LES QUATRE GRANDES ÉCOLES JURIDIQUES DE L’ISLAM SUNNITE – L’ECOLE MALIKITE
Les quatre Madhâhib — Une même référence au Noble Coran et à la Sunna, des méthodes juridiques différentes et un héritage scientifique commun.
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
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DEUXIÈME PARTIE : L’ECOLE MALIKITE — المذهب المالكي
Biographie de l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde)
L’Imam de Médine l’Illuminée — Fondateur de l’école juridique mâlikite
بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَٰنِ الرَّحِيمِ
Au nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Que les prières et la paix d’Allâh soient sur notre maître et Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ, sur sa noble famille et sur l’ensemble de ses Compagnons.
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- Sa naissance, son ascendance et sa biographie
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) est l’un des quatre grands imams fondateurs des écoles juridiques sunnites.
Il est connu sous le surnom d’Abû ‘Abd Allâh, c’est-à-dire le père de ‘Abd Allâh.
Son nom et son ascendance sont rapportés ainsi :
Mâlik ibn Anas ibn Abî ‘Âmir ibn ‘Amr ibn al-Ḥârith al-Aṣbaḥî al-Madanî.
Son ascendance est traditionnellement rattachée aux tribus arabes du Yémen, notamment à Qaḥṭân.
Son ancêtre Abû ‘Âmir est présenté dans plusieurs sources biographiques comme ayant vécu à l’époque du Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ. Certains récits le mentionnent parmi ceux qui participèrent aux expéditions prophétiques, à l’exception de Badr.
Son grand-père est également associé, dans certaines traditions historiques, aux événements qui suivirent le décès du calife ‘Uthmân ibn ‘Affân (qu’Allâh l’agrée).
Sa mère se nommait al-‘Âliya bint Sharîk ibn ‘Abd ar-Raḥmân.
Parmi ses enfants sont mentionnés Yaḥyâ, Muḥammad et Ḥammâd.
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) naquit à Médine l’Illuminée. L’année généralement retenue par les historiens est 93 de l’Hégire, bien que certaines traditions mentionnent l’année 95.
Il grandit dans une ville qui conservait un héritage exceptionnel de la vie du Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ, de ses Compagnons et des premières générations de musulmans.
Dès sa jeunesse, il manifesta un profond attachement à l’apprentissage de la science religieuse, particulièrement à la jurisprudence et à la transmission des hadiths.
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- Ses maîtres et sa formation scientifique
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) reçut l’enseignement de nombreux savants de Médine, parmi lesquels :
- Nâfi‘, l’affranchi de ‘Abd Allâh ibn ‘Umar.
- Muḥammad ibn Shihâb az-Zuhrî.
- Abû az-Zinâd.
- Rabî‘a ibn Abî ‘Abd ar-Raḥmân.
- Yaḥyâ ibn Sa‘îd al-Anṣârî.
- ‘Â’isha bint Sa‘d ibn Abî Waqqâṣ.
Il apprit auprès des Successeurs des Compagnons (Tâbi‘ûn) et de leurs successeurs.
Sa formation fut marquée par une attention particulière à la transmission des hadiths, à la connaissance des avis des Compagnons et à la pratique religieuse des habitants de Médine.
Il acquit progressivement une maîtrise exceptionnelle de la jurisprudence, au point de devenir une référence scientifique dans sa ville.
Selon les récits biographiques, il commença à enseigner et à donner des avis juridiques très jeune, après avoir été reconnu comme compétent par des savants de son époque.
Sa réputation se propagea dans les différentes régions du monde musulman. Des étudiants entreprenaient de longs voyages pour assister à ses assemblées et recevoir son enseignement.
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- Ses élèves et la diffusion de sa science
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) eut un très grand nombre d’élèves.
Le Qâḍî ‘Iyâḍ, dans son ouvrage Tartîb al-Madârik, a consacré une étude importante à sa vie et aux savants qui ont transmis son enseignement.
Parmi ses élèves les plus célèbres figurent :
- L’Imam Muḥammad ibn Idrîs ash-Shâfi‘î (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
- ‘Abd Allâh ibn al-Mubârak (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
- ‘Abd ar-Raḥmân ibn al-Qâsim (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
- ‘Abd Allâh ibn Wahb (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
- Yaḥyâ ibn Yaḥyâ al-Laythî (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
Des savants de sa génération, dont Sufyân ath-Thawrî (qu’Allâh lui fasse miséricorde), ont également transmis de lui.
Grâce à ces hommes de science, son enseignement se diffusa au Maghreb, en Andalousie, en Égypte, en Afrique de l’Ouest et dans de nombreuses autres régions.
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- Le savant de Médine annoncé dans le hadith
Il est rapporté du Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ :
يُوشِكُ أَنْ يَضْرِبَ النَّاسُ أَكْبَادَ الْإِبِلِ فَلَا يَجِدُونَ عَالِمًا أَعْلَمَ مِنْ عَالِمِ الْمَدِينَةِ
« Il viendra bientôt un temps où les gens entreprendront de longs voyages sans trouver de savant plus instruit que le savant de Médine. »
Ce hadith est rapporté notamment par at-Tirmidhî, dans ses Sunan, n° 2680, avec une formulation proche.
Plusieurs savants ont considéré que le savant de Médine évoqué dans ce hadith était l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
Cette identification constitue une interprétation rapportée par des savants, et non une désignation nominative figurant dans le texte du hadith.
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- Son immense respect pour le Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) accordait une importance exceptionnelle au respect du Messager d’Allâh ﷺ et de ses paroles.
Lorsqu’il souhaitait transmettre un hadith, il accomplissait ses ablutions, mettait des vêtements propres, se parfumait, arrangeait sa barbe et prenait place avec dignité.
Il s’asseyait dans une attitude empreinte de respect, de recueillement et de crainte révérencielle d’Allâh.
Lorsqu’on l’interrogea sur cette pratique, il répondit, selon les récits rapportés :
« J’aime honorer le hadith du Messager d’Allâh ﷺ et je n’aime le rapporter qu’en étant en état de purification et convenablement assis. »
Ainsi, pour l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde), transmettre les paroles prophétiques n’était pas un simple exercice intellectuel.
C’était un acte religieux qui exigeait respect, pureté et présence du cœur.
Son émotion à l’évocation du Prophète ﷺ
Muṣ‘ab ibn ‘Abd Allâh rapporte que, lorsque le Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ était mentionné devant l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde), la couleur de son visage changeait et il manifestait une profonde humilité.
Interrogé sur cette émotion, il expliqua qu’il avait lui-même connu des savants dont le respect pour le Messager d’Allâh ﷺ était immense.
Il évoqua notamment Muḥammad ibn al-Munkadir, qui pleurait lorsqu’il était interrogé sur un hadith.
Il mentionna également Ja‘far ibn Muḥammad aṣ-Ṣâdiq (qu’Allâh lui fasse miséricorde), qui souriait fréquemment, mais dont le visage changeait lorsque le Prophète ﷺ était évoqué.
Il disait avoir vu Ja‘far aṣ-Ṣâdiq (qu’Allâh lui fasse miséricorde) dans des états d’adoration, de silence ou de récitation du Noble Coran.
Ces exemples avaient profondément marqué l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
Ils témoignaient, à ses yeux, de la grandeur de l’amour et du respect dus au Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ.
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- La science doit être honorée
Il est rapporté que le calife Hârûn ar-Rashîd, lors de son passage à Médine, souhaita entendre la lecture du Al-Muwaṭṭa’.
Il envoya un représentant demander à l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) de venir lui enseigner l’ouvrage.
Selon le récit, l’Imam répondit :
« La science, on vient la chercher ; ce n’est pas elle qui vient chercher les gens. »
Le calife se rendit alors auprès de lui.
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) lui rappela que l’honneur accordé à la science religieuse faisait partie du respect dû au Messager d’Allâh ﷺ.
Cette attitude ne relevait pas de l’orgueil ou du mépris envers le gouverneur.
Elle visait à rappeler que la science religieuse possède une dignité qui doit être respectée par tous, gouvernants comme gouvernés.
Ses assemblées d’enseignement
Lorsque des personnes venaient assister à son enseignement, il leur faisait demander si elles souhaitaient étudier des questions de jurisprudence ou écouter des hadiths.
Pour les questions juridiques, il venait répondre aux étudiants.
Mais lorsqu’il s’agissait de transmettre les paroles du Messager d’Allâh ﷺ, il prenait un soin particulier à se préparer.
Il accomplissait ses ablutions, se parfumait, mettait des vêtements propres et prenait place sur une estrade préparée à cet effet.
Certains récits mentionnent également l’usage d’encens durant ces assemblées.
Il voulait ainsi enseigner, par son propre comportement, que les paroles prophétiques méritent une attention et un respect particuliers.
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- Le rêve rapporté par ad-Darâwardî
Ad-Darâwardî rapporte avoir vu en rêve le Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ dans sa mosquée, exhortant les gens.
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) serait alors entré.
Selon ce récit, le Prophète ﷺ l’aurait invité à s’approcher de lui, puis aurait retiré une bague de son doigt pour la placer au doigt de l’Imam.
Ad-Darâwardî interpréta ce rêve comme un symbole de transmission de la science.
Ce récit est rapporté dans la littérature traditionnelle consacrée aux mérites de l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde).
Il doit être présenté comme un rêve rapporté, et non comme une preuve indépendante établissant une prescription religieuse.
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- Sa rigueur dans la transmission des hadiths
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) était particulièrement attentif à la fiabilité des transmetteurs.
Il ne considérait pas la transmission des paroles prophétiques comme une responsabilité légère.
Ibn Ḥibbân, dans Ath-Thiqât, souligne sa rigueur dans le choix des personnes auprès desquelles il recevait les traditions.
Il recherchait des transmetteurs reconnus pour leur honnêteté, leur connaissance et leur sérieux religieux.
Cette exigence contribua à la grande réputation de son enseignement.
L’Imam ash-Shâfi‘î (qu’Allâh lui fasse miséricorde) aurait dit à son sujet :
« Lorsque les savants sont mentionnés, Mâlik est une étoile. »
Yaḥyâ ibn Sa‘îd al-Qaṭṭân (qu’Allâh lui fasse miséricorde) le qualifia d’« Émir des croyants dans le hadith », selon une formule rapportée dans les ouvrages biographiques.
Ces témoignages expriment le rang considérable que l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) occupait parmi les spécialistes de la tradition prophétique.
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- La croyance de l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde)
Le tawḥîd et l’exemption d’Allâh de toute ressemblance
Les quatre grands imams sunnites, Abû Ḥanîfa, Mâlik ibn Anas, ash-Shâfi‘î et Aḥmad ibn Ḥanbal (qu’Allâh leur fasse miséricorde), ont tous affirmé l’unicité d’Allâh et l’obligation de préserver Sa transcendance.
Le fondement de cette croyance est la parole d’Allâh, l’Adoré :
لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ الْبَصِيرُ
« Il n’y a rien qui Lui ressemble ; et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant. »
Sourate Ash-Shûrâ, 42:11.
Dans la tradition théologique acharite, cette parole signifie qu’Allâh est exempt de toute ressemblance avec Ses créatures.
Il n’est pas un corps, Il n’est pas composé de membres, Il n’est pas soumis aux dimensions, aux limites, au mouvement ou à l’immobilité.
Il ne dépend d’aucun endroit, d’aucune direction et d’aucune créature.
La parole rapportée par Ibn Ḥajar al-Haytamî
Ibn Ḥajar al-Haytamî rapporte dans Al-Minhâj al-Qawîm, d’après al-Qarâfî et d’autres savants :
واعلم أنّ القرافيّ وغيره حكوا عن الشّافعيّ ومالكٍ وأحمد وأبي حنيفة رضي الله عنهم القول بكفر القائلين بالجهة والتّجسيم وهم حقيقون بذلك
« Sache qu’al-Qarâfî et d’autres ont rapporté de ash-Shâfi‘î, Mâlik, Aḥmad et Abû Ḥanîfa (qu’Allâh leur fasse miséricorde) qu’ils considéraient comme mécréants ceux qui attribuent à Allâh une direction ou un corps, et qu’ils avaient raison de le dire. »
Cette citation est transmise dans la littérature théologique postérieure. Elle doit être distinguée d’une parole directement attestée de chacun des quatre imams par une chaîne indépendante.
Elle exprime une position doctrinale de rejet du corporalisme divin. Son application à des personnes déterminées relève de règles théologiques et juridiques distinctes et ne doit pas être faite sans compétence.
L’exemption d’Allâh de l’endroit et du changement
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) appartenait aux premières générations de savants qui transmettaient la croyance en l’unicité et en la transcendance d’Allâh.
Dans la compréhension acharite, Allâh est exempt de l’endroit, de la forme, du mouvement, du déplacement et du changement.
Ces caractéristiques appartiennent aux créatures et ne sauraient être attribuées au Créateur.
La croyance en Allâh repose sur la reconnaissance de Ses attributs de perfection, sans assimilation aux caractéristiques des êtres créés.
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- L’istiwa’ et la célèbre réponse de l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde)
Allâh dit :
الرَّحْمَٰنُ عَلَى الْعَرْشِ اسْتَوَىٰ
Le Tout Miséricordieux S’est établie « Istawâ » sur le Trône.
Sourate Ṭâ-Hâ, 20:5.
Il est rapporté qu’un homme entra dans l’assemblée de l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) et lui demanda :
« Ô Abû ‘Abd Allâh ! Le Tout Miséricordieux a fait mention de l’istiwa’ sur le Trône. Comment cela est-il ? »
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) demeura silencieux un moment, profondément affecté par cette question.
Puis il répondit, selon l’une des versions transmises :
الاستواء غير مجهول، والكيف غير معقول، والإيمان به واجب، والسؤال عنه بدعة
« L’istiwa’ n’est pas inconnu, le comment est inconcevable, y croire est obligatoire et questionner à son sujet de cette manière est une innovation. »
D’autres versions sont rapportées avec des formulations différentes, notamment :
والكيف عنه مرفوع
« Le comment en est écarté. »
Ces récits figurent notamment dans les ouvrages d’al-Bayhaqî et dans la littérature relative aux attributs divins.
Explication selon la compréhension acharite
Dans cette compréhension, la parole de l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) signifie qu’il faut croire à ce qu’Allâh a révélé, tout en rejetant les représentations corporelles.
L’istiwa’ d’Allâh ne doit pas être assimilé à une position assise, une installation ou un établissement matériel.
La position assise exige un corps et des membres. L’installation matérielle suppose une relation spatiale entre des corps.
Or Allâh, l’Adoré, est exempt de toute ressemblance avec Ses créatures.
La formule « sans comment » — بلا كيف exprime le refus de soumettre les attributs divins aux modalités propres aux êtres créés.
Le ta’wîl ijmâlî — L’interprétation globale
Le ta’wîl ijmâlî consiste à affirmer le texte révélé tout en écartant les significations incompatibles avec la transcendance divine, sans nécessairement déterminer une interprétation détaillée.
Ainsi, dans cette démarche, le croyant affirme le verset de l’istiwa’ et reconnaît qu’Allâh ne ressemble pas à Ses créatures.
Les théologiens acharites distinguent cette démarche du ta’wîl tafṣîlî, qui consiste à proposer un sens déterminé, fondé sur les possibilités de la langue arabe et sur les principes de la croyance.
Il convient de préciser que les versions historiques de la réponse de l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) ont fait l’objet de discussions entre savants. L’affirmation selon laquelle toute version mentionnant un « comment inconnu » serait nécessairement inventée ne peut pas être établie sans examen détaillé des transmissions.
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- Le hadith du nuzûl — النزول
Il est rapporté dans les recueils authentiques un hadith concernant le dernier tiers de la nuit, dans lequel figure l’expression :
يَنْزِلُ رَبُّنَا
« Notre Seigneur descend. »
Ce hadith est notamment rapporté par al-Bukhârî et Muslim.
La question de sa compréhension a fait l’objet de discussions parmi les savants sunnites.
L’interprétation rapportée de l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde)
Une interprétation attribuée à l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) explique le nuzûl comme la descente de la miséricorde divine, et non comme un déplacement corporel.
Dans cette compréhension, le hadith annonce la manifestation particulière de la miséricorde d’Allâh au dernier tiers de la nuit, moment privilégié pour l’invocation, le repentir et la recherche du pardon.
D’autres explications rapportées par les savants évoquent la descente d’un ange sur ordre d’Allâh.
Ces interprétations ont pour objectif d’écarter toute assimilation d’Allâh aux créatures.
L’exemption d’Allâh du mouvement et du déplacement
Dans la doctrine acharite, le mouvement consiste à passer d’un endroit à un autre.
Or Allâh n’est pas un corps et ne dépend d’aucun endroit.
Il n’est donc pas concerné par le déplacement, le mouvement ou l’immobilité.
Le hadith doit être compris d’une manière conforme à la transcendance divine.
L’attribution précise de l’interprétation du nuzûl à l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) doit cependant être examinée à partir de ses sources de transmission.
Al-Bayhaqî, an-Nawawî et az-Zurqânî comptent parmi les auteurs à consulter pour l’étude des différentes explications de ce hadith.
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- Son ouvrage Al-Muwaṭṭa’ — الموطأ
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) est l’auteur du célèbre ouvrage Al-Muwaṭṭa’, l’un des plus anciens grands recueils conservés de hadiths et de jurisprudence.
Cet ouvrage rassemble des hadiths prophétiques, des paroles de Compagnons, des enseignements de Successeurs et des avis juridiques.
Il constitue une référence fondamentale dans l’histoire de la jurisprudence musulmane.
Il est rapporté que l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) consacra de nombreuses années à sa composition, à sa révision et à sa transmission.
Certaines traditions biographiques mentionnent une période d’environ quarante années de travail.
L’importance de ses chaînes de transmission
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) accordait une attention particulière à la fiabilité des transmetteurs.
Parmi les chaînes de transmission célèbres figure :
Mâlik, d’après Nâfi‘, d’après Ibn ‘Umar.
Cette chaîne a été particulièrement appréciée par plusieurs spécialistes du hadith.
L’éloge de l’Imam ash-Shâfi‘î
Il est rapporté que l’Imam ash-Shâfi‘î (qu’Allâh lui fasse miséricorde) a dit :
« Il n’existe pas, après le Livre d’Allâh, de livre plus authentique que le Muwaṭṭa’ de Mâlik. »
Cette parole doit être replacée dans son contexte historique, antérieur à la diffusion des recueils d’al-Bukhârî et de Muslim.
Elle témoigne de la grande estime dont jouissait le Al-Muwaṭṭa’ auprès des savants.
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- Sa science et son humilité
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) considérait la recherche de la science religieuse comme une œuvre noble qui devait être accomplie avec sincérité.
Lorsqu’on l’interrogea sur l’apprentissage de la religion, il conseilla, selon une parole rapportée, de commencer par les connaissances indispensables à la pratique quotidienne.
Il enseignait ainsi qu’il convient d’apprendre en priorité ce qui permet d’accomplir correctement ses obligations envers Allâh.
Le courage de dire : « Je ne sais pas »
Il est rapporté qu’un homme posa à l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) quarante-huit questions.
L’Imam répondit à six d’entre elles et déclara pour les autres :
لا أدري — Je ne sais pas.
Ce récit montre combien il était attentif à ne pas parler de la religion sans science suffisante.
Il ne considérait pas le fait de reconnaître son ignorance comme une faiblesse.
Au contraire, il enseignait que la science exige l’humilité, la prudence et la conscience de la responsabilité de celui qui répond.
Il ne recherchait pas la réputation par ses réponses, mais l’agrément d’Allâh.
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- Son ascèse et son détachement du bas monde
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) était connu pour son détachement intérieur des biens matériels.
Son ascèse ne signifiait pas nécessairement le refus de posséder des richesses.
Elle consistait avant tout à ne pas laisser l’amour des biens de ce monde dominer son cœur.
Le récit des trois mille dinars
Il est rapporté que le calife Hârûn ar-Rashîd lui demanda s’il possédait une maison.
L’Imam répondit qu’il n’en possédait pas.
Le calife lui aurait alors remis trois mille dinars afin qu’il puisse en acquérir une.
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) conserva cet argent sans le dépenser.
Plus tard, lorsque le calife souhaita l’emmener avec lui, l’Imam refusa de quitter Médine.
Il lui rappela l’attachement qu’il portait à la ville du Messager d’Allâh ﷺ.
Il lui proposa également de reprendre son argent.
Cette histoire est rapportée dans les ouvrages de mérites de l’Imam et doit être distinguée des faits dont tous les détails sont historiquement établis.
Son refus d’imposer Al-Muwaṭṭa’ à toute la communauté
Selon un récit célèbre, le calife envisagea d’imposer le Al-Muwaṭṭa’ comme référence juridique unique dans les différentes régions du monde musulman.
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) s’y opposa.
Il expliqua que les Compagnons du Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ s’étaient dispersés dans différents pays et avaient transmis leurs connaissances.
Chaque région avait ainsi reçu une part de l’héritage prophétique.
Il ne convenait donc pas de contraindre tous les musulmans à abandonner les enseignements juridiques transmis dans leurs régions pour adopter un seul recueil.
Ce récit illustre le respect accordé par l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) à la diversité des transmissions et aux efforts des savants.
La véritable ascèse
L’ascèse, ou zuhd, ne consiste pas simplement à vivre sans argent.
Elle consiste à posséder les biens sans que ceux-ci possèdent le cœur.
L’argent peut se trouver dans les mains du croyant, mais il ne doit pas devenir le souverain de son cœur.
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) est présenté dans les récits traditionnels comme un homme généreux, qui utilisait les biens reçus pour aider les autres et accomplir des œuvres de bienfaisance.
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- Son attachement à Médine l’Illuminée
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) nourrissait un profond amour pour Médine, ville de l’émigration du Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ.
Il connaissait les mérites de cette cité et accordait une importance particulière à la préservation de son héritage religieux.
Le Prophète ﷺ a dit :
وَالْمَدِينَةُ خَيْرٌ لَهُمْ لَوْ كَانُوا يَعْلَمُونَ
« Médine est meilleure pour eux, s’ils savaient. »
Hadith rapporté par al-Bukhârî et Muslim, dans le contexte des mérites de Médine.
Selon les récits biographiques, cet attachement contribua à sa décision de demeurer dans la ville du Messager d’Allâh ﷺ plutôt que de rejoindre la cour du calife.
Son amour de Médine était également lié à la présence de la Mosquée prophétique, aux souvenirs de la Révélation et à l’héritage transmis par les Compagnons.
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- Son décès
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) décéda à Médine l’Illuminée, en l’an 179 de l’Hégire, correspondant à l’année 795 de l’ère chrétienne.
Plusieurs sources situent son décès au mois de Rabî‘ al-Awwal, avec des divergences concernant le jour exact.
Il fut enterré au cimetière d’Al-Baqî‘, à Médine, où reposent de nombreux Compagnons et membres de la famille du Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ.
Sa disparition fut profondément ressentie par les savants et les étudiants de son époque.
Des poètes composèrent des vers pour rappeler sa science, sa piété, son respect de la Sunna et l’importance de son héritage.
Parmi les éloges transmis, certains soulignent que ses élèves constituèrent l’une des plus grandes manifestations de sa contribution à la communauté musulmane.
L’Imam ash-Shâfi‘î (qu’Allâh lui fasse miséricorde), qui étudia auprès de lui, demeure l’un des plus illustres exemples de cette transmission.
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Conclusion — L’héritage de l’Imam de Médine
L’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) fut un maître de la jurisprudence, un grand transmetteur du hadith et un homme profondément attaché à la Sunna du Bien-Aimé Prophète Muḥammad ﷺ.
Sa vie nous enseigne que la science religieuse ne consiste pas uniquement à accumuler des connaissances.
Elle exige également la sincérité, la crainte révérencielle d’Allâh, le respect du Messager ﷺ, l’humilité, la prudence dans les jugements et le détachement intérieur des biens de ce monde.
Son exemple nous rappelle que la véritable grandeur du savant ne se mesure ni à sa richesse ni à sa réputation, mais à sa fidélité aux enseignements religieux et à la sincérité de son service envers Allâh.
L’école mâlikite, qui porte son nom, demeure aujourd’hui l’une des quatre grandes écoles juridiques de l’Islam sunnite.
Elle transmet un héritage scientifique fondé sur le Noble Coran, la Sunna, les pratiques des habitants de Médine et les méthodes reconnues de déduction juridique.
Qu’Allâh accorde à l’Imam Mâlik ibn Anas (qu’Allâh lui fasse miséricorde) les plus hautes récompenses, qu’Il élève son rang et qu’Il nous fasse profiter de sa science, de son enseignement et de son exemple.
Âmîn.
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Ô Allah, prie sur notre maître Muhammad, qui a ouvert ce qui était fermé, qui a clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, et le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon la mesure de son immense valeur et de son rang sublime.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
