Tout appartient au Roi – L’amour du Roi éternel
Ce texte est une condensation des enseignements d’éducation spirituelle de notre bien-aimé maître,
Seyyidinâ Cheikh Ahmed Tidjânî (qu’Allâh préserve et sanctifie son précieux secret).
Il résume, sous la forme d’une histoire symbolique, la science du détachement, de la remise confiante à Allâh et de la pure servitude envers le Roi éternel.
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« Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent… mais les cœurs »
(Coran 22:46)
Pauvre de nous
Il était une fois un roi juste, équitable, fidèle, miséricordieux et majestueux, dont le royaume s’étendait au-delà des montagnes et des rivières. Il possédait un vaste troupeau de moutons, plus nombreux que les étoiles du ciel. Chaque mouton était un trésor vivant, confié à ses serviteurs pour éprouver leur fidélité.
Un jour, le roi appela un berger et lui dit :
— « Voici quelques moutons de mon troupeau. Je t’en fais le gardien. Conduis-les vers les prairies verdoyantes, protège-les des loups, abreuve-les aux sources pures. Mais souviens-toi : ils sont miens, et non tiens. Le jour où je viendrai en reprendre un, accueille ma volonté avec joie, car je suis le véritable possesseur. »
Le berger accepta avec bonheur. Chaque matin, il menait ses moutons à travers les champs fleuris, chaque soir, il les ramenait sous la clarté des étoiles. Mais peu à peu, il oublia la parole du roi. Son cœur s’attacha aux moutons comme s’ils étaient siens, et il se mit à croire qu’il en était le maître.
Un soir, le roi descendit de son palais, vêtu d’un manteau de lumière, et dit d’une voix douce mais ferme :
— « Aujourd’hui, je viens reprendre ce mouton. »
Le berger, aveuglé par son attachement, répondit avec colère :
— « Non ! Il est à moi. C’est moi qui l’ai nourri, moi qui l’ai protégé. Pourquoi me l’arracher ? »
Alors le roi posa sa main sur l’épaule du berger et lui dit :
— « Pauvre enfant… Ce ne sont pas tes yeux qui sont aveugles, mais ton cœur. As-tu oublié que tout m’appartient ? Les prairies, les ruisseaux, les étoiles, et même ton souffle, sont à moi. Celui qui aime les choses sera malheureux lorsqu’il les perdra. Mais celui qui aime le Roi sera toujours heureux, car le Roi est le Vivant qui ne meurt pas. »
Alors le cœur du berger s’illumina. Ses larmes tombèrent comme une pluie purificatrice. Il comprit que son bonheur n’était pas dans les choses éphémères, mais dans l’amour du Roi éternel.
Depuis ce jour, il garda les moutons avec tendresse, mais son cœur resta attaché non pas aux moutons, mais au Roi.
Et dans cette fidélité, il trouva une joie et une paix intérieure qui jamais ne s’éteignirent.
Il comprit alors que celui dont le cœur est attaché aux créatures connaîtra la tristesse à chaque séparation, mais que celui dont le cœur est attaché au Roi éternel, au Vivant qui ne meurt pas, ne sera jamais brisé par la perte, car son amour est établi dans Celui qui demeure à jamais.
Et il ne versera jamais une larme de souffrance ou de colère contre le destin pour la perte de qui que ce soit, mais des larmes de miséricorde et de satisfaction, car tout périt dans ce monde, et seul persistera le Visage de ton Seigneur, plein de majesté et de gloire.
(cf. Coran 55:26-27)
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Le pauvre serviteur en Allah et disciple de Cheikh Ahmed Tidjani
(qu’ALLAH sanctifie son précieux secret),
Mohammed El Mansour El Mohieddine Tidjani
