Les Sahabiyattes Mecquoises, Layla bint Abî ‘Uthmân (qu’Allâh l’agrée)

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Les Sahabiyattes Mecquoises

Layla bint Abî ‘Uthmân, qu’Allah soit satisfait d’elle.

Cette mecquoise fut l’épouse de ‘Ammâr ibn Rabî’a (qu’Allah l’agrée), dont la conversion à l’Islam fut motivée par Zayd ibn Nawfal (qu’Allah l’agrée). C’est ce dernier qui évoqua, dès avant la Révélation, la venue d’un messager qui appellerait les hommes à la religion du pur monothéisme. Zayd ibn Nawfal (qu’Allah l’agrée) vécut retiré de la ville, s’installant parfois dans le désert, totalement détaché des choses matérielles.

Plus tard, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit de lui : « J’ai vu Zayd dans le Paradis traînant des pans de vêtements. » Ammâr fit part à son épouse Layla de ce que Zayd lui faisait découvrir (qu’Allah les agrée) et ils embrassèrent tous deux l’Islam, dans les premiers temps où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) commença à rendre publique sa mission. Très rapidement, ils furent exposés, comme tous ceux qui se convertirent, aux terribles persécutions de la part de leurs concitoyens.

C’est alors qu’ils consultèrent le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avec d’autres musulmans pour savoir ce qu’ils devaient faire afin d’échapper à leurs persécuteurs et trouver ainsi une solution à leur situation très difficile. C’est à cette occasion que l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) conseilla à un groupe parmi eux d’émigrer en Abyssinie : « Allez du côté de l’Abyssinie ; il y a là-bas un roi, le Négus, qui n’opprime personne ! » Parmi les musulmans présents se trouvait Uthmân ibn Madh’ûn (qu’Allah l’agrée) qui interrogea : « Et quand pourrons-nous revenir à La Mecque ? » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui répondit : « Lorsque Dieu vous trouvera une issue à la situation présente. ».

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur dit combien leur exil serait méritoire : « Celui qui fuit son pays pour protéger sa religion, même sur une courte distance, aura mérité le Paradis. » Layla et son mari (qu’Allah les agrée) décidèrent de s’exiler et se préparèrent dans la discrétion. Mais ‘Umar ibn al-Khattâb qui avait de l’animosité à leur égard vint les voir. Il trouva Layla (qu’Allah l’agrée) seule et la questionna. « Où allez-vous Um ‘Abdallah ? » Elle lui répondit : « Vous nous avez persécutés, nous allons là où nul ne nous opprimera ! »

Et ‘Umar dit ces paroles qui surprirent Layla (qu’Allah l’agrée) : « Que Dieu soit avec vous ! » Elle raconta cela à son époux lorsqu’il rentra et lui-même n’en crut pas ses oreilles ! Nul ne pouvait, en effet, imaginer que le terrible ‘Umar pourrait un jour devenir musulman ! Mais les voies de Dieu sont impénétrables ! Layla et son mari (qu’Allah les agrée) partirent donc en exil dans la lointaine Abyssinie. Ils y restèrent jusqu’à la conversion de ‘Umar ibn al-Khattâb (qu’Allah l’agrée), puis ils prirent le chemin du retour pour retrouver Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et les autres musulmans, victimes des persécutions des Quraysh, malgré l’adhésion de ‘Umar à l’Islam !

Ils retournèrent auprès de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) afin de lui demander l’autorisation de s’exiler une seconde fois, ce qu’il leur accorda. Et ils repartirent en Abyssinie. Ils n’en revinrent que pour se rendre à Médine où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait lui-même émigré. Ils purent enfin vivre avec sérénité leur foi ; ils se consacrèrent beaucoup aux actes de dévotion. Ils furent connus pour leur piété et leur ferveur envers Dieu, malgré les difficultés et les épreuves qu’ils traversèrent.

On nous rapporte que Layla (qu’Allah l’agrée) interpella, un jour, son fils Abdallah : « Viens, je te donnerai quelque chose. » Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui demanda : « Qu’as-tu l’intention de lui donner ? » – « Des dattes », répondit-elle. Il ajouta : « Si tu promets quelque chose à l’enfant et que tu ne le lui donnes rien, c’est considéré comme un mensonge. » Et l’on sait combien le mensonge est exécré en Islam.

La discrétion et la modestie de Layla (qu’Allah l’agrée) firent que, après la disparition du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), aucun fait ne nous a été rapporté, pas même l’époque de sa mort.

Que Dieu soit satisfait de Layla.

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani