Sahabiyatte Mecquoise, Um Rûmân bint ‘Âmir ibn ‘Umayr (qu’Allâh l’agrée)
Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.
Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.
Sahabiyatte Mecquoise
Um Rûmân bint ‘Âmir ibn ‘Umayr qu’Allah soit satisfait d’elle.
Fille de ‘Âmir ibn ‘Umayr, originaire de Sarât, elle arriva à La Mecque avec son mari ‘Abdallah ibn Al-Hârith Al-Uzdî et leur fils Tufayl. Étranger à la ville, Abdallah demanda à l’un des hommes influents de La Mecque de le prendre sous sa protection, selon la coutume d’alors. C’est Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) qui assura cette garantie et ils purent ainsi vivre à La Mecque sans difficulté.
Mais Abdallah mourut peu après son arrivée, laissant Um Rûmân (qu’Allah l’agrée) seule avec un jeune enfant, dans une société rude et difficile. Abu Bakr l’épousa et de leur union naquirent Aïcha et Abd Ar-Rahmân (qu’Allah les agrée). Dès que Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) eut connaissance du message de l’Islam, il se convertit aussitôt ainsi que Um Rûmân (qu’Allah l’agrée). Ils furent parmi les premiers, après la proche famille de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), à embrasser l’Islam. Aïcha (qu’Allah l’agrée) dit à leur propos : « Je n’ai jamais connu mes parents autrement que musulmans. »
Nous savons que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) leur rendait visite presque quotidiennement de telle sorte que la Révélation leur parvînt au fur et à mesure. Nous savons quelle fut la noble attitude de Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) dans les premiers temps qui furent les plus difficiles. Ils connurent les persécutions des Quraysh, ce qui fut le lot de tous ceux qui embrassèrent l’Islam, mais Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) mit tous ses moyens à la disposition de l’Islam et fut à l’évidence le Compagnon le plus proche de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).
Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) témoigna à Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) et à sa famille, son affection, son amitié et sa reconnaissance en plusieurs occasions. Il y eut beaucoup de signes de cet attachement. Nous ne citerons que les principaux : c’est Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) qui fut choisi pour l’accompagner au moment de l’Hégire ; il épousa sa fille ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), les faisant tous entrer au sein de sa propre famille. Et aussi lorsqu’il fut malade, c’est Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) désigna pour le remplacer. Enfin, c’est Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) qui assura sa « succession » après sa mort !
Um Rûmân (qu’Allah l’agrée) vécut avec courage, résignation et détermination tous ces événements aux côtés de son époux. Elle ne manqua pas de participer activement à certains d’entre eux. Elle profita des enseignements du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ainsi que les autres membres de la famille, dont on rapporte que Aïcha (qu’Allah l’agrée) fut l’une des plus attentives à retenir ce qu’elle voyait et entendait.
Puis vint le temps de l’Hégire. Comme l’on sait, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et Abu Bakr (qu’Allah l’agrée) partirent seuls, laissant leurs familles respectives à La Mecque pour ne pas éveiller les soupçons des Quraysh. Une fois installés à Médine, ils les firent venir à leur tour. À leur arrivée à Médine, Um Rûmân (qu’Allah l’agrée) trouva le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) déjà occupé à construire la première mosquée !
Après la mort de son épouse Khadîja (qu’Allah l’agrée), environ trois ans avant l’Hégire, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se retrouva seul. Constatant la tristesse de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), une femme du nom de Khawla bint Hakîm vint lui parler pour lui suggérer de prendre une nouvelle épouse. Elle lui proposa d’épouser, soit une jeune fille, soit une femme veuve. Comme on le sait, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) choisit d’abord d’épouser Sawda (qu’Allah l’agrée), une veuve d’un certain âge et d’expérience, qui avait traversé bien des épreuves.
Dans le même temps, sur un signe de Dieu, il demanda la main de Aïcha (qu’Allah l’agrée), encore toute jeune. Abu Bakr et Um Rûmân (qu’Allah les agrée) furent très honorés par cette demande. Ils acceptèrent, mais en raison de sa jeunesse, Aïcha (qu’Allah l’agrée) demeura quelques années encore chez ses parents. Ce n’est que plus tard qu’elle entra dans la maison du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et que Um Rûmân et Abu Bakr (qu’Allah les agrée) devinrent des membres de la famille de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).
Bien des événements jalonnèrent la vie de ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) qui furent autant marquants pour Um Rûmân (qu’Allah l’agrée). En particulier, il y eut le grave incident de la calomnie contre sa fille, incident que nous avons relaté dans le chapitre consacré à ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée), qui fit souffrir autant la mère que la fille. Elle avait totalement confiance en elle et lui apporta son soutien, mais elle fut comme tous ses proches, obligée d’attendre que vînt sa disculpation. Finalement, l’innocence de ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) fut proclamée par une révélation qui eut en outre pour effet de servir d’enseignement à l’ensemble des musulmans pour tous les temps !
En effet, depuis ce jour, les musulmans savent qu’il est interdit de porter atteinte à la moralité d’une femme sans produire quatre témoins de son immoralité !
Um Rûmân (qu’Allah l’agrée) fut célèbre pour sa piété, comme cela est rapporté par Ibn Sa’d dans ses Tabaqât. En outre, son dévouement à l’égard du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et les efforts qu’elle déploya elle-même pour communiquer le message de l’Islam autour d’elle, furent largement reconnus. C’est ainsi que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) dit un jour aux Compagnons : « Celui qui veut se réjouir de la vision d’une des femmes du Paradis n’a qu’à regarder Um Rûmân ! »
Um Rûmân (qu’Allah l’agrée) quitta ce monde en l’an 6 de l’Hégire. C’est le Prophète lui-même qui la descendit dans sa tombe, ce qu’il ne fit que pour quelques personnes, notamment Khadîja (qu’Allah l’agrée), son épouse bien aimée, et sa fille Ruqayya (qu’Allah l’agrée). On nous rapporte qu’au moment de la déposer dans sa tombe, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) invoqua Dieu : « Ô mon Dieu ! Tu ne peux ignorer ce qu’a enduré Um Rûmân pour Toi et pour Ton Envoyé. »
Que Dieu soit satisfait de Um Rûmân.
Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.
Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
