elle se prive de manger et de boire durant plusieurs jours, mais Saâd (qu’Allah l’agrée) reste inébranlable. Le temps passant, la mère s’affaiblit dangereusement. Alors, Saâd (qu’Allah l’agrée) va lui rendre visite, sur demande d’un proche et lui dit d’une voix résolue : « Ô mère, par Dieu ! même si tu as cent âmes et qu’elles sortent l’une après l’autre, je n’abandonnerai jamais ma religion. Alors, mange si tu veux, ou ne mange pas. » Après ces mots, sa mère suspend sa grève de la faim.

Dieu fit descendre ensuite ce verset : « Mais s’ils faisaient sur toi pression pour que tu M’associes ce sur quoi tu n’as pas de science, ne leur obéis pas. » (Sourate 29 L’araignée, verset 8)

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À al-Qadisiya, Saâd Ibn Abou Waqas (qu’Allah l’agrée) dirige son armée de 30.000 combattants contre les 100.000 soldats de l’armée perse. Mais, avant la bataille décisive, il envoie quelques-uns de ses compagnons à Rostom le commandant des Perses, avec la mission précise de l’appeler à embrasser l’Islam. Les émissaires reviennent plus tard, pour lui donner le compte-rendu de leur mission : C’est la guerre.

Il aurait aimé que la bataille ait été fixée pour un autre jour, parce que ce jourlà il était malade. Mais, que peut-il faire contre le cours irrésistible des évènements ? Il se lève résolument, malgré les furoncles qui lui font très mal, adresse aux combattants un discours avec pour début … le verset « Oui, Nous avons écrit dans les Psaumes, après le Rappel, que la terre serait l’héritage de Mes adorateurs justes ». (Sourate 21 les prophètes, verset 105)

Après quoi, il dirige la prière du Dhohr avant de lancer par 4 fois le takbir devant toute l’armée. Puis, il dit à voix haute, en montrant l’objectif : « Allezy avec la bénédiction de Dieu ! » Puis, il se dirige en dépit des douleurs à la tente qui lui servira de poste de commandement, sur une hauteur. Là, il s’allonge la poitrine sur un oreiller. Désormais, il n’accorde aucune attention à son mal, il est absorbé par le déroulement des opérations. Il est occupé à donner les ordres aux détachements de combattants. « Vous ! avancez sur le flanc droit !… Et vous ! colmatez les brèches du flanc gauche !… Devant toi, Moughira !… Poursuis-les, Jarir ! engage l’attaque, Achâth !… Et toi, Qaâqaâ, avance avec tes compagnons ! » La suite est connue. Les Perses battent en retraite. Les combattants les poursuivent jusqu’à Nahaouand puis à alMadayin, où ils s’emparent du trône de Chosroês.

* * *

Dès que Saâd (qu’Allah l’agrée) est nommé gouverneur de l’émirat d’Irak, il s’attelle à bâtir le pays et à diffuser l’Islam. Par la suite, les habitants d’AlKoufa se plaignent de lui auprès du calife Omar (qu’Allah l’agrée). Ils ont dit que Saâd (qu’Allah l’agrée) ne savait pas bien diriger la prière. Saâd (qu’Allah l’agrée) dira : « Par Dieu ! je ne leur fais que la prière du Messager de Dieu. Je fais durer les deux premières rakâs et j’écourte les deux dernières. » Omar (qu’Allah l’agrée) le convoque à Médine. Il répond à la convocation. Mais quand Omar (qu’Allah l’agrée) décide de le renvoyer à al-Koufa, il dit : « M’ordonnes-tu de retourner à un peuple qui prétend que je ne sais pas bien diriger la prière ? » Puis il préfère rester à Médine.

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Lorsque Omar (qu’Allah l’agrée) est blessé à mort, il choisit six compagnons du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), dont Saâd (qu’Allah les agrée), pour élire d’entre eux le calife des musulmans. Il les a choisis en arguant que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était satisfait d’eux. Plus tard, quand l’époque des grands troubles éclate, Saâd (qu’Allah l’agrée) se retira de la vie publique. Il va jusqu’à ordonner à sa femme et ses enfants de ne rien lui rapporter sur les évènements qui secouent la communauté. Un jour, les musulmans font appel à lui. Son neveu Hachim ben Outba ben Abou Waqas va le trouver et lui dit : « Ô oncle, il y a là 100.000 musulmans armés qui pensent que, par rapport aux autres, tu as plus de droit au califat. » Saâd (qu’Allah l’agrée) refuse et lui signifie qu’il préfère voir ces hommes unis contre les mécréants.

Quand Mouâwiya (qu’Allah l’agrée) s’empare des rênes du pouvoir, il dit à Saâd : « Pourquoi ne combats-tu pas avec nous ? » Saâd (qu’Allah l’agrée) dit : « Je suis passé par un vent très ténébreux. Alors, j’ai dit : « Akh ! akh ! » et j’ai arrêté ma monture jusqu’à la dissipation de ce vent. » Mouâwiya (qu’Allah l’agrée) dit : « Dans le Livre de Dieu, il n’y a pas de Akh ! akh ! Au contraire, Dieu dit : « Si deux partis d’entre les croyants se combattent, eh bien ! réconciliez-les, si l’un d’entre eux avait commis un passe-droit au détriment de l’autre, combattez le coupable jusqu’à ce qu’il fasse retour au commandement de Dieu » (Sourate 49 Les appartements, verset 9). Toi, tu n’étais pas avec le parti injuste contre le parti juste ni avec le parti juste contre le parti injuste. »

Saâd (qu’Allah l’agrée) réplique : « Je ne suis pas celui qui combattrait un homme auquel le Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Tu occupes vis-à-vis de moi le rang que Haroun occupait vis-àvis de Moussa, sauf qu’il n’y a pas de prophète après moi. »

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Et en un certain jour de l’an 54, Saâd (qu’Allah l’agrée) s’éteint à al-Aqiq après avoir vécu plus de 80 ans. Son fils raconte : « Mon père avait la tête dans mon giron, au moment de rendre l’âme. Me voyant pleurer, il m’a dit : « Fils, qu’est-ce qui te fait pleurer ? Dieu ne me châtiera jamais… Je suis d’entre les habitants du Jardin. »

Sa foi a été inébranlable devant le secouement de la mort. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui avait annoncé la bonne nouvelle du Jardin. Puis, il a demandé de lui apporter de son armoire un vieux vêtement. Ayant eu ce vêtement entre les mains, il a dit à sa famille de l’y ensevelir, avant de donner la raison : « Je le portais lors de la bataille de Badr contre les polythéistes, et je l’ai gardé pour ce jour. » Ainsi a vécu Saâd (qu’Allah l’agrée) et ainsi il est mort que Allah soit satisfait de lui.

  • 8- Sa’id Ibn Zayd (qu’Allah l’agrée) compagnon du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

Il était le cousin de ‘Umar Ibn Al Khattab (qu’Allah l’agrée). Il fut parmi les premiers à embrasser l’Islam et mourut à Médine.

Son père Zayd, fils de `Amr, se tenait au loin des Qurayshites lorsqu’ils célébraient leurs fêtes. Les hommes étaient vêtus de turbans de brocarde et de burdabs du Yémen. Les femmes et les enfants se paraient également de leurs plus beaux vêtements et de bijoux scintillants. Zayd s’apercevait que les animaux voués au sacrifice étaient caparaçonnés et amenés pour être sacrifiés aux idoles. C’était trop difficile pour lui de rester silencieux. Appuyé contre un mur de la Ka`bah, il cria : « Ô gens de Quraysh ! C’est Dieu qui a créé les moutons. C’est Lui qui a envoyé depuis le ciel la pluie qui les abreuve et c’est Lui qui a fait pousser de la terre le fourrage qui les nourrit. Et malgré cela, vous les égorgez au nom d’un autre que Lui. En vérité, vous êtes des ignorants. »

L’oncle de Zayd, Al-Khattâb, le père de `Omar Ibn Al-Khattâb (qu’Allah l’agrée), bouillit de colère. Il avança à grands pas vers lui, le gifla violemment et cria : « Maudit sois-tu ! Nous ne cessons d’entendre de telles stupidités de ta part. Nous l’avons supporté jusqu’ici, mais notre patience a atteint ses limites. »

Al-Khattâb incita alors un certain nombre de personnes à harceler et persécuter Zayd et à rendre son existence pénible. Ces incidents, qui eurent lieu avant le début de la mission prophétique de Muhammad — paix et bénédictions sur lui —, donnèrent un avant-goût du violent conflit qui allait s’établir entre les tenants de la vérité et les partisans des pratiques idolâtres. Zayd faisait partie des rares hommes, nommés les hanîf, qui savaient vraiment ce qu’étaient les pratiques idolâtres et s’en démarquaient. Il refusait non seulement d’y prendre part, mais encore de manger toute viande sacrifiée en l’honneur des idoles. Il proclamait son adoration du Dieu d’Ibrahim — paix sur lui — et ne craignait de s’opposer aux gens en public, tel qu’il est apparu dans le précédent incident l’a démontré.

Son oncle Al-Khattâb, fidèle aux vieilles coutumes païennes des Qurayshites, fut choqué du peu de considération que Zayd avait à l’égard des divinités qu’ils adoraient. Il le fit harceler et persécuter jusqu’à ce que ce dernier soit forcé de quitter la vallée de La Mecque et d’aller chercher refuge dans les montagnes avoisinantes. Il engagea même une bande de jeunes hommes à qui il donna l’instruction de l’empêcher d’approcher La Mecque et d’entrer dans le sanctuaire.

Zayd réussit à entrer secrètement à La Mecque. Là, il rencontra des gens comme Waraqah Ibn Nawfal, `Abd Allâh Ibn Jahsh, Uthman Ibn Al-Hârith et Umaymah Bint `Abd Al-Muttalib, la tante paternelle de Muhammad Ibn `Abd Allâh (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Ils discutèrent longuement sur le profond égarement dans lequel les Arabes s’étaient engouffrés. Zayd s’adressa de la façon suivante à ses amis : « Certainement, par Dieu, vous savez que les croyances de ces gens ne sont pas valides et qu’ils ont déformé et transgressé la religion d’Ibrahim. Adoptez une religion que vous pourrez suivre et qui pourra pour apporter le salut. »

Zayd et ses amis allèrent alors trouver des rabbins et des érudits parmi les chrétiens des autres communautés afin d’en apprendre plus et revenir à la religion pure d’Ibrahim — paix sur lui —.

Parmi les quatre personnes mentionnées, Waraqah devint chrétien, `Abd Allâh Ibn Jahsh et Uthman Ibn Al-Hârith ne parvinrent pas à une conclusion nette. Quant à Zayd Ibn `Amr son histoire fut quelque peu différente. Trouvant impossible de rester à La Mecque, il quitta le Hijâz et se dirigea vers Mossoul, au Nord de l’Iraq puis vers le sud-ouest de la Syrie. Tout au long de son voyage, il interrogea des moines et des rabbins à propos de la religion d’Ibrahim (sur lui la paix). Le moine lui conseilla, s’il lui venait à rencontrer le Prophète — paix et bénédictions sur lui —, de n’avoir aucune hésitation à le reconnaître et à le suivre.

Zayd revint sur ses pas et se dirigea vers La Mecque avec l’intention de rencontrer ce fameux prophète. Alors qu’il passait par le territoire de Lakhm, à la frontière sud de la Syrie, il fut attaqué par un groupe de nomades arabes puis tué avant d’avoir pu voir le Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Avant de pousser son dernier soupir, il leva les yeux au ciel et dit : « Ô Seigneur ! Si Tu m’as empêché d’atteindre ce bien, n’empêche pas mon fils d’en faire autant. »

Il est dit que, quand Waraqah apprit la mort de Zayd, il écrivit un éloge à son sujet. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — le loua également et dit : « Le jour de la résurrection, il sera élevé comme ayant, à lui tout seul, la valeur de tout un peuple. »

Dieu, qu’Il soit glorifié, entendit la prière de Zayd. Lorsque Muhammad, le Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui —, invita les gens à l’islam, son fils Sa`îd (qu’Allah l’agrée) fut parmi les premiers à croire à l’unicité de Dieu et à affirmer sa foi en la prophétie de Muhammad — paix et bénédictions sur lui —. Cela n’est pas étrange puisque Sa`îd (qu’Allah l’agrée) grandit dans un foyer qui répudiait les coutumes idolâtres des Qurayshites et qu’il fut élevé par un père qui passa sa vie à rechercher la vérité et qui mourut à la poursuite de celle-ci.

Sa`îd (qu’Allah l’agrée) n’avait pas encore vingt ans lorsqu’il embrassa l’islam. Sa jeune et sérieuse épouse Fâtimah (qu’Allah l’agrée), fille d’Al-Khattâb et sœur de `Omar (qu’Allah l’agrée), accepta également l’islam assez tôt. Ils réussirent tous deux à cacher leur appartenance à cette religion aux yeux des Qurayshites et surtout de la famille de Fâtimah pendant un certain moment. Elle craignait à la fois son père et son frère `Omar qui avaient appris à vénérer la Ka`bah et étaient attachés à l’unité des Qurayshites ainsi qu’à leur religion.

`Omar était un jeune homme têtu et d’une grande détermination. Il vit en l’islam une menace pour les Qurayshites et devint très violent dans ses attaques envers les Musulmans. Il décida que le seul moyen de mettre fin à ces troubles était d’éliminer l’homme qui les avait causés. Guidé par une fureur aveugle, il saisit son épée et partit en direction du Prophète — paix et bénédictions sur lui —. Sur son chemin il tomba nez à nez avec un homme qui croyait secrètement au Prophète — paix et bénédictions sur lui — et qui, en voyant l’expression de son visage, lui demanda ce qu’il faisait. « Je vais tuer Muhammad… » répondit-il.

Il n’y avait aucun doute sur son amertume et ses intentions meurtrières. Le croyant chercha à l’en dissuader, mais `Omar n’écouta aucun de ses arguments. Il essaya alors de le divertir pour avoir au moins le temps de prévenir le Prophète — paix et bénédictions sur lui —.

« `Omar ! dit-il, pourquoi ne vas-tu pas d’abord voir les gens de ta propre maison pour les remettre dans le droit chemin ?

– Quelles gens de ma maison ? demanda `Omar.

– Ta sœur Fâtimah et ton beau-frère Sa`îd. Ils ont tous deux abandonné ta religion et suivent celle de Muhammad »

`Omar se dirigea alors vers la maison de sa sœur et l’appela avec colère. Khabbâb Ibn Al-Aratt, qui venait souvent réciter le Coran à Sa`îd et Fâtimah (qu’Allah les agrée), était avec eux. Lorsqu’ils entendirent la voix de `Omar, Khabbâb se cacha dans un coin et Fâtimah dissimula le manuscrit, mais `Omar avait entendu leur récitation et il dit en entrant : « Quel est ce balbutiement que j’ai entendu ?! ».

Ils tentèrent de lui faire croire qu’il avait entendu une conversation normale, mais il insista : « Je l’ai entendu, dit-il, et il est possible que vous soyez tous deux devenus des renégats !! ».

« As-tu déjà pensé que la vérité pouvait ne pas se trouver dans ta religion ? » dit Sa`îd à `Omar en essayant de le raisonner. `Omar se jeta, malgré tout, sur son beau-frère en le frappant aussi fort qu’il le put. Fâtimah (qu’Allah l’agrée) alla défendre son mari et `Omar frappa son visage qui se mit à saigner.

« Ô `Omar ! dit Fâtimah en colère, et si la vérité ne se trouvait pas dans ta religion ? Je témoigne qu’il n’y a de Dieu qu’Allah et je témoigne que Muhammad est le Messager de Dieu. »

La blessure de Fâtimah (qu’Allah l’agrée) saignait. Lorsque `Omar vu le sang, il fut horrifié de ce qu’il venait de faire. Un changement s’opéra en lui et il dit à sa sœur : « Donne-moi ce texte que tu as pour que je le lise. » Comme eux, `Omar savait lire, mais lorsqu’il demanda le texte, Fâtimah (qu’Allah l’agrée) lui dit : « Tu es impur et seuls les purs peuvent le toucher. Accomplis les grandes ablutions d’abord. »

C’est ainsi que `Omar alla se laver. Sa sœur lui donna la page sur laquelle étaient écrits les premiers versets de la sourate Ta Ha. Il commença à lire et lorsqu’il atteint le verset : « Moi, en vérité, je suis Dieu ! Adore-moi donc ! Observe la prière en invoquant mon nom ! » (Sourate 20 Tâ Ha, verset 14), il dit : « Montrez-moi où se trouve Muhammad ! »

`Omar se dirigea alors vers la maison d’Al-Arqam et déclara son entrée en islam. Le Prophète — paix et bénédictions sur lui — ainsi que ses compagnons en furent réjouis.

Sa`îd et sa femme Fâtimah (qu’Allah les agrée) avaient été la cause immédiate de la conversation de l’homme fort et déterminé qu’était `Omar (qu’Allah l’agrée) et ceci vint s’ajouter au pouvoir et au prestige de cette foi émergente.

Sa`îd Ibn Zayd (qu’Allah l’agrée) était entièrement dévoué au Prophète — paix et bénédictions sur lui — et au service de l’islam. Il participa à toutes les grandes campagnes et rencontres engagées par le Prophète — paix et bénédictions sur lui — à l’exception de celle de Badr. Avant Badr, il fut envoyé par le Prophète — paix et bénédictions sur lui — ainsi que Talhah à Hawra (qu’Allah les agrée) sur les côtes de la mer rouge, à l’ouest de Médine, afin de lui apporter des nouvelles concernant une caravane des Qurayshites qui revenait de la Syrie. Quand Sa`îd et Talhah (qu’Allah les agrée) retournèrent à Médine, le Prophète — paix et bénédictions sur lui — était déjà parti pour Badr avec la première armée musulmane composée de trois cents hommes.

Après la mort du Prophète — paix et bénédictions sur lui —, Sa`îd (qu’Allah l’agrée) continua à jouer un rôle important dans la communauté musulmane. Il fut parmi ceux qu’Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) consulta à propos de sa succession et son nom fut souvent lié à des compagnons tels que `Uthmân, Abû Ubaydah et Sa`d Ibn Abî Waqqâs (qu’Allah les agrée) au cours des batailles qui furent menées. Il était connu pour son courage et son héroïsme. Le récit de la bataille de Yarmûk en donne un aperçu. Il dit : « Pour la bataille de Yarmûk, nous étions à peu près vingt-quatre mille. Les Byzantins avaient mobilisé cent vingt mille hommes. Ils avancèrent vers nous dans un mouvement lourd comme si les montagnes étaient en train de bouger. Les évêques et les prêtres progressaient à leur tête en portant des croix et chantant des litanies qui étaient répétées par les soldats derrière eux.

Lorsque les Musulmans se rendirent compte de leur vaste mobilisation, ils s’inquiétèrent de leur grand nombre et un sentiment d’anxiété et de peur envahit leur cœur. Alors, Abû Ubaydah (qu’Allah l’agrée) se tint devant les Musulmans et les encouragea à se battre : « Adorateurs de Dieu !, dit-il, aidez Dieu et Dieu vous aidera et affermira vos pas. Adorateurs de Dieu ! Soyez patients et résolus, car ce sont des qualités qui vous apporteront le salut, c’est un moyen d’atteindre la satisfaction de Dieu et une défense contre l’ignominie et le déshonneur. Déployez vos lances et protégez-vous avec vos boucliers. Ne prononcez aucune parole si ce n’est l’évocation de Dieu Le Très-Haut jusqu’à ce que je vous en donne l’ordre, si Dieu veut. »

Alors, un homme sortit des rangs des musulmans et dit : « J’ai décidé de mourir durant cette heure. Avez-vous un message à passer au Messager de Dieu — paix et bénédictions sur lui — ?

– Oui, répondit Abû Ubaydah (qu’Allah l’agrée), passe-lui le Salam de ma part ainsi que de celle des musulmans et dis-lui : « Ô Messager de Dieu ! Ce que notre Seigneur nous a promis est véridique. ». »

Lorsque je vis cet homme parler ainsi puis saisir son épée pour affronter l’ennemi, je me jetai au sol et rampai à quatre pattes et, avec mon épée, je fis tomber le premier ennemi à cheval qui avançait vers nous. Puis, je me lançai sur l’ennemi et Dieu ôta de mon cœur toute peur. Les musulmans s’engagèrent alors et continuèrent à se battre jusqu’à la victoire. »

Sa`îd Ibn Zayd (qu’Allah l’agrée) était le cousin de ‘Umar Ibn Al Khattab (qu’Allah l’agrée). Il fut parmi les premiers à embrasser l’Islam et mourut à Médine.

  • 9- Abu ‘Ubayda ‘Umar Ibn Jarâh (qu’Allah l’agrée) compagnon du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

« Chaque communauté a un loyal, et le loyal de cette communauté est Abou Oubayda b. al-Jarrah. »

Voilà ce que le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait dit de ce valeureux compagnon. Le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ne se contenta pas de ce témoignage en faveur de Oubayda. Lors de l’expédition de Dhat as-Salasil, il l’envoya en renfort à Amr b. al-As, en tant que commandant d’une colonne qui comprenait Abou Bakr et Omar (qu’Allah les agrée). Abou Oubayda (qu’Allah l’agrée) fut en outre le premier compagnon qui reçut le titre d’Émir des émirs.

D’ailleurs, il devint musulman sous l’impulsion d’Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) dès les premiers jours de l’avènement de l’Islam, et ce avant que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ne prît la maison d’al-Arqam (qu’Allah l’agrée) comme lieu de rencontre. Il fut aussi l’un des compagnons de la Seconde émigration d’Abyssinie. Après l’installation du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à Médine, Abou Oubayda (qu’Allah l’agrée) retourna auprès de lui, pour participer à Badr, Ouhoud et toutes les autres batailles. Après la disparition du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), il continua son combat sous les Califats d’Abou Bakr et de Omar (qu’Allah les agrée).

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La loyauté était l’une des qualités les plus évidentes d’Abou Oubayda (qu’Allah l’agrée). À la bataille d’Ouhoud, celui-ci resta non loin du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour intervenir vite et le protéger contre un éventuel danger. En effet, après que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) eut été blessé, Oubayda (qu’Allah l’agrée) accourut auprès de lui.

À cet effet, Abou Bakr (qu’Allah l’agrée) laissa ce témoignage : « Dans la bataille d’Ouhoud, lorsque le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a été blessé aux joues par les mailles de son casque, j’ai couru vers lui en même temps qu’un autre qui venait de l’autre côté. Quand nous sommes arrivés auprès du Messager, je l’ai reconnu. C’était Abou Oubaydab. al-Jarrah. En prenant les devants, il m’a demandé de le laisser retirer les mailles. Alors je l’ai laissé… »

Dans l’expédition d’al-Khabat, Abou Oybayda (qu’Allah l’agrée) fut, sur ordre du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), le commandant de la colonne musulmane, composée alors de plus de 300 combattants.

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Quand les délégués de Najran entrèrent convertis à Médine, ils demandèrent qu’un compagnon soit envoyé avec eux, pour que celui-ci leur enseigne la religion musulmane. Le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur répondit alors : « Je vais envoyer avec vous un homme loyal. » À cet effet, Omar b. al-Khattab (qu’Allah l’agrée) laissa ce témoignage : « Ce jour-là, j’ai tant aimé être l’émir à désigner… Quand le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) termina la présidence de la prière du dhuhr, il se mit à regarder à droite et à gauche. Je me mis à me montrer, pour être vu de lui. Il continua à chercher de son regard si bien qu’il vit Abou Oubayda b. alJarrah. Il l’appela et lui dit : « Va avec eux et juge avec le Vrai sur l’objet de leur différend. » Ainsi Oubayda triompha-t-il de cette distinction ! »

* * *

Après la disparition du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), Oubayda (qu’Allah l’agrée) resta fidèle au poste. Il assuma ses responsabilités de musulman avec loyauté. Une fois, quand le calife Omar (qu’Allah l’agrée) eut décidé de démettre Khalid b. al-Walid du commandement de l’armée qui était prête à livrer une grande bataille, Oubayda (qu’Allah l’agrée) intercepta l’ordre écrit et demanda au messager de ne pas le transmettre à Khalid, avant la fin de la bataille.

La bataille se terminant par la victoire des musulmans, il remit la missive à Khaled (qu’Allah l’agrée). Celui-ci dit alors : « Que Dieu t’accorde miséricorde, Ô Abou Oubayda ! Pourquoi ne m’en as-tu pas informé dès l’arrivée de l’écrit ? » Oubayda (qu’Allah l’agrée) dit : « Je n’ai pas aimé te prendre ta bataille. Et puis, ce n’est pas le pouvoir de l’ici-bas que nous voulons, et ce n’est pas pour l’ici-bas que nous œuvrons. Nous sommes tous des frères en vue de Dieu. »

* * *

Par la suite, Abou Oubayda (qu’Allah l’agrée) devint l’Émir des émirs en Syrie, où se trouvaient les plus puissantes armées musulmanes. Mais ce poste ne le changea point. Il était resté le même ; un combattant modeste au service de la cause musulmane. Et quand des informations parvinrent à lui, disant que les Syriens étaient éblouis de son rang, il les réunit et leur dit : « Ô gens ! je ne suis qu’un musulman issu de Qouraych. »

Mais, en tant que gouverneur général, ses ordres devaient être appliqués. Une autre fois, à l’occasion d’une visite en Syrie, le calife Omar b. al-Khattab (qu’Allah l’agrée) remarqua la demeure de son compagnon Abou Oubayda (qu’Allah l’agrée). Ne trouvant dans la maison que le sabre, le bouclier et la monture de son compagnon, il lui dit en souriant : « Pourquoi ne te donnes-tu pas des largesses comme les autres gens ? »

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Plus tard, Abou Oubayda b. al-Jarrah (qu’Allah l’agrée) mourut en Jordanie, où il fut enterré. C’était lui qui libéra ce pays du paganisme perse et de l’oppression des Byzantins. Quand la nouvelle du décès parvint à Médine, le calife Omar (qu’Allah l’agrée) dit à ce propos : « Si j’avais à souhaiter une chose, je souhaiterais une maison pleine d’hommes qui ressemblent à Abou Oybayda. »

Il participa à toutes les batailles. ‘Umar le nomma chef d’armée à plusieurs reprises lors de son califat. Il mourut de la peste en Syrie.

  • 10- ‘Abderrahmane Ibn ‘Awf (qu’Allah l’agrée) compagnon du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

Un jour, alors que le calme planait sur Médine, une grande caravane commerciale vint provoquer une agitation inhabituelle parmi les habitants. La Mère des croyants Aïcha (qu’Allah l’agrée), qui avait entendu cette agitation, demanda : « Qu’est-ce qui se passe à Médine ? » On lui répondit : « C’est une caravane appartenant à Abdrahman b. Aouf qui arrive de Syrie avec des marchandises. » Elle dit : « Une caravane qui provoque toute cette agitation ! » On lui dit : « Oui, Mère des croyants c’est une caravane de 700 chameaux ! » Sur ce, Aïcha (qu’Allah l’agrée) souleva la tête, en regardant loin et longuement comme pour se rappeler quelque chose, puis dit : J’ai entendu le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dire : « J’ai vu Abdrahman entrer au Jardin en se traînant. »

On rapporta ce propos d’Aïcha à Abdrahman (qu’Allah les agrée), avant même le déchargement des marchandises. Le compagnon marchand se rendit immédiatement auprès d’elle et lui dit : « Tu m’a rappelé un hadith que je n’oublie d’ailleurs pas. » Puis, il lui déclara qu’il donnait toutes les marchandises en aumônes, en vue de Dieu. Après quoi, il mit en œuvre sa décision, en faveur des Médinois. Ce fait authentique, à lui seul, nous révèle, comment était la vie de ce compagnon du Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il était un riche commerçant aux activités florissantes, ainsi qu’un croyant doté d’une foi solide, qui recherchait toujours la récompense du Jardin.

* * *

Ce valeureux compagnon embrassa l’Islam dès les premières heures de l’appel à la croyance lancé par le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), c’est à dire, avant que le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ne prît la demeure d’al-Arqam comme lieu de réunion. Il est l’un des huit premiers musulmans et il fait partie des dix compagnons qui ont triomphé de la belle annonce du Jardin faite par le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

En outre, il fit la première et la seconde émigration d’Abyssinie et aussi l’émigration de Médine, avant de prendre part à la bataille de Badr et à toutes les autres batailles. Par ailleurs, le khalife Omar b. al-Khattab le désigna, avant de mourir, dans le comité de consultation des six compagnons, qui devront nommer l’un d’entre eux khalife (qu’Allah les agrée).

* * *

Abdrahman b. Aouf (qu’Allah l’agrée) avait bien eu de la chance dans sa vie de commerçant, si bien qu’il en fut étonné. Une fois, il avait dit : « Même si je soulève une pierre, je trouve à cet endroit de l’or ou de l’argent ! » Toutefois, le commerce n’était nullement source d’avidité pour lui. Quand il n’était pas à la mosquée en train de prier ou en expédition en train de combattre sur le chemin de Dieu, il était occupé par son commerce.

Lorsqu’il s’établit à Médine, il préféra vivre de son propre labeur, jusqu’à la fin de ses jours, à l’âge de 75 ans. Lisons plutôt le hadith rapporté par Anas b. Malik (qu’Allah l’agrée) : « Saâd b. ar-Rabiâ dit à Abdrahman (Le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ayant fraternisé entre les deux) : « Mon frère, je suis le plus riche des Médinois. Choisis la partie de mes biens que tu veux et prends-la. Et puis, j’ai deux épouses. Choisis celle qui te plaît et je la répudie pour que tu l’épouses. » Abdrahman (qu’Allah l’agrée) lui dit alors : « Que Dieu bénisse ta famille et tes biens!…Montrez-moi où se trouve le souk. »

Après quoi, il alla au souk. Il acheta, vendit et gagna des bénéfices. La prospérité de son commerce était sûrement due à la bénédiction de Dieu, car la plus grande part allait à la cause de l’Islam, au ravitaillement des combattants musulmans, au soutien des proches et à l’aide des démunis. Depuis qu’il entendit le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui dire : « Ô Ibn Aouf, tu es l’un des riches, et tu entreras au Jardin en te traînant. Alors, donne à Dieu un (beau) prêt et Il te libèrera les pieds ! », Abdrahman (qu’Allah l’agrée) ne s’arrêta pas de prêter à Dieu de beaux prêts, de sorte que Dieu les lui doublait largement.

Une fois, il vendit une terre au prix de 40.000 dinars. Puis il donna cette somme à ses proches d’entre les Banou Zouhra, aux Mères des croyants et aux pauvres d’entre les musulmans (qu’Allah les agrée). Une autre fois, il offrit 500 chevaux aux combattants musulmans, et 1500 chameaux une autre fois encore.

Avant de mourir, il donna 50.000 dinars pour la cause de Dieu et 400 dinars à chacun des combattants à Badr encore vivants, si bien qu’Othman b. Affan (qu’Allah l’agrée), qui était riche, les prit en disant : « Le bien de Abdrahman est licite et pur… »

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Un autre aspect de sa personnalité. Abdrahman (qu’Allah l’agrée) était le maître de sa richesse et non l’esclave. Il la fructifiait facilement et licitement, puis il n’en profitait pas seul. Sa famille, ses proches, ses compagnons et sa communauté en profitaient tous. Ses dons ne se comptaient plus si bien qu’on avait dit : « Les habitants de Médine sont tous les associés d’Ibn Aouf dans sa fortune. A un tiers d’entre eux, il donne des prêts ; à un autre tiers, il paie leurs dettes ; un autre tiers encore, il les gratifie de dons. »

De plus, il avait toujours une grande crainte de sa fortune. Un jour, au moment de déjeuner (ce jour-là, il avait jeuné), il perdit l’appétit en voyant le repas, fondit en larmes et dit : « Mousâb b. Oumayr est tombé en martyr et il est mieux que moi. C’est qu’il a eu comme linceul une (simple) robe qui laissait ses pieds se découvrir quand elle couvrait sa tête, et laissait sa tête se découvrir quand elle couvrait ses pieds. Hamza est tombé aussi en martyr et il est mieux que moi. C’est qu’on ne lui a trouvé comme linceul qu’une (simple) robe. Puis, on a tant étalé pour nous des biens de l’ici-bas et on nous en a tant donné, de sorte que j’ai peur que nos belles actions nous soient devancées. »

En outre, malgré sa grande fortune, il était d’une modestie illimitée, si bien qu’on avait dit de lui : « Si un étranger le voit assis avec ses serviteurs, il ne peut le distinguer d’eux. » Par ailleurs, dans la bataille d’Ouhoud, il avait reçu une vingtaine de blessures, dont l’une lui avait laissé une jambe boiteuse, comme il y avait perdu une de ses dents.

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Puisque la richesse n’avait aucune incidence négative sur lui, Abdrahman (qu’Allah l’agrée) ne fut nullement attiré par le pouvoir. Quand on lui dit qu’il méritait la succession du khalife Omar, face aux cinq autres compagnons qui formaient avec lui le comité des six (qu’Allah les agrée), il rétorqua ainsi : « Par Dieu ! si on prend un couteau et qu’on le passe sur ma gorge d’un bout à l’autre, cela m’est plus préférable. » Et lorsqu’il choisit Othman b. Affan comme khalife, les quatre autres compagnons approuvèrent (qu’Allah les agrée).

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Enfin, en l’an 32 de l’Hégire, au moment où Abdrahman (qu’Allah l’agrée) allait rendre l’âme, la Mère des croyants Aïcha (qu’Allah l’agrée) lui accorda l’honneur d’être enterré à côté du Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), Abou Bakr et Omar (qu’Allah les agrée). Mais il refusa à cause d’un serment scellé avec Othman b. Madhoun (qu’Allah l’agrée), lequel disait que l’un serait enterré à côté de l’autre. Juste avant de mourir, il dit : « J’ai peur d’être empêché de rejoindre mes compagnons, à cause de la grande fortune que j’ai eue. »

Peut-être se rappela-t-il à ce moment le hadith du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) : « Abdrahman b. Aouf ira au Paradis. », ainsi que la promesse de Dieu : « Ceux qui font dépense de leurs biens sur le chemin de Dieu, et qui plus est ne font pas suivre leur dépense d’étalage ni de tort, trouveront leur salaire auprès de leur Seigneur. Pour eux, pas de crainte à se faire, non plus qu’ils n’aient de tristesse. » (Sourate 2 La vache, verset 262)

Abdoullâh ibn Mas’oûd (qu’Allah l’agrée) a dit : « Eux sont les Compagnons de Muhammad (sur lui soit la paix). Ils étaient la meilleure partie de cette Umma : ceux qui avaient les cœurs les plus vertueux, ceux qui étaient les plus profonds en connaissance et ceux qui faisaient le moins de maniérisme. Dieu les a choisis pour être en compagnie de Son Prophète et pour établir Sa religion. Reconnaissez donc leur valeur et suivez leurs traces. Et attachez-vous à ce que vous pouvez de leurs qualités et de leur conduite. Car ils étaient sur le chemin droit ».  (Cité dans Mishkât ul-maçâbîh, ).

Qu’Allah fasse miséricorde aux compagnons du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Qu’Allah soit satisfait d’eux et de ceux qui ont suivi leurs traces.

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani