Les Sahabiyattes Mecquoises, Kawla bint Hakim (qu’Allâh l’agrée)
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
Les Sahabiyattes Mecquoises
Khawla bint Hakim, qu’Allah soit satisfait d’elle.
Khawla bint Hakîm (qu’Allah l’agrée) était originaire de La Mecque. Dès le début de la Révélation, tous les concitoyens du Prophète Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) eurent connaissance du message de l’Islam et certains d’entre eux furent plus susceptibles de « l’entendre » avec leur cœur que d’autres. En effet, Khawla et son époux (qu’Allah les agrée) furent parmi les premiers à embrasser l’Islam.
On nous rapporte qu’un jour, ‘Uthmân ibn Madh’un (qu’Allah l’agrée) entra dans sa maison avec la mine de quelqu’un qui est à la fois bouleversé et heureux. « Ô Um Sharîk ! Je viens de me convertir à l’Islam, je suis le treizième homme à le faire ! Et si Dieu le veut, je vais rejoindre le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) cette nuit avec mon frère, Qudâma et ‘Abdallah. »
Khawla (qu’Allah l’agrée) s’exclama : « Et moi aussi, Abu As-Sayb ! » ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée) sourit et répondit : « Oui, toi aussi, ainsi que Safiyya bint Al-Khattâb, l’épouse de Qudâma ! »
On le voit, les cœurs de certains furent déjà tout prêts à recevoir l’Islam. D’ailleurs, il faut rappeler que ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée) n’avait jamais bu de vin, même au temps de la période préislamique : « Je ne boirai pas une boisson qui me ferait perdre la raison et qui donnerait, à plus inférieur à moi, l’occasion de se moquer de moi ! »
Comme convenu, la même nuit, Khawla, son époux ‘Uthmân, Qudâma et son épouse Safiyya, ainsi que Abdallah (qu’Allah les agrée), rencontrèrent l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) devant lequel ils proclamèrent la profession de foi : « Il n’y a de dieu que Dieu et Muhammad est Son Envoyé. » Issus de familles modestes, ils eurent à subir les persécutions des Quraysh et furent contraints de s’exiler en Abyssinie. Ils firent partie des premiers à partir sur la recommandation du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), soit un groupe de dix hommes et quatre femmes, ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée) étant leur chef.
Nous ne nous étendrons pas sur leur séjour auprès de ce roi généreux, le Négus (qu’Allah l’agrée), qui les accueillit de la meilleure manière, comme nous l’avons déjà dit. Après la conversion de ‘Umar ibn Al-Khattâb (qu’Allah l’agrée) à l’Islam, les exilés eurent écho que les persécutions avaient cessé à La Mecque et s’empressèrent de prendre le chemin du retour. Mais ils déchantèrent très vite, constatant qu’il n’en était rien. Ils s’en retournèrent donc en Abyssinie, avec un groupe de quatre-vingts personnes environ.
Enfin, leur exil en Abyssinie prit fin et ils purent rejoindre le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui, entre-temps, avait lui-même fait l’Hégire vers Médine avec l’ensemble des musulmans. Um Sharîk et son époux (qu’Allah les agrée) purent enfin vivre leur foi au milieu des leurs, dans la sérénité. C’est cette même Khawla (qu’Allah l’agrée) qui, entre les deux exils en Abyssinie, se rendit auprès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) après la mort de Khadîja, et lui dit : « Ô Envoyé de Dieu ! Je vois bien qu’une grande tristesse t’a envahi depuis la mort de Khadîja ! »
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui répondit : « Comment en serait-il autrement ; elle était la mère de mes enfants et la maitresse de maison. »
« Pourquoi ne te remaries-tu pas ? »
Il l’interrogea : « Avec qui ? »
Elle lui fit deux suggestions : « Si tu désires une vierge, il y a ‘Aïcha, la fille de Abu Bakr, ton plus proche Compagnon ; si tu désires une femme qui a déjà été mariée, il y a Sawda bint Zam’a ibn Qays , qui a émigré en Abyssinie, dont l’époux est mort la laissant seule ! »
Voilà comment Khawla (qu’Allah l’agrée), soucieuse du bien-être de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), fut à l’origine du remariage de celui-ci avec Sawda (qu’Allah l’agrée) d’abord, puis avec Aïcha (qu’Allah l’agrée). Il apprécia sa démarche et lui témoigna un grand respect et beaucoup de considération.
Une fois à Médine, Khawla (qu’Allah l’agrée) devint une habituée de la maison de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle rendait souvent visite aux Mères des Croyants, dont plusieurs avaient fait l’émigration en Abyssinie, et ainsi renouvelé leurs liens d’affection. Un jour, cependant, elles remarquèrent que Khawla (qu’Allah l’agrée) négligeait sa tenue vestimentaire et lui en demandèrent la raison. : « Qu’as-tu donc Um Sharîk à te négliger ainsi, alors que ton époux est riche par la grâce de Dieu ? » Elle leur répondit : « Malheureusement, nous ne profitons nullement de sa richesse. Il passe ses nuits en prière et le jour, il jeûne ! »
Elles informèrent le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) de cette situation dans l’espoir de trouver une solution. De ce fait, il se rendit auprès de ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée) et l’interrogea : « Ô ‘Uthmân ! Ne suis-je pas un modèle pour toi ? »
« Si, Envoyé de Dieu, tu m’es préférable à mon père et à ma mère ! »
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ajouta : « Est-il vrai que tu passes tes nuits à prier et tes jours à jeûner ? »
‘Uthmân (qu’Allah l’agrée) répondit : « Absolument, ô Envoyé de Dieu ! » C’est ainsi que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui défendit d’agir ainsi : « Tes yeux ont des droits sur toi, ton corps a des droits sur toi et ta famille a des droits sur toi. Prie une partie de la nuit et dors une autre partie, jeûne certains jours en dehors d’autres ! »
Après cette visite de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée), les Mères des Croyants virent Khawla les visiter vêtue de beaux vêtements, à tel point qu’un jour le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) interrogea Aïcha (qu’Allah l’agrée) : « Pourquoi Khawla se fait-elle belle ? ».
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) répondait aux sollicitations de Khawla (qu’Allah l’agrée) et faisait en sorte de ne pas la contrarier, même lorsque cela ne relevait pas de sa volonté propre ! C’est ainsi que, lors de la bataille de Ta’if, elle lui demanda de lui donner, en cas de victoire, les bijoux de Bâdiya bint Ghaylân ou de Fâri’a bint Aqîl, toutes deux réputées pour leurs richesses ! Mais le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui répondit : « Et si Dieu ne me permettait pas de prendre Tâ’if ? » Il ordonna de lever le siège de Tâ’if.
Khawla (qu’Allah l’agrée) fut poétesse. Elle composa de très beaux vers notamment en souvenir de son défunt mari, ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée), décédé du vivant du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle continua de vivre partageant sa vie entre les actes d’adoration et son dévouement au Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle rapporta de nombreux hadiths qui nous sont parvenus par les éminents traditionnistes.
Que Dieu soit satisfait de Khawla.
Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
