Sahabiyatte Mecquoise, Sumayya bint Khubât (qu’Allâh l’agrée)

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Sahabiyatte Mecquoise

Sumayya bint Khubât, qu’Allah soit satisfait d’elle. 

Cette femme fut une esclave, appartenant à un notable de La Mecque, Hudayfa ibn Al-Maghîra Al-Makhzûmî, qui la donna en mariage à Yâsir ibn ‘Amar ibn Mâlik, venu du Yémen à la recherche de son frère, avant de s’installer à La Mecque. Ils eurent un enfant, Amar, qui deviendra plus tard un Compagnon du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

Après la naissance de Amar, Abu Hudayfa procéda à l’affranchissement de Yâsir. Malgré sa libération, Yâsir demeura chez lui. Yâsir, Sumayya et leur fils Amar menèrent une vie simple, paisible et heureuse, sans se douter que les événements à venir leur donneraient une notoriété qui dépasserait leur époque et la région de l’Arabie, pour parvenir jusqu’à nous !

En effet, dès que les lumières de l’Islam commencèrent à éclairer le monde, Sumayya (qu’Allah l’agrée), l’esclave, embrassa la nouvelle religion pour s’engager sur le chemin qui devait faire d’elle l’une des plus illustres femmes de son temps. L’imam Dhahabî dit d’elle, dans son ouvrage relatif aux personnages célèbres en Islam, qu’elle fut une « femme parmi les plus prestigieuses de l’Islam ».

Elle fut parmi les premières à rendre sa conversion publique, avec son fils Amar, Abu Bakr, Suhayb Ar-Rûmî, Bilâl fils de Rabâh, Khabab fils de Hârith et Muqdâd (qu’Allah les agrée). Dès lors, elle et les siens, ainsi que Bilâl (qu’Allah les agrée), eurent à subir les persécutions réservées aux musulmans par les Quraysh, et ce, d’autant plus qu’ils ne bénéficiaient d’aucune protection.

On sait par exemple que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était placé sous la protection de son oncle Abu Tâlib. Quant à Abu Bakr (qu’Allah l’agrée), il était protégé par son clan. Mais les autres convertis, dont un certain nombre d’esclaves, n’avaient aucun protecteur et étaient injustement persécutés par leurs maîtres.

C’est ainsi que Sumayya et sa famille (qu’Allah les agrée) furent persécutés et torturés de façon totalement inhumaine. Sumayya (qu’Allah l’agrée) fut dans un premier temps torturée par son maître, Abu Hudayfa, battue, exposée des jours en plein soleil, sans eau ni nourriture, exposée à la mort. Tous résistèrent à ceux qui les torturaient pour leur faire abjurer leur foi, ce qui contribua à exaspérer les tortionnaires qui s’acharnaient sur leurs pauvres corps, sans parvenir à atteindre leur foi en Dieu.

Devant son impuissance, Abu Hudayfa finit par remettre Sumayya (qu’Allah l’agrée) et les siens entre les mains du terrible Abu Jahl qui multiplia les tortures, physiques et morales. Mais Sumayya et Yâsir (qu’Allah les agrée) résistèrent sans faiblir. Chaque fois que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) passait devant eux, le cœur plein de compassion pour ce qu’ils enduraient, mais impuissant à les sauver des griffes de leurs bourreaux, il leur disait des paroles de réconfort, ce qui leur donnait du courage. Un jour, il leur dit : « Patience, ô famille de Yâsir ! Le Paradis sera votre rendez-vous. » (Hâkim)

Après la mort de son époux, Sumayya (qu’Allah l’agrée) continua de résister et nargua même Abu Jahl qui prenait un plaisir sadique aux tortures qu’il lui infligeait. Alors que, une fois de plus, Sumayya (qu’Allah l’agrée) lui répondit avec fierté et détermination, il fut dans un tel état d’exaspération et de surexcitation qu’il prit sa lance et la planta dans le cœur de Sumayya qui rendit l’âme aussitôt, apaisée, et rejoignit son Seigneur, parmi les Élus.

Elle fut la première femme martyre de l’Islam, ainsi que cela est rapporté par Ibn Al-Jawzî dans son ouvrage Sifât as-safwa. Ces événements tragiques eurent lieu en l’an 7 avant l’Hégire. Quant à son fils Ammâr (qu’Allah l’agrée), il ne supporta plus les tortures et, un jour, épuisé par les souffrances qui lui étaient imposées, il finit par dire ce que voulaient entendre ses tortionnaires qui le libérèrent. Cependant, seule sa langue prononça certaines paroles contre l’Islam, mais son cœur resta fidèle. Il se rendit aussitôt auprès de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour l’informer de ce qu’il avait fait et, à cette occasion, un verset fut révélé, que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) lui communiqua et qui le rassura : « […] à moins d’y être contraint tout en demeurant intérieurement fidèle à sa foi. » (Sourate 16 Les abeilles, verset 106).

La courageuse et pieuse Sumayya (qu’Allah l’agrée) laissa aux générations successives des musulmans un souvenir émouvant impérissable. On nous rapporte que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) la portait en haute considération et qu’il le manifesta en appelant son fils Ammâr « ibn Sumayya » (le fils de Sumayya) (qu’Allah les agrée). Le jour de la bataille de Badr, après la victoire des musulmans, il appela Ammâr (qu’Allah l’agrée) et lui dit : « Dieu a tué l’assassin de ta mère ! » En effet, Abu Jahl avait été tué lors de cette bataille.

Telle fut la vie et la mort de cette noble femme, qui, d’un statut d’esclave elle s’est vue portée au plus haut degré parmi les plus illustres personnages de l’histoire de l’Islam. À elle s’applique parfaitement ce verset du Coran : « Il est parmi les croyants des hommes qui ont tenu loyalement leur engagement vis-à-vis de Dieu. Certains d’entre eux ont déjà accompli leur destin ; d’autres attendent leur tour. Mais ils n’ont jamais rien changé à leur comportement. » (Sourate 33 les coalisés, verset 23)

Que Dieu soit satisfait de Sumayya.

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani