Saïda Zaynab bint Jahsh (qu’Allâh l’agrée) épouse du bien-aimé Prophète (sas).

Au Nom d’Allâh, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Ô Allâh, prie sur notre maître Muḥammad, celui qui a ouvert ce qui était fermé, qui a scellé ce qui avait précédé, le défenseur de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa famille, selon sa valeur et son rang immense.

Saïda Zaynab bint Jahsh (qu’Allah l’agrée) épouse du bien-aimé Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).  

Environ un an après le mariage avec Umm Salmah, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) épousa Zaynab Bint Jahsh (qu’Allah l’agrée) qui avait eu pour mère Ummiyya, fille de ‘Ab al-Muttalib, et tante de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle s’appelait auparavant Barrah. Ce fut le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) qui lui donna le nom de Zaynab (qu’Allah l’agrée).

Zaynab (qu’Allah l’agrée) ne pouvait que susciter la jalousie des autres épouses car, non seulement elle était belle, mais aussi son mariage a été ordonné par Dieu et mentionné dans le Coran. Pour bien comprendre les circonstances particulières de cette union, nous devons revenir en arrière.

Qui était Zayd (qu’Allah l’agrée) ?  

Zayd Ibn al-Harith (qu’Allah l’agrée) avait été adopté par le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) avant la révélation. Par la suite, il sera le premier, après Ali (qu’Allah l’agrée), à embrasser l’Islam.

Zayd (qu’Allah l’agrée) appartenait à une grande lignée avant d’avoir été capturé et asservi par ses propriétaires. Son père ne désespéra pas de la retrouver. En effet, après de longues recherches, il apprit que son fils avait été adopté par l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Il partit avec son frère Ka’b pour demander le retour de son fils. Quand il se présenta devant le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), il lui manifesta son désir de reprendre son fils. Celui-ci lui déclara :

-« Nous allons l’appeler et lui demander de faire son choix. S’il veut repartir avec vous, je ne m’opposerai pas à sa volonté. Si, au contraire, il préfère rester avec moi, je ne le contraindrai pas à vous suivre ».

Le père fut étonné que son fils choisisse de demeurer auprès du Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) plutôt que de rejoindre sa famille. Il lui dit :

« Ô Zayd ! Préfères-tu l’asservissement à ton père, ta mère, ton pays et ton peuple ?

– J’ai vu en cet homme quelque chose d’extraordinaire. C’est pourquoi je ne me séparerai jamais de lui ».

Ce fut alors que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) prit Zayd (qu’Allah l’agrée) par la main, se présenta à une assemblée de Quraysh pour les informer qu’il l’avait adopté. Ce fut ainsi qu’il fut connu sous ce nom : « Zayd Ibn Muhammad ». Étant devenu son fils, Zayd (qu’Allah l’agrée) avait dès lors le droit de compter au nombre de ses héritiers.

Le Mariage de Zayd et de Zaynab (qu’Allah les agrée)

Quand, à Médine, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) suscita la fraternité entre les Muhajirin et les Ansar, il donna à Zayd (qu’Allah l’agrée) comme frère, son oncle paternel Hamza. Et quand, le jeune homme avait atteint l’âge du mariage, il lui choisit, pour femme, Zaynab Bint Jahsh (qu’Allah l’agrée), la fille de sa tante paternelle. Celle-ci refusa de le prendre comme époux. Elle fut soutenue, dans son refus, par son frère Abd Allah Ibn Jahsh. Ils ne pouvaient pas admettre qu’une femme noble puisse épouser un ancien esclave d’origine yéménite, devenu un protégé parmi tant d’autres.

Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) argumenta en faveur de Zayd (qu’Allah l’agrée) : celui-ci était son fils et il appartenait à la Communauté de l’Islam. Il était issu d’une famille honorable tant du côté du père et que de la mère. Mais Zaynab (qu’Allah l’agrée) continua à refuser cette union, bien qu’elle aurait voulu ne pas mécontenter le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle ne donna son agrément qu’à la suite de la révélation de ce verset :

« Il n’appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu’Allah et Son messager ont décidé d’une chose d’avoir encore le choix dans leur façon d’agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s’est égaré certes, d’un égarement évident. » (Sourate 33 Les coalisés, verset 36)

Ce fut ainsi que Zaynab épousa Zayd (qu’Allah les agrée) par obéissance à Dieu et à son Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui).

Mésentente dans le foyer conjugal et mariage avec le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

Certes, Zaynab (qu’Allah l’agrée) accepta ce mariage sur un ordre venu du Ciel, mais elle ne supportait pas encore d’être la femme d’un affranchi. Zayd (qu’Allah l’agrée) subit cette vie pénible pendant un certain temps et alla ensuite se plaindre au Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Celui-ci ne pouvait que lui conseiller d’être patient et de lui ordonner « Garde ton épouse et crains Dieu ! »

Il en fut ainsi jusqu’au jour où le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) alla voir Zayd (qu’Allah l’agrée) chez lui. Celui-ci était absent. Zaynab (qu’Allah l’agrée), qui était protégée par un rideau, lui demanda d’entrer, mais il refusa. Entre-temps, un vent souleva la tenture et il vit cette femme en tenue quelque peu légère. Le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ressentit une étrange sensation. Il repartit en marmonnant : « Gloire à Dieu ! Gloire à Dieu qui dérive les cœurs ! »

Zaynab (qu’Allah l’agrée) entendit ce qu’a dit le noble fils de son oncle (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui). Elle se mit à réfléchir pour tenter de comprendre les paroles entendues jusqu’au moment où Zayd (qu’Allah l’agrée) arriva. Elle lui apprit que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) était venu le voir, mais sachant qu’il était absent, il refusa d’entrer. Elle lui fit également part de ce qu’elle avait entendu. Zayd (qu’Allah l’agrée) attendit un moment, puis alla voir le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) pour lui apprendre qu’il avait l’intention de se séparer de son épouse. Il lui certifia qu’il ne pensait d’elle que du bien, mais il ne pouvait plus supporter son sentiment de supériorité.

En effet, Zaynab (qu’Allah l’agrée) se montrait orgueilleuse à son égard et le lui montrait en lui tenant un langage où se mêlait la vanité et la méchanceté. Il ne reçut que cette réponse « Garde pour toi ton épouse ! »  Dieu sonde les cœurs. Il savait parfaitement ce que Son Messager (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) ressentait au fond de son cœur, d’où la révélation de ce verset :

« Quand tu disais à celui qu´Allah avait comblé de bienfaits, tout comme toi-même l´avais comblé : « Garde pour toi ton épouse et crains Allah », et tu cachais en ton âme ce qu´Allah allait rendre public. Tu craignais les gens, et c´est Allah qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eût cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu´il n´y ait aucun empêchement pour les croyants d´épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d´Allah doit être exécuté ». (Sourate 33 Les coalisés, verset 37)

Il est vrai qu’il n’était pas possible à Zayd (qu’Allah l’agrée) de supporter plus longtemps l’atmosphère de ses liens conjugaux d’autant plus que son épouse ne voulait pas de lui. Il ne lui restait plus qu’à se séparer de sa femme et à décider le divorce. Ce fut à la fin de la période de viduité que le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) épousa Zaynab (qu’Allah l’agrée). Les hypocrites exploitèrent cette union pour dénigrer ce dernier : « Muhammed a interdit le mariage avec les femmes du fils et le voilà, lui, qui se marie avec la femme de son fils ».

En cette circonstance, Dieu révéla « Muhammad n´a jamais été le père de l´un de vos hommes, mais le messager d´Allah et le dernier des prophètes. Allah est Omniscient. » (Sourate 33 Les coalisés, verset 40)

Ensuite dans deux versets, Dieu expose le problème avec plus de clarté et énonce une loi juridique applicable à travers le temps et l’espace. Il mit ainsi fin à ce nom « Zayd Ibn Muhammad », et il fut désormais appelé par son vrai nom « Zayd Ibn Haritha » (qu’Allah l’agrée).

« Allah n´a pas placé à l´homme deux cœurs dans sa poitrine. Il n´a point assimilé à vos mères vos épouses [à qui vous dites en les répudiant] : « Tu es [aussi illicite] pour moi que le dos de ma mère ». Il n´a point fait de vos enfants adoptifs vos propres enfants. Ce sont des propos [qui sortent] de votre bouche. Mais Allah dit la vérité et c´est Lui qui met [l´homme] dans la bonne direction. 

Appelez-les du nom de leurs pères : c´est plus équitable devant Allah. Mais si vous ne connaissez pas leurs pères, alors considérez-les comme vos frères en religion ou vos alliés. Nul blâme sur vous pour ce que vous faites par erreur, mais (vous serez blâmés pour) ce que vos cœurs font délibérément. Allah, cependant, est Pardonneur et Miséricordieux ». (Sourate 33 Les coalisés, verset 4).

Les noces et l’inopportunité de s’attarder chez le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui)

Les noces furent l’occasion d’égorger un mouton et d’inviter les musulmans à participer aux festivités. Les gens venaient en groupe l’un derrière l’autre. Quand le premier terminait son repas, il ressortait, puis c’était le tour de l’autre d’entrer et ainsi de suite. Tous les invités partirent à l’exception de quelques-uns qui s’attardèrent à discuter avec le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), tandis que Zaynab (qu’Allah l’agrée) demeurait assise, le dos contre le mur. Celle-ci raconta qu’elle ne savait pas si c’était elle qui l’informa du départ des derniers invités ou si c’était la révélation, à la suite de laquelle il souleva le voile qui le séparait d’elle.

Le verset en question indiquait clairement aux gens de ne pas rentrer chez le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à l’improviste et de ne pas s’attarder chez lui au point de l’importuner dans sa vie privée. Ce fut aussi à cette occasion que le Hijab fut imposé aux femmes de l’Envoyé de Dieu (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) et également l’interdiction de prendre pour épouses ses femmes, celles-ci étant considérées comme les « Mères des croyants » :

« Ô vous qui croyez ! N´entrez pas dans les demeures du Prophète, à moins qu´invitation ne vous soit faite à un repas, sans être là à attendre sa cuisson. Mais lorsqu´on vous appelle, alors, entrez. Puis, quand vous aurez mangé, dispersez-vous, sans chercher à vous rendre familiers pour causer. Cela faisait de la peine au Prophète, mais il se gênait de vous (congédier), alors qu´Allah ne se gêne pas de la vérité. Et si vous leur demandez (à ses femmes) quelque objet, demandez-le-leur derrière un rideau : c´est plus pur pour vos cœurs et leurs cœurs ; vous ne devez pas faire de la peine au Messager d´Allah, ni jamais vous marier avec ses épouses après lui ; ce serait, auprès d´Allah, un énorme péché ». (Sourate 33 Les coalisés, verset 53)

La vie familiale  

Ce mariage avec Zaynab accentua la jalousie de Aïcha (qu’Allah les agrée). Elle ne pouvait rester insensible en voyant cette belle femme entrer dans la Maison du Prophète. Cette jalousie était partagée par toutes les autres épouses, d’abord parce que Zaynab (qu’Allah l’agrée) était la parente de leur noble mari et aussi parce que c’était Dieu qui la maria. D’ailleurs, elle-même ne manquait pas de dire :

« Votre mari est mon parent et Dieu me maria à partir de sept cieux ».

Ainsi que nous l’avons narré précédemment, Aïcha complota avec Sawda et Hafsa (qu’Allah les agrée) pour faire croire à leur noble époux (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) que sa bouche dégageait une mauvaise odeur à la suite de sa consommation du miel que Zaynab (qu’Allah l’agrée) lui avait servi. Ce complot entraîna leur noble mari (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) à s’interdire, à l’avenir, de manger de cette sucrerie. En dépit de cette animosité, Zaynab prit la défense de Aïcha (qu’Allah les agrée) lors de l’affaire du collier. De par sa nature, c’était une femme bonne, honnête, fidèle en amitié, n’aimant pas le mensonge. De plus, ainsi que le dit Aïcha (qu’Allah l’agrée) : « Je n’ai pas vu une femme de bien et avec de meilleures pratiques religieuses que Zaynab ».

De son côté, le Prophète (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui) a dit : « Zaynab éprouve une grande crainte révérencielle envers Dieu ».

En outre, elle était généreuse. Elle fabriquait de ses mains des objets qu’elle revendait pour, ensuite, distribuer en aumônes le produit de ses revenus. A la mort de son noble époux (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui), la rivalité entre les épouses n’avait plus sa raison d’être. Aussi, s’adonna-t-elle à l’adoration du Tout-Puissant. Ainsi, elle se montrait compatissante envers les croyants et, vis-à-vis de son Seigneur, d’une grande dévotion : prières et jeûnes, selon le témoignage d’Umm Salma (qu’Allah l’agrée). Quant à Aïcha (qu’Allah l’agrée), en apprenant la mort de Zaynab (qu’Allah l’agrée), elle dit:

« Une femme louable et dévote nous a quittés. Elle était prompte à aider les veuves et les orphelins ».

Lorsque ‘Umar Ibn Khattab (qu’Allah l’agrée) devint l’Émir des croyants, il envoya à Zaynab (qu’Allah l’agrée) un don de douze mille dirhams afin qu’elle puisse subvenir à sa subsistance. Elle distribua cette somme d’argent entre les nécessiteux. Quand le calife apprit son geste généreux, il se rendit chez elle et lui remit encore mille dirhams. Zaynab (qu’Allah l’agrée) répartit encore cet argent entre les pauvres, ne gardant pour elle aucun dirham.

Quand en l’an XX, la mort se présenta à elle, elle dit : « J’ai déjà préparé mon linceul. Si Umar, l’Émir des Croyants, m’envoie un autre, donnez en aumône l’un des deux. Si vous pouvez donner en aumône mon linceul, ce serait mieux pour moi. »

L’Émir des Croyants fit la prière des morts devant la tombe de Zaynab (qu’Allah l’agrée). Une foule de médinois l’accompagna jusqu’au cimetière de Baqi’. Que Allah soit satisfait d’elle. Amine.

Ô Allah ! Prie sur notre seigneur Mohammed, Celui qui a ouvert ce qui était clos, et clos ce qui a précédé, le soutien de la Vérité par la Vérité, le guide vers Ton droit chemin, ainsi que sur sa noble famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité.

Le pauvre serviteur en Allâh et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani (qu’Allâh sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani