Les Sahabiyattes Mecquoises, Asma bint Umays (qu’Allâh l’agrée)
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
Les Sahabiyattes Mecquoises
Asma bint Umays qu’Allah soit satisfait d’elle.
Originaire de La Mecque, Asma fut parmi les toutes premières femmes à embrasser l’Islam, avant même que les fidèles ne se réunissent autour de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dans la demeure d’Al-Arqam. Elle fut l’épouse de Ja’far ibn Abû-Tâlib (qu’Allah l’agrée), cousin et proche Compagnon du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Ils firent partie du premier groupe des musulmans qui émigrèrent vers l’Abyssinie, sur les conseils de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), afin d’échapper aux persécutions de Quraysh.
Comme nous le savons, le roi de ce pays, le Négus, les accueillit avec bienveillance et les protégea contre les gens de Quraysh qui les poursuivirent et tentèrent de les ramener à La Mecque. Asma et Ja’far (qu’Allah les agrée) passèrent un grand nombre d’années en exil. C’est pendant cette période qu’ils eurent leurs trois enfants : Abdallah, ‘Awn et Muhammad. On sait également que Asma (qu’Allah l’agrée) allaita l’enfant du Négus né en même temps qu’un de leurs enfants.
Les relations entre ce roi et les musulmans exilés furent excellentes. On rapporte que le Négus (qu’Allah l’agrée) aurait en fait embrassé l’Islam secrètement et l’aurait fait savoir au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui l’appela « mon frère ». C’est seulement lorsqu’ils furent certains que la situation le permettait que tous les émigrés allèrent rejoindre le reste de la Communauté qui, de son côté, avait quitté La Mecque pour émigrer vers Médine.
C’est encore le Négus (qu’Allah l’agrée) qui leur affréta deux bateaux pour les reconduire sur leur terre. À leur arrivée à Médine, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) venait de prendre Khaybar et l’on nous rapporte qu’il fut si heureux qu’il dit : « Je ne sais pas de ces deux événements lequel me rend le plus heureux : la prise de Khaybar ou le retour de Ja’far. » Cela eut lieu en l’an 6 de l’Hégire. Asma et Ja’far (qu’Allah les agrée) trouvèrent tout naturellement leur place à Médine et participèrent à tous les événements importants.
Ils jouissaient, comme les autres émigrés, d’une grande considération de la part des musulmans ! Un jour où Asma était en visite chez Hafsa, ‘Umar vint rendre visite à sa fille (qu’Allah les agrée). Il voulut plaisanter avec Asma (qu’Allah l’agrée) et lui dit : « Tiens, voici le matelot d’Abyssinie. Nous avons fait l’émigration avant vous, nous avons donc plus de droits sur le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) que vous n’en avez ! » Mais Asma répliqua : « Non, par Dieu, vous, vous étiez avec le Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui nourrissait vos pauvres et instruisait vos ignorants. Quant à nous, chassés de notre pays, nous vivions en exil, dans la crainte et les soucis. Tout cela au service de Dieu et de Son Messager ! »
Puis, elle s’en alla raconter cette conversation au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui, après l’avoir entendue, lui dit : « Personne n’a plus de droits que vous sur moi. Les gens n’ont fait qu’une émigration tandis que vous, vous en avez accompli deux ! » Asma (qu’Allah l’agrée) raconta plus tard : « Abu Mûsa Al-Ash’arî et les gens du bateau (les émigrants d’Abyssinie) aimaient entendre de ma bouche ce hadith qui les réjouissait tellement. »
Quelque temps après leur retour, en l’an 8 de l’Hégire, Ja’far (qu’Allah l’agrée) fut l’un des premiers Compagnons à se porter volontaire pour participer à l’expédition de Mu’ta en Syrie. Il n’avait pu participer aux expéditions de Badr et Uhud qui eurent lieu tandis qu’il était encore en exil, et il ne voulut pas manquer cette occasion de contribuer à la défense de l’Islam. Il y perdit la vie de manière très héroïque, alors qu’il commandait l’armée après la mort de Zayd (qu’Allah l’agrée). Il fut au nombre des martyrs.
Lorsque le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) apprit la mort des Compagnons tombés martyrs, il fut très peiné. Il se rendit notamment chez Ja’far (qu’Allah l’agrée) annoncer la triste nouvelle à son épouse, Asma (qu’Allah l’agrée), qui nous rapporte : « Le Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) entra un jour chez moi, fit appeler les enfants de Ja’far et les serra fortement contre lui en respirant profondément leur odeur. Soudain, ses yeux s’emplirent de larmes. Sentant que quelque chose de grave venait de se produire, je l’interrogeai : « Ô Messager de Dieu ! As-tu des nouvelles de Ja’far ? »
– Oui, répondit-il, il a été tué aujourd’hui ! »
Ne pouvant retenir nos larmes, nous nous mîmes à pleurer. Mes cris attirèrent les voisines qui accoururent. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) me dit alors : « Ô Asma ! Ne dis pas de choses inconvenantes et ne frappe pas ta poitrine. » Puis, s’adressant à celles qui m’entouraient il ordonna : « Préparez un repas pour la famille de Ja’far, car ils sont bouleversés aujourd’hui. ». »
Asma (qu’Allah l’agrée) fit preuve d’un grand courage et de résignation devant ce malheur qui l’atteignit alors qu’elle était encore dans la fleur de l’âge. Quelque temps plus tard, l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui fît épouser Abu Bakr (qu’Allah l’agrée), qui prit soin d’elle et de ses enfants. Tandis qu’elle l’accompagnait lors du Pèlerinage de l’Adieu, elle mit au monde un enfant qu’ils appelèrent Muhammad. Alors que Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) se préparait à rentrer à Médine, il demanda conseil à l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui lui dit : « Dis-lui de se purifier et de se sacraliser. »
Elle fut auprès de Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) une épouse dévouée et appréciée. Sa piété et ses actes de dévotion firent d’elle un exemple. Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) demanda, avant sa mort, à être lavé par Asma (qu’Allah l’agrée). Après la mort de Abu Bakr, ce fut Alî ibn Abî Tâlib – devenu veuf de Fatima, la fille du Prophète – qui demanda Asma en mariage (qu’Allah les agrée). Elle lui donna également un fils, Yahya.
L’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) eut beaucoup d’estime pour elle et pour sa famille. Il est à noter que deux de ses demi-sœurs furent mariées, l’une Maymûna, au Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), l’autre, Um Fadl, à l’oncle du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), Al-‘Abbâs. Asma (qu’Allah l’agrée) fut une femme qui fit preuve d’un grand intérêt pour le savoir. Ainsi, nous lui devons un bon nombre de hadiths.
Parmi ses transmetteurs, citons ‘Umar ibn Al-Khattâb, Abu Mûsâ Al-Ash’arî, son fils Abdallah ibn Ja’far, son petit-fils Al-Qâsim ibn Muhammad ibn Abî Bakr et son neveu, Abdallah ibn Abbâs (qu’Allah les agrée). Tous les successeurs de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui témoignèrent le même respect et la même considération. Au cours de son Califat, on nous rapporte que ‘Umar (qu’Allah l’agrée) lui alloua une pension de 1 000 dirhams, de même qu’à toutes celles qui avaient accompli l’Émigration (Hégire). Asma (qu’Allah l’agrée) vécut encore quelque temps après la disparition de Ali, sous le califat de Mu’awiya (qu’Allah les agrée).
Que Dieu soit satisfait de Asma bint Umays.
Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
