Les Sahabiyattes Mecquoises, Shifâ bint ‘Abdallah (qu’Allâh l’agrée)

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Les Sahabiyattes Mecquoises

Shifâ bint ‘Abdallah, qu’Allah soit satisfait d’elle

Originaire de La Mecque, elle fut une parente de ‘Umar ibn Al-Khattâb (qu’Allah l’agrée). Elle embrassa l’Islam avant l’Hégire et fit partie des premières femmes à émigrer vers Médine. On nous rapporte qu’elle fut aussi concernée par la révélation de ces versets :

« Prophète ! Si des croyantes se présentent à toi pour te prêter serment d’allégeance, en s’engageant à ne pas donner d’associés à Dieu, à ne pas voler, à ne pas commettre de fornication ni d’infanticide, à ne pas attribuer à leurs maris d’enfants illégitimes et à ne pas te désobéir en ce qui est réputé convenable, alors accepte leur pacte et implore le pardon du Seigneur en leur faveur, car Dieu est plein d’indulgence et de miséricorde. » (Sourate 60 l’éprouvée, verset 12).

Mariée avec Abu Hathma ibn Hudhayfa, elle eut un enfant prénommé Sulayman. Une fois arrivée à Médine, elle s’installa avec son fils dans le quartier des Hakakayn dans une maison que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se chargea de louer pour elle. Elle était lettrée et composait des poèmes. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) la chargea d’enseigner la lecture et l’écriture aux Mères des Croyants, en particulier à Hafsa, fille de ‘Umar ibn Al-Khattâb (qu’Allah les agrée).

Elle fut la première femme enseignante. Reconnue pour ses dons de guérisseuse et d’exorciste, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) l’autorisa à exercer son activité en conformité avec les enseignements de l’Islam. Il lui recommanda même d’apprendre à Hafsa (qu’Allah l’agrée) les invocations qu’elle récitait. C’est ainsi qu’elle visita souvent Hafsa (qu’Allah l’agrée) pour l’enseigner, ce qui montre le souci du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) d’encourager la recherche du savoir pour les musulmans, qu’ils soient hommes ou femmes.

Shifâ (qu’Allah l’agrée) interrogeait souvent le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) au sujet des choses de la religion. Un jour, elle lui demanda : « Ô Messager de Dieu ! Quels sont les actes les plus méritoires aux yeux de Dieu ? » Il lui répondit : « La foi en Dieu, le djihad dans Sa voie et un pèlerinage pieusement accompli ! » Shifâ (qu’Allah l’agrée) a rapporté également un bon nombre de hadiths qui nous sont parvenus par son fils Sulayman et par Hafsa (qu’Allah les agrée).

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait beaucoup de respect et de considération pour cette femme hors du commun et il lui arrivait parfois, lorsqu’elle fut devenue âgée, de lui rendre visite et de faire sa sieste chez elle. Elle lui avait réservé un endroit spécial dans sa maison et c’était son fils Sulayman (qu’Allah l’agrée) qui prenait soin de la couche où il se reposait ; il continua à agir ainsi, même après la disparition de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

Après la mort du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), Shifâ (qu’Allah l’agrée) continua de recevoir les marques de considération et de respect de l’ensemble des Compagnons, en particulier de ‘Umar (qu’Allah l’agrée) qui lui rendait visite et lui demandait conseil pour les affaires politiques et économiques. Elle fut chargée par lui de la gestion du marché de Médine, sachant combien elle était compétente, intègre et scrupuleuse. Elle remplit sa mission avec sérieux et abnégation.

De son côté, elle avait pour ‘Umar (qu’Allah l’agrée) un grand respect et une estime considérable. Après une vie riche et bien remplie, entièrement consacrée aux services des musulmans, Shifâ (qu’Allah l’agrée) quitta ce monde en l’an 20 de l’Hégire.

Que Dieu soit satisfait de Shifâ bint Abdallah.

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani