Les Sahabiyattes Médinoises, Rubay bint Mu’awidh (qu’Allâh l’agrée)

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Les Sahabiyattes Médinoises

Rubay bint Mu’awidh, qu’Allah soit satisfait d’elle.

Cette femme était issue d’une noble famille de Médine, de la tribu des Banû Afrâ. Son père, Mu’awidh (qu’Allah l’agrée), tomba martyr lors de la bataille de Badr. Elle embrassa l’Islam très tôt à la suite des enseignements donnés par le Compagnon, Mus’ab ibn ‘Umayr (qu’Allah l’agrée). Et, avec les membres de sa famille, elle constitua l’un des noyaux solides des Ansars, tous exceptionnels par leur foi et leur dévouement à la cause de l’Islam.

Elle participa au Serment de Hudaybiya, dont nous avons cité le déroulement et les mérites. Lorsque le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et ses Compagnons de La Mecque émigrèrent à Médine, Rubay (qu’Allah l’agrée) était déjà une femme mûre. Elle épousa un émigrant, Iyâs ibn Bakîr Al-Laythi, duquel elle eut un garçon, Muhammad ibn Iyâs (qu’Allah les agrée).

Elle relate elle-même la visite du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) le jour de son mariage, témoignage de respect à son égard : « Le jour de mon mariage, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) est entré dans ma chambre et s’est assis sur mon lit. Il y avait alors trois esclaves qui jouaient du tambourin et se lamentaient sur ceux de mes parents qui étaient morts à Badr. A un moment, l’une d’elles dit : « Il y a parmi nous un Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui connaît ce qui va arriver demain. » Le Messager de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui dit alors : « Ne dis pas cela ; répète ce que tu disais avant ! ». »

La demeure de Rubay (qu’Allah l’agrée) fut l’une de celles où l’on se consacra beaucoup à l’adoration fervente. C’est certainement la raison pour laquelle l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) s’y rendait souvent. Il y mangea, y fit ses ablutions et y pria. Ces visites profitèrent évidemment à la pieuse femme qui apprit alors de lui les enseignements de l’Islam.

On nous dit qu’elle fut de celles qui se rendaient régulièrement à la mosquée pour les prières du matin, du coucher du soleil et de la nuit, parce que la récitation du Coran avait lieu à voix haute et que cela lui permettait, comme à ses compagnes, de le mémoriser et de profiter de la belle psalmodie qu’en faisait le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). On sait qu’il récitait d’une voix douce, en articulant bien chaque mot.

Elle rapporta une vingtaine de hadiths du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). C’est elle notamment qui a transmis la manière de faire des ablutions du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), en le regardant faire. Douée d’une très bonne mémoire et d’une vive intelligence, elle assimilait ce qu’elle entendait de la bouche du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), ce qu’elle le voyait faire, afin de le transmettre fidèlement aux générations à venir. Cela lui valut d’être consultée par des Compagnons (qu’Allah les agrée), conscients de ses compétences et ses références !

Le traditionniste Abu Ubayda Muhammad ibn Amir ibn Yâsir lui demanda de lui décrire l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle lui répondit : « Ô mon fils ! En le voyant, c’est comme si tu voyais le soleil se lever ! » On nous rapporte encore qu’elle envoyait des cadeaux à l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), notamment des plats parmi ceux qu’il aimait. De son côté, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui fit aussi des cadeaux. Ainsi, un jour, il lui offrit de l’or provenant de Bahrayn : « C’est pour que tu puisses t’embellir davantage !»

Cette femme (qu’Allah l’agrée) entièrement dévouée à l’Islam fut aux côtés du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), notamment lors de la bataille de Uhud. Avec d’autres femmes, dont Um Amâra et ‘Aïcha, l’une des Mères des Croyants (qu’Allah les agrée), elle s’occupa de secourir les blessés et donner à boire aux combattants comme elle l’a elle-même rapporté : « Nous participions aux campagnes avec le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Nous portions de l’eau aux combattants, nous les servions et nous ramenions les morts et les blessés. » (Boukhârî)

Après la disparition de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), elle demeura fidèle à son engagement et consacra son temps aux actes de piété. Elle rendait souvent visite à ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), auprès de laquelle elle apprenait la jurisprudence, les hadiths du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et le Coran. Elle quitta ce monde en l’an 45 de l’Hégire, sous le califat de Mu’awiya ibn Abu Sufyân (qu’Allah l’agrée), après une vie de dévouement au service de Dieu et de Son Envoyé (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

Que Dieu soit satisfait de Rubay.

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani