Les Sahabiyatte et famille du bien-aimé Prophète (sas), Um Hani bint Abi Talib (qu’Allâh l’agrée)

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Sahabiyatte et famille du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

Um Hani bint Abi Talib qu’Allah soit satisfait d’elle.

Fille de Abu Talib et sœur de Ali (qu’Allah l’agrée), elle était également la cousine paternelle de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle grandit en sa compagnie lorsqu’il fut chez son oncle Abu Talib, dont chacun sait qu’il fut celui qui prit soin du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lorsqu’il était encore un enfant, après la mort de son grand-père, qui assura sa protection jusqu’à la fin de sa vie alors que les Quraysh persécutaient les musulmans.

Certes, Um Hani (qu’Allah l’agrée) n’embrassa pas l’Islam de manière aussi précoce que ses frères, Ali et Ja’far (qu’Allah les agrée), mais on rapporte qu’elle montra toujours respect et affection pour le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), et surtout qu’elle ne dénigra jamais le message de l’Islam. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait aussi à son égard une grande affection et lui rendait souvent visite jusqu’au jour où il quitta La Mecque pour accomplir son Hégire vers Médine.

C’est ainsi d’ailleurs que l’événement miraculeux de l’Ascension (isra wal mi’râj) se produisit dans la maison de Um Hani (qu’Allah l’agrée). Il dormait chez elle cette nuit-là. Um Hani (qu’Allah l’agrée) nous raconte elle-même : « Il avait passé la nuit chez moi après avoir accompli la prière de la nuit. Il se réveilla avant l’aube et nous réveilla. Il leur dit : « J’ai prié avec vous cette nuit, puis je me suis rendu à Jérusalem où j’ai prié, et voilà que je suis revenu pour faire la prière de l’aube avec vous ! » Um Hani (qu’Allah l’agrée) lui recommanda : « Ô Messager de Dieu ! Ne répète pas cela aux gens, ils te traiteraient de menteur. »

Mais le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui répondit : « Par Dieu, je leur répéterai ce qui s’est passé ! » Et il s’en alla raconter cet événement sans se soucier de la réaction des gens ! Um Hani (qu’Allah l’agrée) fut inquiète pour lui et appela une de ses servantes, lui demanda de suivre le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et de lui rapporter ce que diraient les gens. Ceci nous montre combien cette femme fut attentionnée pour son cousin et craintive de ce qui pouvait lui causer du tort.

Quelque temps après cet événement, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) accomplit l’Hégire et s’installa à Médine, mais elle ne resta pas sans nouvelles de lui, continuant de se préoccuper de ce qu’il faisait. Devenue l’épouse d’un certain Hubayra, adversaire acharné de l’Islam, elle demeura dans les croyances de son mari. Cela ne l’empêcha nullement d’éprouver respect et considération pour l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qu’elle savait sincère et intègre.

Vint le jour de la prise de La Mecque, où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et les fidèles entrèrent pacifiquement. On sait l’attitude magnanime qu’il eut à l’égard des Quraysh qui les avaient tant persécutés.

En effet, il leur dit, après les avoir tous rassemblés : « Ô Quraysh ! Que pensez-vous que je vais faire de vous ? »

Certains d’entre eux devaient craindre pour leur vie après tout ce qu’ils avaient fait endurer aux musulmans. Et il leur dit : « Je vous dirai comme Joseph à ses frères : « Vous ne serez pas blâmés ! Partez, vous êtes libres ! ». »

On sait qu’il rendit visite à sa cousine Um Hâni (qu’Allah l’agrée) et, après avoir fait ses ablutions et prié, il lui demanda : « As-tu quelque chose à manger ? »

Elle lui répondit : « Je n’ai rien d’autre que des morceaux de galette sèche et j’ai honte de t’offrir un tel repas ! »

« Apporte-les donc ! »

Lorsqu’elle eut déposé les morceaux devant lui, il émietta le pain qu’il saupoudra de sel et demanda si elle avait de la sauce. Comme elle n’avait que du vinaigre, il en arrosa le pain qu’il mangea ensuite. S’adressant ensuite à Um Hâni (qu’Allah l’agrée), il lui dit : « Quelle succulente sauce fait le vinaigre. Une maison dans laquelle il y a du vinaigre ne connaîtra pas le dénuement ! »

Le mari de Um Hani, rempli de crainte – alors qu’il n’avait rien à redouter de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) – s’enfuit à l’arrivée des musulmans et tenta de convaincre son épouse de le suivre. Elle refusa et embrassa ainsi l’Islam lors de la prise de La Mecque.

Cependant, parmi les ennemis les plus acharnés de l’Islam, deux hommes furent condamnés à mort par l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et Ali (qu’Allah l’agrée) fut chargé d’exécuter la sentence. Mais, Um Hani (qu’Allah l’agrée) se rendit auprès de son cousin et intercéda afin de leur éviter la mort.

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui répondit : «Nous protégerons ceux que tu as pris sous ta protection et accordons l’immunité à ceux auxquels tu l’as accordée ! » Um Hâni (qu’Allah l’agrée) passa le reste de sa vie à étudier l’Islam et essaya de compenser toutes les années perdues. Elle acquit une grande connaissance et rapporta de nombreux hadiths que nous transmirent ses enfants et petits-enfants. Elle quitta ce monde en l’an 40 de l’Hégire, sous le Califat de son frère Ali (qu’Allah l’agrée).

Qu’ALLAH soit satisfait de Um Hani.

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani