Saïda Khadidjah bint Khuwaylid (qu’Allâh l’agrée), épouse du bien-aimé Messager (sas)

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Saïda Khadidjah bint Khuwaylid (qu’Allah l’agrée)

Epouse du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

« À cause du pacte des Quraysh, – De leur pacte [concernant] les voyages d´hiver et d´été. – Qu´ils adorent donc le Seigneur de cette Maison (la Kaaba). – qui les a nourris contre la faim et rassurés de la crainte ! » (Sourate Quraysh 106, verset 1 à 4) 

Ces versets nous renseignent sur le commerce que les Mecquois entretenaient en hiver et en été, tantôt vers la Syrie et tantôt vers le Yémen. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avait entrepris ces voyages avec son oncle Abu Talib alors qu’il était encore un tout jeune enfant.

Mariage du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

Khadija (qu’Allah l’agrée) était une riche commerçante de la Mecque. Celle-ci avait entendu parler du sérieux de Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et de son honnêteté. Elle connaissait la valeur des hommes d’abord parce qu’en tant que commerçante avisée, elle traitait des affaires avec eux et, qu’ensuite, elle avait été mariée deux fois. Ses époux morts, elle demeura veuve. 

Un jour, Abou Talib dit à son neveu : « Je suis un homme sans fortune, les temps sont devenus durs pour nous, nous avons été tourmentés par ces années de misère, et nous n’avons ni possessions matérielles ni marchandises. Cette femme, Khadîdjah, envoie des hommes de ton peuple pour faire des affaires avec sa fortune et ils en gagnent un bénéfice. Alors si elle vient vers toi, montre-lui ton honnêteté. » 

Elle avait donc fait appel à Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour conduire ses caravanes au nord et au sud de la Péninsule arabique. Ainsi, le temps s’écoulait à la Mecque jusqu’au jour où As-Sayida Khadija (qu’Allah l’agrée) s’était confiée à une amie Nafisa Bint Muniyyah. Elle lui avait manifesté son désir d’épouser Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Ce fut ainsi que cette amie avait fait les démarches nécessaires et avait obtenu son consentement. 

Le mariage avait été célébré en présence des familles et des amis. Khadija (qu’Allah l’agrée) était âgée de 40 ans quand elle l’épousa, et il en avait 25. 

Elle lui donna 2 garçons, Al-Qasim, ‘Abdullah (morts en bas âge), et 4 filles : Zaynab, Ruqiya, Oum Koulthoum, et Fatima (qu’Allah les agrée). 

La Révélation  

La péninsule Arabique était plongée dans l’idolâtrie et la Mecque était le lieu où convergeaient toutes les tribus. Celles-ci venaient chaque année en pèlerinage et se rassemblaient autour de la Ka’ba. Cette Maison antique était devenue un centre païen depuis de longs siècles. 

Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) fuyait cette adoration et aimait se réfugier annuellement dans la grotte de Hira. Là, il réfléchissait au mystère de l’univers, en observant son étendue à travers l’immensité du désert et la lumière du ciel étoilé. Il sentait qu’il y avait, derrière et au-dessus de ces espaces, une force invisible qui les organisait et les gérait. Il demeura ainsi jusqu’à l’âge de quarante ans. 

Entre-temps, Khadija (qu’Allah l’agrée) encourageait l’isolement périodique de son époux et lui apportait tout son soutien. Ce fut lors de la nuit du destin que Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), âgé de 40 ans, avait reçu la Révélation. Dieu l’avait choisi pour être le dernier Messager. 

Quand le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) connut la frayeur et douta de ses facultés mentales, à cause de l’apparition surnaturelle de l’archange Gabriel, ce fut vers Khadija (qu’Allah l’agrée) qu’il se réfugia et se confia. Aussi était-elle pour lui d’un grand secours et d’un immense réconfort. C’était auprès d’elle qu’il s’armait de patience et reprenait courage, car les jours de repos étaient terminés puisque l’ange Gabriel (sur lui la paix) lui transmit cet ordre du Seigneur de l’univers : Lève-toi et avertis les gens. Appelle-les à n’adorer que Dieu et Lui seul. Mais à qui allait-il faire appel et qui répondrait à son appel ? 

 La Prédication  

Conformément aux instructions reçues de Dieu, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) commença sa prédication en appelant les membres de sa famille, voire même ses proches amis, à embrasser l’Islam. Il va de soi que cette adhésion devrait regrouper les hommes et les femmes sincères et honnêtes. L’appel a été entendu par une poignée de personnes dont l’ambition et l’orgueil n’obscurcissaient pas l’esprit. 

As-sayida Khadija (qu’Allah l’agrée), l’épouse du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a été la première musulmane de l’histoire. Dès le premier instant, elle sut que sa vision dans la grotte de Hira était le prélude de sa mission prophétique. Elle ne se borna pas seulement à croire au Message révélé à Muhammad (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), mais elle lui apporta son soutien moral et matériel. As-sayida Khadija (qu’Allah l’agrée), femme énergique et douée de bon sens, avait la manière d’apaiser les angoisses de son noble mari (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et de lui insuffler du courage quand elle sentait que son énergie faiblissait. Sa perspicacité lui laissait comprendre qu’un homme, aussi pur et aussi parfait que lui, ne pouvait pas être le jouet de manœuvres sataniques. 

Des êtres vertueux de son envergure et de sa trempe ne pouvaient pas être abandonnés par Dieu. Ils ne pouvaient s’attendre à aucune défection de la part de leur Créateur et de toutes les personnes qui éprouvaient pour eux de forts sentiments d’amitié. Or Khadija (qu’Allah l’agrée) insistait auprès de son noble époux (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour lui expliquer qu’il appartenait à cette catégorie d’homme que le Tout-Puissant n’abandonne pas à leur sort, et que les amis bienveillants et chaleureux ne le délaisseront pas dans les moments si critiques soient-ils. 

« Certes, jamais Dieu, lui dit-elle, ne t’infligera d’affronts, car tu es uni avec tes proches, tu soutiens les faibles, tu donnes à ceux qui n’ont rien, tu héberges les hôtes et tu secours les hôtes des vicissitudes du droit ». 

Selon al-Bayhaqi, As-Sayyida Khadija (qu’Allah l’agrée), afin de tester la sainteté de l’apparition, dit à l’Envoyé de Dieu : 

« Ô fils de mon oncle ! Peux-tu m’informer du moment ou ton compagnon t’apparaîtra ? »

Ainsi, alors que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se trouvait chez Khadija (qu’Allah l’agrée), l’archange Gabriel (sur lui la paix) se manifesta à lui. Il en avertit son épouse, car il le voyait distinctement. Ce qui n’était pas le cas de son épouse. Celle-ci lui demanda de s’asseoir à sa droite et lui demanda s’il continuait à le voir. En effet, l’apparition se maintenait. Puis, elle lui demanda une autre fois de poser sa tête sur ses genoux. La vision ne quittait toujours pas l’intérieur de la maison. 

Ensuite, elle ôta le foulard qui couvrait sa tête, laissant ses cheveux à l’air libre, ce qui était un geste d’intimité qui détournerait le regard de toute personne pudique. Devant une telle scène, l’archange (sur lui la paix) s’éclipsa aussitôt. Ce fut alors qu’elle dit : 

« Ce n’est pas un démon. C’est bien un ange qui se montre à toi, ô fils de mon oncle ! » 

Il n’y avait plus aucun doute dans l’esprit de as-sayyida Khadija (qu’Allah l’agrée). Son noble époux était bien l’Envoyé d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et l’ange Gabriel (sur lui la paix) le transmetteur du Message divin. 

Certes, as-sayyida Khadîja (qu’Allah l’agrée) avait une totale confiance en son noble mari. Cependant, ce n’est pas seulement cette confiance qu’elle lui portait qui l’amena à embrasser la religion de Dieu. La cause profonde de cette adhésion était sa conviction que la religion communiquée au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était celle de la droiture et de la rectitude, celle qui suivrait en droite ligne la guidance spirituelle et morale d’Abraham (sur lui la paix). 

Cette évidence la conduisit à faire confirmer ce qu’elle avait entendu de la bouche de son noble époux (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) auprès de Waraqa Ibn Nawfal. Cet homme âgé et d’une grande piété était versé dans les questions religieuses. Il était aussi attentif à la venue d’un nouveau prophète. Après lui avoir exposé tous les détails des événements vécus par son conjoint, le vieillard, d’un ton posé et bien assuré de ses paroles, répondit : 

« Ô Khadîja ! Si tout ce que tu viens de me dire est absolument véridique, sache que c’est que le grand Nâmous (l’archange Gabriel) qui est venu… (Muhammad) est certainement le prophète de ce peuple. Dis-leur de s’en tenir fermement ». 

Aussitôt, as-sayyida Khadija (qu’Allah l’agrée) retourna chez elle, confiante et assurée de ce qu’elle venait d’entendre. Elle en informa le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

Son soutien  

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ne pouvait pas rester insensible devant la foi aussi profonde que forte de son épouse. La vigueur du caractère de cette dernière exerçait chaque fois une attraction positive sur le moral de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il en était ainsi chaque fois que son message sur l’Unicité d’Allah rencontrait des obstacles devant l’idolâtrie de son peuple. Elle était toujours là quand les Quraysh manifestaient leur répugnance et leur agressivité aux versets du Coran et quand, injustement, ils le traitaient, lui, de menteur. Elle dynamisait son ardeur et dissipait sa tristesse quand il revenait à la maison, l’air abattu par tant d’obstination et de résistance farouche. 

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) se réjouissait, chaque fois, de voir que sous son toit, il y avait constamment quelqu’un pour supporter sa mission, le soutenir dans ses activités si ardues et stimuler sa volonté.

La mort de Khadija (qu’Allah l’agrée)

La vie entre les deux conjoints oscillait entre le haut et le bas, mais plus souvent vers le bas, surtout le jour où les notables de Quraysh avaient décidé de camper le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et sa famille en un endroit et d’organiser un blocus qui dura six mois. 

Quelque temps après, son oncle paternel Abu Talib Ibn ‘Abd al-Muttalib meurt. Celui-ci était son grand protecteur et son rempart contre l’autoritarisme des Quraysh. A sa suite, ce sera as-sayyida Khadîja (qu’Allah l’agrée), son épouse bien-aimée, qui quittera définitivement le monde terrestre, laissant son noble époux (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) provisoirement seul et sans compagne.

Elle mourut trois années avant l’Hégire.  

Cette fois, on peut dire que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était totalement orphelin. Ibn Ishâq a dit : « qu’elle était pour lui une sorte de vizir de sincérité de l’Islam ». Ce fut ce que les historiens appelèrent « L’année du deuil ». 

Son souvenir reste  

Le souvenir de as-sayyida Khadîja (qu’Allah l’agrée) était si intense qu’un jour, à Médine, Hâlah, la sœur de la défunte arriva à Médine. Quand le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) crut entendre sa première femme dans la cour de la maison, tant la voix de l’une ressemblait à l’autre. Son cœur se mit alors à palpiter très fort. 

Le corps de as-sayyida Khadîja (qu’Allah l’agrée) avait disparu, mais son souvenir demeura gravé dans le cœur du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il eut pourtant d’autres épouses, mais il n’oublia jamais la première d’entre elles. L’amour qu’il portait à Khadîja (qu’Allah l’agrée) rendait d’ailleurs ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) jalouse de tant de prévenance. Elle lui dit un jour : « On dirait qu’il n’existe pas de femmes dans le monde en dehors de Khadîja ». 

En une autre occasion, à la suite de certains reproches que ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) ne manquait pas de lui faire chaque fois qu’il parlait de sa première épouse en termes élogieux, il lui dit : 

« Par Allah, elle a cru en moi quand les gens se montraient impies. Elle a tenu pour vrai ce que je disais au moment où les gens me traitaient de menteur. Elle m’a secouru avec ses biens quand les gens m’en privaient ». 

Depuis, ‘Aïcha (qu’Allah l’agrée) ne parla plus d’elle pour ne pas remuer la plaie de son époux. 

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani